Arte Magazine n°2022-04 22 jan 2022
Arte Magazine n°2022-04 22 jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2022-04 de 22 jan 2022

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : la corde, minisérie de Dominique Rocher.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LES TEMPS FORTS LES FILMS DE L’INSTANT - G.CHEKAIBAN SÉRIE Winter of Mysteries La corde En Norvège, les scientifiques d’un observatoire astronomique découvrent une mystérieuse corde qui s’enfonce dans la forêt. D’où vient-elle ? Où mène-t-elle ? Oscillant entre fantastique et fable existentielle, cette minisérie interroge nos peurs et notre soif insatiable de progrès. Helligskogen, au nord de la Norvège, dans un observatoire astronomique perdu en pleine nature. Bernhardt Mueller et sa femme Agnès, scientifiques de renom, espèrent obtenir prochainement l’autorisation de mettre en œuvre le protocole d’observation sur lequel ils travaillent depuis quinze ans. Mais alors qu’ils viennent d’obtenir le feu vert, les réjouissances sont troublées par une étrange découverte  : une corde est apparue à l’orée de la forêt, s’enfonçant sans limite à travers les arbres. Curieux d’élucider ce mystère, Bernhardt décide de la suivre, accompagné par plusieurs de ses collègues... AUX PRISES AVEC L’INEXPLICABLE Avec La corde, minisérie librement adaptée d’un roman de l’Allemand Stefan aus dem Siepen, 4 ARTE MAG N°4 LE PROGRAMME DU 22 au 28 janvier 2022 publié en 2014, le réalisateur Dominique Rocher poursuit l’exploration d’un registre qui était celui de son premier long métrage  : une alliance entre le fantastique et la fable existentielle. Si le personnage principal de ce précédent film, La nuit a dévoré le monde (2018), se terrait dans un appartement parisien assailli par des zombies, ici c’est un groupe de scientifiques, eux aussi coupés du monde, qui se trouve aux prises avec l’inexplicable. Cette fois, la violence ne vient pas de l’extérieur mais des protagonistes eux-mêmes  : au contact de la corde, ils vont révéler leurs tourments intérieurs. Baignées dans une ambiance sonore envoûtante, la station d’observation et l’immense forêt qui l’entoure offrent un écrin ouaté aux drames humains qui s’y déroulent. Outre la densité de son atmosphère et le regard singulier qu’elle porte sur notre insatiable soif de savoir et de progrès, La corde se distingue aussi par sa distribution qui réunit une brochette de comédiens talentueux de différentes nationalités  : Suzanne Clément, Jeanne Balibar, Christa Théret, Richard Sammel, Jakob Cedergren ou Jean-Marc Barr. Minisérie de Dominique Rocher (France, 2021, 3x50mn) Scénario  : Dominique Rocher, Éric Forestier, d’après le roman de Stefan aus dem Siepen - Avec  : Suzanne Clément, Jean-Marc Barr, Christa Théret, Tom Mercier, Richard Sammel, Jakob Cedergren, Planitia Kenese, Jeanne Balibar - Coproduction  : ARTE France, Les Films de l’Instant, Versus Production # jeudi 27/01 à 20.55 @ du 28/12/2021 au 25/02/2022
Fable de l’étrange Après La nuit a dévoré le monde, son premier long métrage sorti en 2018, un film de zombies «intimiste» au milieu d’un Paris désert, Dominique Rocher creuse cette veine originale dans la série La corde, à l’atmosphère envoûtante. Entretien. Quel a été le point de départ de cette série ? Dominique Rocher  : La lecture de La corde, le roman d’un auteur allemand, Stefan aus dem Siepen, paru en 2012. J’ai été attiré par cette histoire simple  : des paysans dans l’Allemagne du XIX e siècle qui découvrent une corde sans fin dans la forêt et qui décident de la suivre. Cette fable m’a semblé incarner parfaitement l’incapacité de l’humanité à se remettre en cause, sa propension à la fuite en avant alors que tout indique de faire demi-tour. Dans quelle mesure la série s’éloigne-t-elle du roman ? Le projet a pris sa forme actuelle en trois épisodes lorsque j’ai commencé à travailler avec le scénariste Éric Forestier. Le premier axe de l’adaptation a consisté à donner un tour plus actuel à l’histoire. Dans la société rurale décrite par le roman, les femmes restaient au village pendant que les hommes partaient explorer la forêt. Dans l’adaptation, il fallait qu’elles puissent prendre part à l’action. Par ailleurs, les protagonistes du livre sont des gens peu éduqués, ce qui rend la corde encore plus mystérieuse à leurs yeux. Nous trouvions intéressant au contraire de transposer cette situation face à des personnages habitués à raisonner, des scientifiques. Un déclic s’est produit lorsque je suis tombé sur une photo de l’observatoire Green Bank en Virginie, entouré d’un halo de lumière orange, au milieu d’une forêt. J’y ai vu le décor de l’histoire. Cette image nous a guidés durant toute l’écriture, et je l’ai mise en scène dans un plan récurrent de la série. La corde explore deux décors à l’atmosphère saisissante  : la station d’observation et la forêt... Cette histoire obéit à une temporalité particulière  : le long de la corde, elle se déroule sur quelques jours, mais «pendant ce temps», à l’observatoire, il se passe plusieurs mois. Ces deux mondes ont chacun leur rythme propre, tout en se répondant sur le plan thématique et émotionnel. La recherche du signal par les scientifiques rejoint la quête de la finalité Dominique Rocher de la corde par le groupe des marcheurs. D’un côté comme de l’autre, cela permettait d’aborder la dimension métaphysique de l’histoire de manière concrète  : les personnages sont confrontés à des problèmes ordinaires, quotidiens, qui entrent en résonance avec cette corde. Comme dans votre premier film, vous mêlez l’intime au fantastique... Cette dimension émotionnelle est importante pour moi. Je tiens à donner aux personnages le temps d’exprimer leurs sentiments, à créer autour d’eux une atmosphère intime. Le rythme et le travail sonore vont dans ce sens. Idem pour la musique que j’ai confiée au compositeur Grégoire Hetzel, parce que je savais qu’il apporterait une touche lyrique à cette histoire. La corde est un conte que je ne voulais pas traiter de façon minimaliste. Il m’importait aussi que la violence s’installe progressivement, qu’elle apparaisse d’abord par petites touches avant de tourner au gore. Pourquoi ce choix d’un casting international ? Avec Éric Forestier, nous souhaitions donner à cette histoire un ancrage européen, en montrant des gens de diverses nationalités qui vivent et travaillent ensemble. Par ailleurs, les comédiens ne jouent pas de la même manière en France, au Danemark, en Angleterre ou au Québec, et, en tant que réalisateur, cela m’intéresse. Chacun est arrivé avec son style, son background. Le défi consistait à offrir une arène à ces voix différentes pour tenter de les accorder. C’était amusant de jouer avec l’image de Jeanne Balibar ou de plonger Jean-Marc Barr dans une scène aquatique... Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène LE PROGRAMME DU 22 au 28 janvier 2022 ARTE MAG N°4 5



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