Arte Magazine n°2022-02 8 jan 2022
Arte Magazine n°2022-02 8 jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2022-02 de 8 jan 2022

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : le verbe et le poing, sur le destin de Mohamed Ali.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LES TEMPS FORTS COURTESY OF MICHAEL GAFFNEY SÉRIE DOCUMENTAIRE MohamedAli Avec de fabuleuses archives, dont certaines inédites, Ken Burns (Vietnam, The War) déroule le destin du plus célèbre boxeur de tous les temps, né Cassius Clay en 1942, héraut afro-américain musulman devenu un symbole mondial de liberté et de courage. Round 1  : le plus grand (1942-1964) Né en 1942 à Louisville, Kentucky, dans une famille chrétienne de la petite classe moyenne noire, Cassius Marcellus Clay Junior découvre la boxe par hasard, à 12 ans, et sa fascination est immédiate. En 1955, le lynchage dans le Sud d’un garçon de son âge, Emmett Till, attise sa révolte contre la ségrégation. Il croit aussi dur comme fer à son destin sur le ring (« Je serai le plus grand »). S’il a un don pour attirer les micros et les caméras, le jeune Cassius s’avère aussi un sportif acharné et déterminé, qui gravit les échelons des compétitions amateur et remporte, à 18 ans, la médaille d’or aux JO de 1960 dans la catégorie mi-lourds. Désormais professionnel, il part s’entraîner à Miami avec Angelo Dundee, qui restera son entraîneur pendant deux décennies. C’est là qu’il affine ses talents de boxeur et de « danseur » sur le ring, et démontre son génie pour l’autopromotion. Parallèlement, il découvre le mouvement Nation of Islam et devient l’ami de MalcolmX, l’une de ses figures 8 ARTE MAG N°2 LE PROGRAMME DU 8 au 14 janvier 2022 montantes. En 1964, à tout juste 22 ans, il crée la surprise en remportant le titre de champion du monde des poids lourds contre Sonny Liston, pourtant donné grand favori. Round 2  : comment je m’appelle ? (1964-1970) Elijah Muhammad, le leader de Nation of Islam, veut faire fructifier la popularité du jeune champion si apte à capter la lumière. Pour l’éloigner de MalcolmX, qu’il vient de congédier pour dissidence, il « offre » à Cassius Clay le nom de MohamedAli en l’accueillant au sein du mouvement. Durant les trois années qui suivent, Ali, qui révulse une partie de l’Amérique blanche en proclamant son appartenance au mouvement musulman séparatiste, reste inégalé sur le ring, dominant de ses fulgurances le monde de la boxe poids lourds. Il n’hésite pas à humilier cruellement certains de ses adversaires, tels Floyd Patterson ou Ernie Terrell, qui refusent de l’appeler par son nom musulman et qu’il traite avec mépris d’« Oncles Tom ». Appelé sous les drapeaux pour aller combattre au Viêtnam, il refuse au nom de sa foi et réclame le statut d’objecteur de conscience. Une partie du pays l’acclame, l’autre le vilipende. Privé de son titre et de sa licence de boxe, il est jugé coupable d’insoumission et proscrit des circuits professionnels. Trois ans et demi plus tard, en 1970, il remonte sur le ring pour battre Jerry Quarry et se lancer à la reconquête de son titre. Round 3  : la rivalité (1970-1974) Le 8 mars 1971, le Tout-New York se presse au « combat du siècle », au Madison Square Garden, pour voir MohamedAli et Joe Frazier s’affronter. Avant le match, retransmis dans le monde entier, Ali, jouant sur son statut de star, a multiplié les quolibets sur le physique et la supposée bêtise de son adversaire. Trop sûr de lui et mal entraîné, il perd l’avantage après deux rounds, et Frazier, qu’il affrontera encore deux fois, remporte le titre. Défiguré par une mâchoire brisée, Ali apparaît en héros
déchu, mais aussi vulnérable. Il se retire alors dans son ranch, avec sa femme Khalilah – qui s’éloigne de lui en raison de ses infidélités incessantes – et de leurs filles, déterminé à redevenir « le plus grand ». Le 28 juin 1971, la commission d’appel de la Cour suprême annule sa condamnation et lui accorde le statut d’objecteur de conscience. Il est à nouveau libre de boxer comme il veut. Round 4  : une destinée (1974-2016) À l’automne 1974, le monde retient son souffle alors qu’il affronte George Foreman à Kinshasa, au Zaïre. À 32 ans, si son talent est sur le déclin, sa popularité reste immense, en Afrique comme en Amérique. Contre toute attente, il gagne le combat et devient champion du monde pour la deuxième fois. L’année suivante, il bat Joe Frazier lors d’une troisième rencontre à Manille, qui restera dans l’histoire pour son extrême violence. Ali monte encore sur le ring pendant cinq ans, mais même s’il remporte un troisième titre de champion du monde – un record inégalé dans l’histoire de la boxe – face à Leon Spinks, en 1978, il paie le prix fort de ses combats de trop, arrangés par des managers peu scrupuleux, dont Herbert Muhammad, le fils d’Elijah. En 1984, on lui diagnostique la maladie de Parkinson. Il n’en COURTESY OF MICHAEL GAFFNEY continue pas moins à voyager dans le monde pour partager sa foi. Lors des JO de 1996 à Atlanta, il bouleverse le public en portant la flamme olympique, malgré sa faiblesse visible. Il meurt en 2016, et ses obsèques à Louisville sont dignes de celles d’un chef d’État. HÉRAUT ICONIQUE DU BLACK POWER MohamedAli fut-il, comme l’écrivit Norman Mailer, « la plus parfaite incarnation de l’esprit du XX e siècle » ? Sa personne, et le destin qu’il s’est forgé de ses poings et de son verbe, ont en tout cas cristallisé certains des changements culturels majeurs qu’a connus l’Amérique à partir des années 1960. Dans cette fresque magistrale, portée par de formidables archives, dont certaines inédites, comme les images du combat de Manille, Ken Burns, Sarah Burns et David McMahon nous offrent huit heures dans l’intimité solaire de l’athlète et héraut iconique du Black Power, pour le faire revivre dans toute sa complexité. Tissant la parole de dizaines de témoins – dont les filles du champion, Rasheda et Hana, leurs mères respectives, Khalilah Ali et Veronica Porché Ali, ses biographes David Remnick et Jonathan Eig, le promoteur du combat de Kinshasa, le très controversé Don King, ou encore le boxeur Larry Holmes, qui pleure de chagrin au souvenir du combat qu’il remporta contre son héros, affaibli par l’âge et, déjà, la maladie... –, ce portrait multidimensionnel, intensément humain, explore toutes les facettes, parfois contradictoires, du parcours extraordinaire de MohamedAli et de son héritage, sur le ring et en dehors. Un récit rythmé par de fabuleux combats, qui rappellent combien la boxe, davantage peut-être qu’aucun autre sport, relève de l’épopée. Série documentaire de Ken Burns, Sarah Burns et David McMahon (États-Unis, 2021, 4x2h) - Coproduction  : ARTE GEIE, Florentine Films # mardi 11/01 et mercredi 12/01 à 20.50 @ du 20/12/2021 au 11/03/2022 NUR AelM*D A.1.1111 nu 3I se zartiabirrION5 Disponible en DVD à partir du 1er février 2022 LE PROGRAMME DU 8 au 14 janvier 2022 ARTE MAG N°2 9



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