Arte Magazine n°2022-02 8 jan 2022
Arte Magazine n°2022-02 8 jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2022-02 de 8 jan 2022

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : le verbe et le poing, sur le destin de Mohamed Ali.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LES FILMS PELLEAS/HÉLÈNE LOUVART CINÉMA I Maya Ex-otage en Syrie, un reporter de guerre français part à Goa, où il a grandi, pour se reconstruire au lendemain de sa libération. Par Mia Hansen-Løve, une douce errance dans une Inde en mutation, guidée par une étudiante lumineuse. Après quatre mois de captivité en Syrie, Gabriel, jeune reporter de guerre, est libéré avec Frédéric, complice et compagnon d’infortune avec lequel il ne cesse de sillonner la planète. Déclinant à son retour à Paris l’assistance d’un psychiatre, le trentenaire tente de reprendre le cours de sa vie. Mais alors que son ex-petite amie espère renouer le fil de leur histoire, Gabriel décide de s’envoler pour Goa, où il a passé quelques années enfant avec sa mère, qui y vit encore. Une pause refuge au cours de laquelle il va se reconstruire, dans les pas de la lumineuse et absolue Maya, tout juste sortie de l’adolescence. ÉNERGIE SOLAIRE À partir de ce simple motif, Mia Hansen-Løve (Un amour de jeunesse, L’avenir) tisse avec une sensibilité délicate un récit qui s’étire en douceur, entre petits riens du quotidien et sensualité frémissante de la nature indienne. Plutôt que d’explorer les stigmates des traumas du correspondant de guerre, la réalisatrice filme la vie qui s’infiltre sans fracas à travers la discrète mélancolie du héros. Confronté à l’innocence perdue de son enfance, à travers la hardiesse joyeuse de mômes du voisinage, Gabriel (Roman Kolinka, acteur fétiche de la cinéaste, tout 12 ARTE MAG N°2 LE PROGRAMME DU 8 au 14 janvier 2022 en élégance) puise auprès de Maya, la fille d’un parrain perdu de vue depuis quinze ans, une énergie solaire qui le réchauffe et le console. Avec la jeune fille pour guide, yeux grands ouverts et cœur vaillant au seuil de l’âge adulte, il emprunte le rythme suspendu d’un voyage sans hâte ni but, à rebours du reportage. Si le parfum beatnik qui avait autrefois attiré sa mère à Goa ne flotte plus sur ses rivages, Maya (Aarshi Banerjee), désarmante de fraîcheur et de hautes espérances, l’invite dans une Inde en mutation pleine de charme qu’elle incarne, entre culture ancestrale et aptitudes à la modernité. Au fil de leurs déambulations, plus peuplées de silences que de mots, la brièveté de l’amour qui se noue entre eux ne réduira en rien sa beauté ni sa tendre profondeur. Film de Mia Hansen-Løve (France/Allemagne, 2018, 1h42mn) Scénario  : Mia Hansen-Løve - Avec  : Roman Kolinka, Aarshi Banerjee, Alex Descas, Pathy Aiyar, Suzan Anbeh, Judith Chemla, Johanna ter Steege - Coproduction  : ARTE France Cinéma, ZDF, Les Films Pelléas, Razor Film Produktion, Orange Studio, Sofinergie 5 FCM, Dauphin Films, Pio & Co # lundi 10/01 à 23.45 @ du 09/01/2022 au 17/01/2022 Soirée Danielle Darrieux Pot-Bouille L’ascension d’un provincial arriviste et séducteur au sein de la petite bourgeoisie commerçante de Paris. Zola revu par Julien Duvivier sur le ton de la comédie satirique, avec Gérard Philipe, Danielle Darrieux et Dany Carrel. Un immeuble cossu de la rue de Choiseul, à Paris, dans les années 1880. Octave Mouret, Provençal au sourire charmeur et aux dents longues, y est l’hôte des Campardon. Le jeune homme a rejoint la capitale pour travailler comme premier commis au Bonheur des dames, magasin de nouveautés dirigé par une femme de tête, Mme Hédouin. Octave multiplie les conquêtes dans le voisinage sans se laisser prendre au piège du mariage. Car il a d’autres projets pour ce monde qui s’offre à lui... MARIVAUDAGES À TOUS LES ÉTAGES Gérard Philipe en ambitieux don Juan, Danielle Darrieux en maîtresse femme régnant sur ce qui deviendra le premier grand magasin de Paris, Dany Carrel en oie blanche qui se laisse trop vite plumer, Anouk Aimée en mélancolique épouse délaissée par son mari... Si les interprètes s’avèrent remarquables, il ne faut pas oublier de citer, dans le rôle principal, l’honnête maison entre les murs de laquelle tout se joue. Ses lambris dorés et son escalier en faux marbre recouvrent d’un manteau de respectabilité les coucheries, les mensonges, les convoitises. Moins virulent que le roman de Zola, critique acerbe de l’hypocrisie bourgeoise, Pot-Bouille, avec ses savoureux dialogues, penche plutôt du côté de la satire. À défaut de réquisitoire, le cinéaste de Pépé le Moko ou de La belle équipe livre une fine comédie pleine de chassés- croisés et de bons mots. Film de Julien Duvivier (France/Italie, 1957, 1h53mn, noir et blanc) - Scénario  : Julien Duvivier, Henri Jeanson, Léo Joannon, d’après le roman d’Émile Zola - Avec  : Gérard Philipe, Danielle Darrieux, Dany Carrel, Anouk Aimée, Jacques Duby, Jane Marken - Production  : Paris Film Productions, Panitalia - (R. du 22/05/1996) PARIS FILM PRODUCTION # lundi 10/01 à 20.55
1941 GAUMONT Soirée Danielle Darrieux Danielle Darrieux Il est poli d’être gai ! Disparue à 100 ans, en octobre 2017, Danielle Darrieux a imposé son jeu nuancé, sa voix mélodieuse et son goût pour la subversion tranquille à travers les époques. Pierre-Henri Gibert explore sa vie de cinéma dans un passionnant portrait. Enfant remuante dans un milieu bourgeois corseté, Danielle Darrieux débute sa carrière à 14 ans dans Le bal de Wilhelm Thiele (1931) où, déjà, elle pousse la chansonnette. Délivrée de sa timidité par un métier qui contient les rougissements sous une épaisse couche de fond de teint, cette « drôle de môme » impose son tempérament de feu sur les écrans des années 1930. Sous l’influence de son mari et pygmalion, Henri Decoin, l’indomptable rossignol s’oriente ensuite vers des rôles plus sensibles, à l’instar du drame romantique d’Anatole Litvak Mayerling, qui lui ouvre les portes de l’Amérique. De retour en France à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, « DD » triomphe bientôt dans des productions de la Continental, société financée par le III e Reich. Tombée amoureuse du diplomate et play-boy dominicain Porfirio Rubirosa, arrêté par les Allemands pour espionnage, elle participe à une tournée de propagande à Berlin pour obtenir sa libération, puis rompt tout lien avec le cinéma de l’Occupation. Après-guerre, la jeune première qu’elle n’est plus doit se réinventer. De La vérité sur Bébé Donge de Decoin à Marie-Octobre de Julien Duvivier, elle incarne dans les années 1950 une cohorte de femmes fortes à l’amoralisme tranquille. Mais c’est sous la direction de Max Ophüls, notamment dans Madame de..., que la subtilité de son jeu atteint son apogée. Après 40 ans et quelques apparitions inoubliables (Les demoiselles de Rochefort), elle entame une brillante carrière au théâtre et à la télévision, tout en couvant de son aura mythique le renouveau du cinéma français (Anne Fontaine, François Ozon...). GRÂCE IMMORTELLE Entremêlant extraits de films, interviews de la comédienne et éclairages d’admirateurs (les cinéastes Paul Vecchiali ou Philippe Le Guay, les actrices Catherine Deneuve et Ludivine Sagnier...), une traversée passionnante de la carrière de celle qui a enchanté huit décennies de cinéma avec une légèreté dénuée de superficialité. Documentaire de Pierre-Henri Gibert (France, 2018, 52mn) - Auteur  : Pierre-Henri Gibert, en collaboration avec Clara Laurent - Narration  : Louise Bourgoin Coproduction  : ARTE France, Les Films d’Ici, INA (R. du 11/03/2019) # lundi 10/01 à 22.50 @ du 03/01/2022 au 10/03/2022 Domingo Tandis que le pays célèbre l’arrivée au pouvoir du président socialiste Lula, une famille fortunée se retrouve pour le Nouvel An. Entre conflits, névroses et mépris envers les domestiques, une succulente critique de l’upper class brésilienne. Le 1er janvier 2003, alors que le Brésil célèbre l’investiture du président Lula, une famille bourgeoise du sud du pays se réunit dans une vieille bâtisse pour fêter la nouvelle année. Mais rien ne se passe comme prévu. Secrets, névroses et frustrations obscurcissent le séjour, tandis que les trois domestiques du foyer s’affairent, un œil sur le téléviseur qui diffuse les discours du leader socialiste, et questionnent leur condition de serviteurs... GAMAROSA FILMES - DAMNED FILMS - GLOBO FILMES - CANAL BRASIL SATIRE LOUFOQUE Quinze ans après l’élection du premier dirigeant de gauche à la tête du Brésil, Fellipe Barbosa et Clara Linhart font de cette secousse politique la toile de fond de Domingo, satire loufoque de l’aristocratie brésilienne. Ici, et à l’image du premier long métrage du réalisateur, Casa grande, la critique sociale n’est pas frontale, mais tout en sarcasmes, grâce aux faits et dires d’une truculente galerie de personnages autocentrés – matriarche sans pitié, snob et obnubilée par l’organisation de la fête d’anniversaire de sa petite-fille, belle-fille toxico extravagante, mari macho... – évoluant dans une demeure champêtre, unité de lieu du film, où coucheries et messes basses se dissimulent derrière les portes closes. Une douce farce qui met en lumière le fossé entre les classes sociales, les communautés et les générations au sein d’une société en pleine mutation. Film de Fellipe Barbosa et Clara Linhart (Brésil/France, 2018, 1h29mn, VOSTF) Scénario  : Lucas Paraizo - Avec  : Ítala Nandi, Camila Morgado, Augusto Madeira, Martha Nowill, Michael Wahrmann- Coproduction  : ARTE France Cinéma, Canal Brasil, Globo Filmes, Damned Films, Gamarosa Filmes, República Pureza Filmes, L’Aide aux Cinémas du Monde # mercredi 12/01 à 0.40 @ du 05/01/2022 au 10/02/2022 CINÉMA LE PROGRAMME DU 8 au 14 janvier 2022 ARTE MAG N°2 13



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