Arte Magazine n°2022-02 8 jan 2022
Arte Magazine n°2022-02 8 jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2022-02 de 8 jan 2022

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : le verbe et le poing, sur le destin de Mohamed Ali.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LES TEMPS FORTS AP IMAGES « Pour lui-même et pour tous les autres » Ken Burns, sa fille Sarah et David McMahon ont mis plusieurs années à coréaliser cette riche biographie de MohamedAli, à partir d’un énorme fonds d’archives publiques et privées et de dizaines de témoignages. À deux voix, ils évoquent quelques-unes des facettes de « leur » Ali. Dans la lumière Ken Burns  : Il existe des douzaines de documentaires, dont quelques-uns excellents, sur MohamedAli. Pourtant, selon nous, aucun n’avait jusque-là embrassé tous les aspects fondamentaux de sa vie. Ce qui nous a poussés à réaliser cette série, c’est avant tout le fait que, pour nous, il n’est pas seulement le plus grand athlète du XX e siècle, mais la personnalité américaine la plus captivante de son temps. Nous voulions comprendre son cheminement d’être humain dans toutes ses dimensions  : sportive, politique, spirituelle, affective... Sarah Burns  : Cet homme constamment sous le regard des objectifs, que nous avons regardé vivre au fil des plus de cinq cents heures d’archives vidéo et 15 000 photos rassemblées pour la série, est-il l’authentique MohamedAli, ou l’image qu’il souhaitait donner ? Nous avons compris peu à peu que la représentation, le jeu font intrinsèquement partie de lui. C’est un showman né. On le voit quand il fait l’acteur, enfant. Il a toujours voulu se trouver au centre de l’attention et cela a modelé une grande part de ses choix. 10 ARTE MAG N°2 LE PROGRAMME DU 8 au 14 janvier 2022 En liberté K. B.  : Nous rappelons aussi combien il a été haï à une certaine époque. Une grande part de l’Amérique blanche a jugé intolérable sa célébration de l’identité noire, son refus de partir au Viêtnam, et même sa capacité à mettre les médias de son côté. Il ne s’est jamais conformé, même à ses débuts, à la soumission alors attendue d’un athlète noir. Quand MohamedAli proclame tranquillement son indépendance et son droit absolu à faire ses propres choix, c’est pour lui-même, bien sûr, et en même temps pour tous les autres  : c’est l’une des clés de sa personnalité. Dans les années 1960, cette liberté constitue en soi une provocation. Elle a fait de lui l’un des catalyseurs d’un combat qui constitue l’un des principaux moteurs de l’histoire américaine  : celui des Afro-Américains pour obtenir la liberté qui leur était déniée, et qui, dans une certaine mesure, l’est toujours, dans un pays qui place pourtant cette liberté au-dessus de tout. Par amour K. B.  : Il s’est montré parfois irréfléchi et cruel, comme envers Joe Frazier, ce qu’il a regretté par la suite. Mais en racontant ce qu’on peut appeler son voyage spirituel, nous avons été confrontés à des questions existentielles auxquelles on préfère souvent éviter de répondre  : qu’est-ce que le courage, la liberté ? Pourquoi met-on sa vie en jeu ? S. B.  : J’ai découvert son aptitude à toucher autrui et à se laisser toucher en retour. Son côté fanfaron, cette façon de clamer toujours qu’il est le meilleur, le plus beau, avec ce que cela implique de narcissisme, ont pu éclipser la générosité hors du commun avec laquelle il se donnait aux autres. Spontanément, il se dépouille un jour de son manteau neuf, une autre fois de tout l’argent qu’il a en poche, parce que quelqu’un en a besoin. Surtout, il savait voir les gens et les aimer, et ils le lui ont rendu dans le monde entier. Propos recueillis par Laura Jung
TOURNAGE Décor numérique et écran led À la pointe de la technologie, le réalisateur Marc Jampolsky (Versailles – Le palais retrouvé du Roi-Soleil, rediffusé le samedi 8 janvier par ARTE) a eu recours, pour le tournage – qui s’est en partie déroulé à Paris, fin novembre – d’un documentaire coproduit par ARTE sur la Sagrada Familia et son architecte, Antoni Gaudí, à un procédé de décor numérique ultramoderne employé par Disney+ pour sa série The Mandalorian. Mais, en amont des prises de vues, l’équipe du film a procédé à un long travail de modélisation en 3D de l’atelier du bâtisseur. « Il y avait une accumulation d’objets, de moulages, de dessins... C’était un capharnaüm, qu’il aurait été impossible de reconstituer en dur », estime Hubert Naudeix, responsable de cette représentation virtuelle. Une réussite technique qui va de pair avec la méthode novatrice utilisée pour le filmage des scènes de fiction  : un écran led projetant la reconstitution 3D de l’atelier, qui se déplace en même temps que la caméra, « trackée » par des capteurs infrarouges. « On utilise un logiciel de jeu vidéo  : c’est comme si la caméra était à la place du joueur », explique Bruno Corsini, cofondateur de Plateau virtuel, la société exploitant ce dispositif. Se substituant au traditionnel fond vert, le panneau digital permet aux réalisateurs d’adapter la mise en scène en direct. En interaction avec quelques objets bien réels sur le plateau, les acteurs, eux, savent ainsi exactement où ils se trouvent dans la scénographie  : « Ça ressemble beaucoup au théâtre ! », s’enthousiasme Luis Altés, l’interprète d’Antoni Gaudí. Résultat attendu à l’antenne et sur arte.tv au mois d’avril. PODCAST Dépêche ! I EN BREF Sondeurs et chroniqueurs politiques n’ont qu’à bien se tenir  : les commentaires les plus (im)pertinents de la présidentielle s’écouteront chez l’impayable (et incorruptible) Livo, alias Olivier Minot. Celui qui « découpe les journaux avec son micro » revient pour une nouvelle saison de son podcast Dépêche !, au nom programmatique  : à la fois revue de presse délurée, où petites phrases et faits absurdes sont passés au détecteur de démagogies, et course contre la montre puisqu’en huit minutes l’actualité est désossée puis reconditionnée dans un montage frénétique. Plusieurs fois primé pour ses documentaires (prix Italia, prix Longueur d’ondes), le feu follet Olivier Minot enrichit sa revue de presse de micros-trottoirs drolatiques, qu’il augmente de détournements et de parodies plutôt poivrées. Le podcast Dépêche !, contre-feu salvateur aux discours formatés qui ne vont pas manquer de crépiter ces prochains mois, est à retrouver chaque mercredi sur ARTE Radio. dès le 05/01/2022 sur arteradio.com et toutes les plates-formes de podcasts LE PROGRAMME DU 8 au 14 janvier 2022 ARTE MAG N°2 11



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