Arte Magazine n°2022-01 1er jan 2022
Arte Magazine n°2022-01 1er jan 2022
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2022-01 de 1er jan 2022

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Emmanuelle Devos.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ERIC CARO CINÉMA Laissez-passer Pendant l’Occupation, deux réalisateurs tentent de résister, chacun à leur manière, à l’oppression nazie. Signée Bertrand Tavernier, une déclaration d’amour au cinéma, truffée de références aux films de cette période. Dans les années 1940, sous l’Occupation, Jean Devaivre, assistant-réalisateur de renom, travaille aux studios de cinéma de Boulogne-Billancourt, pour le compte de la Continental Films, la société de production créée par Goebbels et financée par des capitaux allemands. S’il mène parallèlement des activités clandestines pour la Résistance, le cinéaste fait face à un dilemme  : son emploi pour la firme contrôlée par les nazis les protège, sa famille et lui, mais la censure qu’il subit le mine. De son côté, Jean Aurenche, scénariste-poète débordé par ses multiples conquêtes féminines, qui refuse de collaborer avec les Allemands via la Continental, entreprend de résister au travers de ses textes engagés. BEL HOMMAGE À travers les trajectoires réelles de deux cinéastes français, Bertrand Tavernier retrace, en multipliant les références et les extraits de films de cette période, de La main du diable de Maurice Tourneur (voir page suivante) à Au bonheur des dames d’André Cayatte, l’histoire, jusque-là jamais portée à l’écran, du cinéma français durant les années noires de la guerre. Grâce aux témoignages de Jean Devaivre, assistant-réalisateur de Maurice Tourneur, de Jean Aurenche, scénariste avec lequel il a travaillé dès son premier film, L’horloger de 20 ARTE MAG N°1 LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 JANVIER 2022 Saint-Paul, et de l’écrivain-scénariste Pierre Bost, le réalisateur à la phénoménale cinéphilie, disparu en mars dernier, reconstitue avec soin les décors de l’époque, la création dépendante des laissez-passer et les tournages interrompus par les bombardements. Sur un mode tragi-comique, Bertrand Tavernier dépeint un septième art hexagonal sous haute surveillance, dont les budgets sont réduits à peau de chagrin par l’occupant et qui lutte âprement pour survivre. Avec Denis Podalydès en séducteur attachant et Jacques Gamblin en roi de la débrouille, un hommage amoureux aux artisans bricoleurs du cinéma, soumis à un exercice d’équilibriste pour continuer à produire, en dépit de l’oppression nazie. Ours d’argent du meilleur acteur (Jacques Gamblin) et de la meilleure musique de film (Antoine Duhamel), Berlinale 2002 Film de Bertrand Tavernier (France, 2002, 2h43mn) Scénario  : Jean Cosmos, Bertrand Tavernier, d’après les Mémoires de Jean Devaivre - Avec  : Jacques Gamblin, Denis Podalydès, Charlotte Kady, Marie Desgranges Production  : Les Films Alain Sarde, Little Bear, France 2 Cinéma, France 3 Cinéma, KC Medien, Vertigo # lundi 03/01 à 20.55 L’animal Un cascadeur malchanceux entreprend de reconquérir sa partenaire. Par Claude Zidi, une comédie virevoltante avec Raquel Welch et Jean- Paul Belmondo. Cascadeur professionnel, Mike vivote en doublant des scènes d’action pour le cinéma. Alors qu’il s’apprête à épouser Jane Garner, sa partenaire américaine, son impresario lui propose un cachet qu’il ne peut refuser. Après avoir rusé pour convaincre Jane de repousser la cérémonie, il rate leur cascade au volant d’une voiture, et tous deux, grièvement blessés, échouent à l’hôpital. Lasse des déconvenues que Mike lui impose, Jane trouve refuge auprès du riche comte de Saint-Prix. Mais Mike ne désespère pas de la reconquérir. La venue à Paris de Bruno Ferrari, une star à laquelle il ressemble, va lui en fournir l’occasion… MISE EN ABYME Ribambelle de gags, cascades à gogo, et, surtout, deux Bébel pour le prix d’un  : le premier, en cascadeur foutraque, et le second, en vedette de cinéma homo souffrant du vertige… Rendant hommage au septième art avec une amusante mise en abyme (Claude Chabrol dirige un film dans le film), Claude Zidi réunit une pléiade de stars, notamment Johnny Hallyday, Jane Birkin, Josiane Balasko et Richard Bohringer, bonus à sa joyeuse bande attitrée (Michel Gérard, Aldo Maccione…). Partageant l’affiche avec Jean-Paul Belmondo, la «bombe» Raquel Welch interprète ici le dernier grand rôle de sa carrière cinématographique, ajoutant une pointe de glamour pour corser l’affaire. Avec de délicieux dialogues signés Michel Audiard, L’animal, au charme vintage, concentre le goût et les couleurs acidulées des comédies françaises des années 1970. Film de Claude Zidi (France, 1977, 1h36mn) - Scénario  : Michel Audiard, Claude Zidi et Michel Fabre - Avec  : Jean-Paul Belmondo, Raquel Welch, Dany Saval, Aldo Maccione, Charles Gérard, Julien Guiomar - Production  : Cerito Films, Les Films Christian Fechner 1977 STUDIOCANAL # dimanche 02/01 à 13.25
MARS DISTRIBUTION Suzanne Par Katell Quillévéré, le portrait au long cours, subtil et touchant, d’une jeune femme à la dérive et de ses proches. Un mélo à la sobre intensité, illuminé par Sara Forestier. Depuis le décès de sa femme, Nicolas élève seul ses deux filles, Suzanne et Maria, en faisant de son mieux, malgré un métier de routier qui l’accapare. Alors qu’elle est encore lycéenne, Suzanne donne naissance à un petit garçon sans père, Charlie. Quelques années après, elle rencontre Julien, voyou à la gueule d’ange dont elle tombe follement amoureuse. Elle s’enfuit avec lui, abandonnant son enfant et laissant ses proches sans nouvelles. Deux ans plus tard, ceux-ci la retrouvent au tribunal, où elle est jugée pour vol avec agression… SOIF D’ABSOLU Sur scène, Suzanne, fillette radieuse en costume à paillettes, se déhanche sous le regard de son père et de sa petite sœur. De cette séquence inaugurale se dégage une impression de douceur complice  : Suzanne a grandi dans une cité d’Alès à l’horizon obturé, privée de mère mais non d’amour. Lorsqu’elle croise le regard de Julien, sa soif d’absolu, inassouvie par sa maternité précoce, se réveille jusqu’à l’aspirer dans l’abîme de la violence. Procédant par ellipses, le récit maintient dans l’ombre cette errance criminelle. Avec délicatesse, Katell Quillévéré (Un poison violent) choisit de ne capter que les conséquences des actes de son héroïne, laissant au spectateur le soin de combler les failles. Accompagnée par François Damiens et Adèle Haenel, vibrants d’amour et d’impuissance, Sara Forestier habite de tout son être ce personnage à l’émouvante ambivalence, engagé sur le long chemin de la résilience. Meilleure actrice dans un second rôle (Adèle Haenel), César 2014 Film de Katell Quillévéré (France, 2013, 1h30mn) Scénario  : Katell Quillévéré, Mariette Désert Avec  : Sara Forestier, Adèle Haenel, François Damiens, Paul Hamy - Production  : ARTE Cofinova, Move Movie, Mars Films - (R. du 07/03/2018) # mercredi 05/01 à 20.55 GAUNET La main du diable Un peintre médiocre reçoit pour talisman une main coupée, qui lui porte chance mais le voue à la damnation. D’après Gérard de Nerval, un conte fantastique tourné durant l’Occupation avec un Pierre Fresnay fascinant. Un homme arrive un soir dans une auberge de montagne remplie de touristes. Il a la main gauche gantée et un coffret sous le bras. Lorsqu’après un orage et une panne de courant la lumière revient, le coffret a disparu. Désespéré, Roland Brissot entreprend de raconter son incroyable aventure. Il y a un peu plus d’un an, il n’était encore qu’un peintre raté. Un jour, un restaurateur italien lui vend un talisman censé lui apporter bonheur et succès  : une main coupée, enfermée dans un coffret. Mais il doit respecter une condition  : la revendre dans un délai d’un an, sous peine d’être damné… Rapidement, Roland Brissot devient célèbre (ses toiles, signées Maximus Léo, se peignent toutes seules !) , fait fortune et épouse celle dont il est épris. Mais sa réussite lui fait oublier l’échéance fatidique. Un petit homme vêtu de noir lui rappelle qu’en achetant la main momifiée il a vendu son âme au diable… PACTE FAUSTIEN Un acteur habité (Pierre Fresnay, comme toujours extraordinaire), une inquiétude orchestrée par des cadrages et des décors proches de l’expressionnisme, une ambiguïté savamment entretenue entre cauchemar et banalité  : produit sous l’Occupation par la Continental Films, créée par Goebbels et financée par des capitaux allemands, ce drame faustien répond en apparence à la mission de divertissement assignée à l’entreprise par les autorités nazies. Mais une part de l’angoisse distillée par le film reflète aussi l’époque qui l’a vu naître, d’autant que deux résistants y ont travaillé  : le scénariste juif Jean-Paul Le Chanois et l’assistant à la mise en scène Jean Devaivre, que Bertrand Tavernier choisira comme héros de son film Laissez-passer (voir page précédente). C’est lui qui acheva le tournage à la place de Maurice Tourneur, après que l’épouse du cinéaste eut été séquestrée par les Allemands. Film de Maurice Tourneur (France, 1943, 1h22mn, noir et blanc) Scénario  : Jean-Paul Le Chanois, d’après le récit de Gérard de Nerval Avec  : Pierre Fresnay, Josseline Gaël, Pierre Palau, Noël Roquevert, Robert Vattier Production  : Continental Films - (R. du 24/03/1998) # lundi 03/01 à 23.40 CINÉMA LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 JANVIER 2022 ARTE MAG N°1 21



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