Arte Magazine n°2021-51 18 déc 2021
Arte Magazine n°2021-51 18 déc 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-51 de 18 déc 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : scènes de la vie conjugale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINÉMA LOREY SEBASTIAN Comancheria Pour se venger d’une banque prédatrice, deux frères texans dévalisent une à une ses agences. Un western contemporain désenchanté dans une Amérique pré-Trump, avec un trio d’acteurs (Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster) remarquable. Une banque, puis une deuxième, puis une troisième... Après la mort de leur mère, les frères Toward se lancent dans une série de braquages au Texas. L’ainé, Tanner, sort de dix ans de prison pour avoir tué leur père trop violent. Impulsif, bagarreur, le Texan au comportement autodestructeur flirte constamment avec le danger. Divorcé, Toby le cadet, aimerait quant à lui payer ses dettes et la pension de ses deux fils. Pour se mettre définitivement à l’abri du besoin, les deux néo-braqueurs ne dévalisent les agences que d’une seule banque, celle qui a tenté d’hypothéquer la maison familiale. Pour éviter la saisie, ils projettent de la rembourser avec l’argent qu’ils lui auront volé... Mais la police se lance à leurs trousses, et, à quelques jours de sa retraite, le vieux Texas Ranger Marcus Hamilton, flanqué d’un acolyte, entend frapper un grand coup... RANÇONNER LE SYSTÈME Dans l’Amérique désenchantée, chacun compose avec la morale pour s’en sortir. Les frères Toward (Chris Pine, séduisant comme un Brad Pitt dépressif, Ben Foster, impressionnant en histrion incontrôlable) veulent punir la banque qui a cherché à les arnaquer, et par-là même assurer l’avenir de leur famille, quitte à faire couler le sang. Car c’est bien au système que ces deux cow-boys déclassés s’attaquent bille en tête, quand l’ultralibéralisme assèche toujours plus les vies défaites des petites gens. Dans cet arrière-pays texan, même les vieux Rangers (Jeff Bridges, fatigué et philosophe) semblent partager le constat des petites frappes. Tous déclassés, mais pas du même côté de la loi, assène cet étonnant western pré-trumpien entre amertume et tragi- comédie, à classer entre les frères Coen et Sam Peckinpah. Un des plus beaux films américains de 2016. Sélection officielle «Un certain regard», Cannes 2016 (Hell or High Water) Film de David Mackenzie (États- Unis, 2016, 1h38mn, VF/VOSTF) - Scénario  : Taylor Sheridan - Avec  : Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Dale Dickey, William Sterchi, Melanie Papalia - Production  : Sidney Kimmel Entertainment, Film 44, LBI Productions, Oddlot Entertainment # mercredi 22/12 à 20.55 16 ARTE MAG N°51 LE PROGRAMME DU 18 AU 24 décembre 2021 M En Californie, un tueur d’enfants échappe à la police. La pègre locale se lance à sa poursuite… Par Joseph Losey, le remake américain du chef-d’œuvre de Fritz Lang, M le maudit. Los Angeles, début des années 1950. Un insaisissable tueur d’enfants sévit en ville depuis plusieurs mois. Alors que la liste de ses petites victimes s’allonge, un vent de panique commence à s’emparer de la population, qui se met à suspecter chaque homme d’être l’auteur de ces crimes odieux. Sur les dents, la police multiplie quant à elle les contrôles d’identité en vain dans les bars et autres lieux de plaisir. De plus en plus inquiète pour ses affaires, que la surveillance accrue compromet dangereusement, la pègre locale décide d’arrêter elle-même le criminel… FILM NOIR Vingt ans après M le maudit de Fritz Lang, qui illustrait la montée du nazisme en Allemagne, Joseph Losey (Monsieur Klein, The Servant...) transpose, quasiment plan pour plan, le chef-d’œuvre de l’expressionnisme germanique dans l’Amérique opulente de l’après-guerre, frappée alors par la chasse aux sorcières maccarthyste. Dans un somptueux noir et blanc, le cinéaste, secondé à réalisation par Robert Aldrich, tisse un habile suspense, prenant un malin plaisir à contrarier l’identification par le spectateur du redoutable tueur en série. Présentée dans une version restaurée, une curiosité du film noir à redécouvrir. Film de Joseph Losey (États-Unis, 1951, 1h24mn, noir et blanc, VOSTF) Scénario  : Norman Reilly Rane, Leo Katcher, d’après un scénario original de Fritz Lang et Thea von Harbou - Avec  : David Wayne, SteveBrodie, Howard Da Silva, Martin Gabel, Luther Adler, Raymond Burr - Production  : Superior Pictures - Version restaurée TAMASA # lundi 20/12 à 23.40 @ du 20/12/2021 au 19/03/2022
MGM Soirée Omar Sharif Le docteur Jivago Une passion tumultueuse dans le fracas de la révolution russe. Couronnée de cinq Oscars, une ambitieuse saga adaptée du chef-d’œuvre de Pasternak. Après des années de recherches infructueuses, le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son demi-frère, disparue alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Il la convoque dans son bureau pour l’interroger sur ses souvenirs. Comme elle semble avoir tout oublié, il lui raconte l’histoire de ses parents... Au début du XX e siècle, la colère gronde dans les grandes villes de l’Empire russe et le drapeau rouge fait irruption dans les rues de Moscou. Brillant étudiant en médecine et féru de poésie, Youri Jivago est plutôt de ceux qui dansent dans les soirées mondaines. Un peu moins argentée, la blonde Lara vit sous la coupe de Komarovsky, l’amant de sa mère, couturière. Avant que la population n’ose braver le pouvoir tsariste, Youri et Lara se croisent furtivement à la faveur d’un événement tragique. Mais leurs destins semblent tout tracés. La brune Tonya, auprès de qui Youri, jeune orphelin, a été élevé, lui est promise. Lara, quant à elle, fréquente Pacha Strelnikov, un jeune révolutionnaire. Bientôt, la Première Guerre mondiale éclate... AMOUR ET RÉVOLUTION Adaptée du roman du Russe Boris Pasternak, prix Nobel de littérature en 1958, cette magnifique épopée sentimentale, qui conjugue amour et révolution, a été interdite de diffusion en URSS jusqu’en 1994. Le pouvoir soviétique jugeait sans doute que, à contre-courant des slogans communistes, ses personnages exaltaient des valeurs romantiques à une époque où, selon les mots du redoutable Strelnikov, «la vie personnelle est morte». Récompensé par cinq Oscars, dont celui de la musique, décerné au compositeur Maurice Jarre, le film de David Lean emporte ses personnages dans les tourbillons de la grande histoire, de Moscou aux étendues glacées du lointain Oural. L’ardente passion qui unit Youri et Lara resplendit sous les coups de boutoir du destin. Comme si l’amour, a fortiori lorsqu’il est contrarié, était, aussi, une façon de résister au pire. Meilleurs adaptation, image, musique, costumes et décors, Oscars 1966 Meilleurs film dramatique, réalisateur, acteur (Omar Sharif), scénario et musique, Golden Globes 1966 (Doctor Zhivago) Film de David Lean (États-Unis/Royaume-Uni/Italie, 1965, 3h17mn, VF/VOSTF) Scénario  : Robert Bolt, d’après le roman éponyme de Boris Pasternak - Avec  : Omar Sharif, Julie Christie, Geraldine Chaplin, Alec Guinness, Rod Steiger - Production  : Carlo Ponti Productions, MGM - (R. du 28/12/2003) # dimanche 19/12 à 21.00 Retrouvez aussi à l’antenne un autre film de David Lean, Les grandes espérances, mercredi 22 décembre à 14.55. Soirée Omar Sharif Omar Sharif Une vie de nomade À travers le témoignage de ses proches, un portrait attachant d’Omar Sharif, prince acteur, «oriental lover» et joueur invétéré, dont les rôles fiévreux au cinéma hantent les mémoires. Son beau visage a incarné le monde arabe sur les écrans internationaux. Né Michel Chalhoub en 1932 à Alexandrie, dans une famille catholique aisée, Omar Sharif arpente précocement les planches, porté par son goût pour la littérature française. À une époque où le cinéma égyptien domine le marché oriental, c’est Youssef Chahine qui le révèle avec Ciel d’enfer, où il compose avec l’idole Faten Hamama, qu’il épouse après s’être converti à l’islam, un couple glamour de légende. David Lean, cependant, l’éloigne de la femme de sa vie quand il l’installe au firmament hollywoodien, en 1962, avec Lawrence d’Arabie. Dès lors, l’«oriental lover» joue l’«étranger de service» pour les studios, tour à tour argentin (Che !) , allemand (La nuit des généraux) et surtout russe dans Le docteur Jivago, encore du maître Lean. Mais sa réputation de joueur invétéré le tient bientôt à l’écart des plateaux, le comédien enchaînant des nanars, au déclin des années 1970, par seule nécessité de se renflouer. Au crépuscule de sa vie, ce seigneur ruiné connaît pourtant une douce résurrection avec Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de François Dupeyron, où il bouleverse en épicier arabe adoptant un adolescent juif, rôle œcuménique sur mesure qui lui vaut un César en 2004. DANDY D’ALEXANDRIE D’Alexandrie à Hollywood en passant par Paris et Deauville, ce documentaire, nourri des témoignages de ses proches, dont son fils, son petit-fils ou encore Andréa Ferréol, qui se souvient de ses fameux dîners, brosse le portrait attachant d’un acteur raffiné, star internationale et vrai «citoyen du monde», comme il aimait à se définir, qui s’est pourtant toujours accroché à sa nationalité égyptienne. Éternel nomade, ne vivant qu’à l’hôtel et consumant sa vie en dandy, Omar Sharif se réjouira d’assister, avant sa sortie de scène définitive en 2015, à la révolution de la place Tahrir. Comme échappée d’un film de Youssef Chahine, une figure follement romanesque, qui avouait, l’œil pétillant  : «Je crois que je fais du cinéma seulement en amateur.» Documentaire de Jascha Hannover (Allemagne, 2018, 52mn) - Auteurs  : André Schäfer et Jascha Hannover - Coproduction  : ZDF/ARTE, Florianfilm Gmbh (R. du 17/02/2020) ALAMY # dimanche 19/12 à 0.10 @ du 18/12/2021 au 17/01/2022 CINÉMA LE PROGRAMME DU 18 au 24 décembre 2021 ARTE MAG N°51 17



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