Arte Magazine n°2021-50 11 déc 2021
Arte Magazine n°2021-50 11 déc 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-50 de 11 déc 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : documentaires au féminin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES TEMPS FORTS CHRISTINE TAMALET - LA BOITE À IMAGES FICTION La bonne conduite De retour dans la cité où il a grandi, un militaire accepte de reprendre les rênes de l’auto-école de son père, gravement malade. Avec sa mosaïque de destinées entravées, ce feel good movie balaie avec générosité les clichés sur la banlieue. Quinze ans déjà que Pierre, maître principal dans la Marine nationale, a largué les amarres de la cité du nord de la France où il a grandi. Après des années de silence, il fait sur la pointe des pieds son retour entre les tours après avoir appris que son père, avec lequel il a coupé les ponts, est hospitalisé. Pour épauler Félix, le seul employé de l’auto-école paternelle, il accepte d’assurer un temps l’intérim auprès des candidats au permis de conduire. Mais entre les valeurs et les principes défendus bec et ongles par ce militaire de carrière et la débrouille, le dilettantisme, la pesanteur des rigueurs religieuses et la petite criminalité à l’œuvre chez les habitants de ces grands ensembles, le fossé semble difficile à combler... 6 ARTE MAG N°50 LE PROGRAMME DU 11 au 17 décembre 2021 PRENDRE LE VOLANT Divorcé et père d’un ado qu’il n’a pas vu depuis des années, Pierre (Alban Lenoir) s’accroche à ses convictions. Il se tient en voiture comme dans sa vie  : rivé sur le siège passager. Taciturne et rigide, le militaire veut remettre au pas Félix (Olivier Saladin), le salarié brouillon de son père (André Wilms), et mener à la baguette ceux qui se succèdent à ses leçons de conduite. Derrière le volant prennent place Mata, une perspicace jeune femme, Nasser (Riadh Belaïche), volubile organisateur de concerts de rap, Yaguël, vieille dame appelée à conduire jusqu’au bled la voiture familiale. Il y a aussi le bouillonnant Rachid, qui trempe dans des deals peu orthodoxes, et surtout Yasmina (Naïlia Harzoune), une jolie mère de famille en mal d’amour. Dans le huis clos de l’habitacle, les langues se délient, les trajectoires et les secrets se révèlent... Pierre, petit à petit, s’ouvre à ceux-là mêmes qu’il avait tant cherché à fuir. Avec tendresse, Arnaud Bédouet réunit un petit monde en mosaïque, contraint de livrer bataille pour prendre la main sur son destin. Se jouant des clichés attachés à la banlieue, le réalisateur orchestre avec brio la générosité des modestes, l’énergie des jeunes issus de l’immigration et leurs rêves d’un monde meilleur. Un feel good movie à la chaleur humaine contagieuse. Fiction d’Arnaud Bédouet (France, 2021, 1h35mn) Scénario  : Arnaud Bédouet - Avec  : Alban Lenoir, Olivier Saladin, André Wilms, Aïmen Derriachi, Naïlia Harzoune, Jisca Kalvanda, Riadh Belaïche, Tata Milouda, Benjamin Quique - Coproduction  : ARTE France, La Boîte à Images, Pictanovo # vendredi 17/12 à 20.55 @ du 17/12/2021 au 17/02/2022
CHRISTINE TAMALET - LA BOITE À IMAGES Dépasse tes codes d’abord Avec le retour à la case départ de son héros, le réalisateur Arnaud Bédouet brosse le portrait amusé d’une cité de banlieue au travers d’une auto-école, point de convergence d’une poignée de personnages attachants. Quel a été le point de départ de cette fiction ? Arnaud Bédouet  : En général, mes idées viennent de personnages. Je m’intéresse à ceux auxquels on donne peu la parole, ou qui sont souvent réduits à des archétypes. J’essaie de les enraciner dans une réalité. Dans La bonne conduite, c’est précisément à ses racines que Pierre (Alban Lenoir) se retrouve confronté. J’avais envie de raconter le parcours d’un homme à l’esprit cloisonné qui, en revenant dans le quartier qu’il a quitté, voit ses préjugés battus en brèche. L’autoécole m’est apparue comme un biais idéal pour explorer les non-dits de mes protagonistes. La voiture peut se percevoir comme un cabinet de psychanalyse sur roues  : un espace clos, hors du temps, où peut s’exprimer une parole intime et libre. Pourquoi avez-vous choisi d’aborder par la comédie des sujets difficiles comme la filiation, le poids des conventions, la précarité ? Il est exact que mes sujets sont souvent graves, que ce soit au théâtre, avec ma pièce Kinkali, ou dans mon précédent film, Clandestin. Mais je suppose que mon tempérament me pousse à amener de l’humour dans la manière de m’en emparer. Cette forme de pudeur, de décalage par rapport à leur gravité me convient bien. En ce sens, je me sens très influencé par les comédies sociales anglaises ou le cinéma d’Aki Kaurismäki. La force de votre film repose aussi sur son casting et ses personnages très attachants... J’ai un goût immodéré pour le travail avec les comédiens, probablement nourri par le fait d’être acteur moimême. J’essaie d’instaurer une relation confidentielle avec chacun d’eux, et de les accompagner non pas en expliquant la psychologie de leurs personnages, mais en les regardant. Pour moi, c’est la force de l’attention qui dirige les comédiens. Autour d’Alban Lenoir, tout en rigidité « La voiture, c’est un cabinet de psychanalyse sur roues. » Riadh Belaïche et Arnaud Bédouet fragile, et d’Olivier Saladin en moniteur anticonformiste, je trouve que les autres acteurs apportent, par leur originalité, une incarnation réjouissante et profonde aux personnages dont j’avais rêvé. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène La bonne conduite est la seconde fiction réalisée par Arnaud Bédouet après Clandestin, doublement primé au Fipa en 2010. LE PROGRAMME DU 11 au 17 décembre 2021 ARTE MAG N°50 7



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