Arte Magazine n°2021-50 11 déc 2021
Arte Magazine n°2021-50 11 déc 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-50 de 11 déc 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : documentaires au féminin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINÉMA NBC FILM 111111111111p1111111plemeille"-elliiiienffliall..r. 41111111. Cycle Nuri Bilge Ceylan Uzak Un photographe solitaire héberge à contrecœur un jeune cousin de la campagne. Dans un Istanbul glacé par l’hiver, une peinture délicate et mélancolique de l’incommunicabilité signée Nuri Bilge Ceylan, à (re)voir en version restaurée. Photographe indépendant récemment divorcé, Mahmut est un urbain solitaire et désenchanté. Il voit de loin en loin de vieux amis, un peu amers comme lui, entretient une liaison avec indifférence. Par obligation, mais sans dissimuler son hostilité, il accueille dans son vaste appartement d’Istanbul un jeune cousin de la campagne, Yusuf, qui vient d’être licencié de l’usine de son village. Yusuf nourrit le vague projet de se faire embaucher comme mousse sur un bateau. Tandis que la neige tombe sur la ville, les deux hommes entament une cohabitation malaisée. VOYAGE D’HIVER « Mon film décrit la vie dans une grande ville, et pas seulement celle des personnages. Les citadins essayent d’organiser leur vie pour n’avoir besoin de personne et créent leur propre prison », résumait Nuri Bilge Ceylan lors de la projection de son deuxième film à Cannes. Uzak, qui signifie « lointain », épouse les déambulations de deux solitudes dans un Istanbul très éloigné des clichés touristiques, assombri par l’hiver et le froid. Muré dans son impuissance à aimer, à se laisser toucher par les autres, le citadin aisé maîtrise l’espace de la ville et ses codes. Tandis que le 12 ARTE MAG N°50 LE PROGRAMME DU 11 au 17 décembre 2021 nouveau venu, mal dégrossi, mal vêtu, ne cesse de se cogner aux usages et à l’indifférence d’un monde qu’il ne comprend pas. Nuri Bilge Ceylan filme superbement, par petites touches à la fois intimes et distanciées, la douleur et la beauté de vivre, la ville et les visages de ses deux comédiens « amateurs », impressionnants de justesse. Grand prix, prix d’interprétation masculine (Muzaffer Özdemir et Mehmet Emin Toprak), Cannes 2003 - Prix Fipresci, Saint-Sébastien 2003 Film de Nuri Bilge Ceylan (Turquie, 2002, 1h45mn, VOSTF) Scénario  : Nuri Bilge Ceylan - Avec  : Muzaffer Özdemir, Mehmet Emin Toprak, Zuhal Gencer Erkaya, Nazan Kirilmis, Feridun Koc, Fatma Ceylan, Ebru Ceylan - Production  : NBC Film - (R. du 12/04/2006) - Version restaurée @ du 01/12/2021 au 31/12/2021 La loi des montagnes Dans les Alpes autrichiennes, un officier tente de séduire une touriste américaine. Le mari de celle-ci, jaloux, lui propose une ascension en montagne... Le premier film d’Erich von Stroheim. Le docteur Armstrong et sa femme, un couple d’Américains, viennent faire de l’alpinisme en Autriche. Dans le village où ils s’arrêtent, ils font la connaissance du lieutenant von Steuben, qui entreprend de séduire la femme du médecin. L’entreprise paraît d’autant plus aisée que Margaret est délaissée par son époux. Ce dernier, d’abord indifférent, finit par avoir des soupçons et convainc le séducteur de partir en ascension dans les montagnes avec lui... PREMIER SUCCÈS POUR UNIVERSAL Farce autour du mariage bourgeois, ce premier film à la narration haletante contient déjà l’essence de ce qui fera d’Erich von Stroheim une importante figure du cinéma hollywoodien du début du XX e siècle. La loi des montagnes fut un grand succès critique et populaire, Stroheim apportant ainsi aux jeunes Studios Universal (qui n’avaient alors que quatre ans d’existence) leur premier grand titre. Cette version, la plus longue en dehors de l’originale (de nombreuses coupes furent pratiquées contre l’avis de Stroheim), est présentée avec une nouvelle musique d’accompagnement composée par Andreas Eduardo Frank. (Blind Husbands) Film d’Erich von Stroheim (Allemagne, 1919, 1h28mn, muet) - Scénario  : Erich von Stroheim - Avec  : Erich von Stroheim, Sam De Grasse, Francelia Billington, Gibson Gowland Production  : Universal Film Manufacturing Company 2ELEVEN MUSIC FILM # lundi 13/12 à 1.20 @ du 12/12/2021 au 11/01/2022
DILTZ/BRIDGEMAN IMAGES Soirée Ava Gardner Ava Gardner La gitane d’Hollywood Derrière la beauté de l’actrice se cachaient les fragilités d’une femme tourmentée, que révélèrent ses années d’exil en Espagne sous la dictature de Franco. Était-ce pour fuir son mariage houleux avec Frank Sinatra ou la surmédiatisation qui l’étouffait, était-ce parce qu’elle était tombée amoureuse d’un autre homme, comme elle l’écrivit dans ses Mémoires ? Il y a sans doute un peu de tout cela dans le départ d’Ava Gardner, qui, au sommet de sa gloire, quitte Hollywood pour s’installer en Espagne en 1955, à 32 ans, en pleine dictature franquiste. « Ava Gardner devient libre dans un pays totalitaire. C’est complètement paradoxal », analyse Frédéric Martinez, l’un des biographes de la star, dans ce passionnant documentaire de Sergio G. Mondelo, déjà auteur de PedroAlmodóvar – Tout sur ses femmes, diffusé par ARTE. Il brosse ici un saisissant portrait d’une des plus belles femmes du monde, qui succomba aux accents du flamenco, à la puissance des corridas et au sex-appeal d’un acteur-matador sur le tournage de Pandora, à Tossa de Mar en 1951. FEMME FRAGILE Quatre ans après son arrivée en Europe, elle décide de s’exiler à Madrid. S’ensuivent quinze années de fêtes et de passions amoureuses (toujours les matadors) qui se terminent par une chute de cheval qui la laisse brisée, au sens propre comme au figuré. À tel point que sa carrière cinématographique en pâtit, elle qui tourna avec les plus grands, de John Ford dans Mogambo à JosephL. Mankiewicz dans La comtesse aux pieds nus en passant par John Huston dans La nuit de l’iguane. Tissé d’images d’archives, d’extraits de films et de ses Mémoires, d’interventions de biographes et de critiques, le film explore avant tout les fragilités de la femme derrière l’actrice. Car Ava, qui sombra peu à peu dans l’alcool, ne parvint jamais à se départir d’un manque d’estime de soi sans doute dû à une enfance pauvre et à la mort prématurée d’un père aimant. Documentaire de Sergio G. Mondelo (France, 2017, 52mn) Coproduction  : ARTE France, Moto films, Page 114 (R. du 25/06/2018) # dimanche 12/12 à 23.00 @ jusqu’au 09/06/2022 1954 METRO-GOLDWYN-MAYER STUDIOS INC. ALL RIGHTS RESERVED Soirée Ava Gardner La comtesse aux pieds nus La sublime Ava Gardner donne vie à Maria Vargas, bergère tuée par son prince charmant, dans un film qui condense tout l’éclat et l’esprit de JosephL. Mankiewicz. Il pleut sur la statue et sur l’enterrement de la comtesse Maria Torlato-Favrini. Son ami et confident Harry Dawes assiste aux funérailles et, en tant que metteur en scène, ne peut s’empêcher d’observer combien la cérémonie aurait été du goût de la défunte. Il se souvient de leur première rencontre, dans un cabaret de Madrid, où un richissime producteur était venu chercher une nouvelle vedette pour Hollywood... ARGENT ET POUVOIR Des flash-back, des fragments incomplets et surtout la voix intérieure de quelques figures clés évoquant la vie de Maria Vargas  : comme toujours chez Mankiewicz, la parole prime sur l’action. Elle fait naître l’événement, apparaître un décor, se mouvoir des personnages. La construction est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie sur trois acteurs admirables. Humphrey Bogart, n’en déplaise aux fans de Marlowe, n’embrasse pas l’héroïne à la fin (ou alors sur la joue). Il incarne un metteur en scène lucide et humain dans un monde de cinéma où règnent l’argent et le pouvoir. Edmond O’Brien accède quant à lui au devant de la scène dans le rôle à la fois méprisable et drôle d’Oscar Muldoon, homme à tout faire d’un producteur plein de morgue – ce qui lui valut un Oscar. Enfin, Ava Gardner, dont la beauté illumine l’écran sans éclipser son talent d’actrice, sait préserver le mystère. Elle joue une fille du peuple devenue étoile à Hollywood puis comtesse en Italie. Mais le scénario de sa vie dérape, la romance tourne court. Mankiewicz, à la fois scénariste, réalisateur et producteur, épingle au passage les paillettes cannoises et hollywoodiennes dans un film qui tient autant de la satire que du conte de fées cruel. Meilleur acteur dans un second rôle (Edmond O’Brien), Oscars et Golden Globes 1954 (The Barefoot Contessa) Film de JosephL. Mankiewicz (États-Unis, 1954, 2h05mn, VF/VOSTF) - Scénario  : JosephL. Mankiewicz - Avec  : Ava Gardner, Humphrey Bogart, Edmond O’Brien, Marius Goring, Rosano Brazzi - Production  : Transoceanic, Figaro - (R. du 12/12/2021) # dimanche 12/12 à 20.55 CINÉMA LE PROGRAMME DU 11 au 17 décembre 2021 ARTE MAG N°50 13



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