Arte Magazine n°2021-50 11 déc 2021
Arte Magazine n°2021-50 11 déc 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-50 de 11 déc 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : documentaires au féminin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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I CINÉMA Soirée Olivia de Havilland Olivia de Havilland L’insoumise Inoubliable Melanie d’Autant en emporte le vent et sœur de Joan Fontaine, Olivia de Havilland sut imposer son indépendance aux studios. Portrait de la dernière star de l’âge d’or hollywoodien, disparue à 104 ans en 2020. Olivia de Havilland, née à Tokyo en 1916, s’installe enfant en Californie avec sa mère et sa sœur, Joan Fontaine, avant de fuir l’autorité de son beau-père à 17 ans. La jeune première aux yeux de biche débute sur les planches dans Le songe d’une nuit d’été. Séduits par son élégance sage, Hal Wallis et Jack Warner lui offrent un contrat de sept ans, l’actrice enchaînant alors les rôles avec Errol Flynn. Mais jouer les faire-valoir de partenaires masculins la lasse. En 1938, l’étoile montante, défiant Jack Warner, auditionne clandestinement pour Autant en emporte le vent, et le doux personnage de Melanie la propulse au sommet. Alors qu’elle est nommée aux Oscars pour Par la porte d’or en 1942, sa cadette et éternelle rivale, Joan Fontaine, égérie de Hitchcock, lui ravit le trophée pour Soupçons. Cette insoumise ne cesse surtout de monter au front contre Jack Warner pour arracher son indépendance. Saisissant la justice, elle triomphe alors là où l’indomptable Bette Davis avait échoué, et contraint les studios à revoir les contrats des acteurs. Enfin libérée des filets de la Warner, Olivia de Havilland prend sa carrière en main, tournant dans des films plus noirs (La fosse aux serpents, 1948) qui forgeront sa légende. Remportant deux Oscars − pour À chacun son destin (1947) et L’héritière (1950) −, la comédienne s’installe en France après son mariage avec le journaliste Pierre Galante, et sera la première femme à présider le jury du Festival de Cannes en 1965. STAR LIBRE Largement narré à la première personne, au fil d’entretiens de différentes époques, ce portrait retrace le parcours d’une star libre, qui n’a jamais sacrifié son exigence à sa notoriété. Sans fracas mais avec fermeté, Olivia de Havilland sut résister aux diktats des studios, avant de s’éloigner peu à peu du cinéma dans les années 1950. Lors de la cérémonie des César en sa présence en 2011, la profession avait rendu hommage à l’actrice naturalisée française, dernière star féminine de l’âge d’or hollywoodien, disparue en 2020. Documentaire de Daphné Baiwir (France, 2021, 56mn) - Production  : Les Films de la Plage 10 ARTE MAG N°50 LE PROGRAMME DU 11 au 17 décembre 2021 # lundi 13/12 à 22.45 @ du 06/12/2021 au 10/02/2022 SEBASTIEN CRUZ/LES FILMS DE LA PLAGE Soirée Olivia de Havilland L’héritière Un père s’oppose au mariage de sa fille, persuadé que son prétendant n’en veut qu’à sa fortune. Avec Olivia de Havilland et Montgomery Clift, un drame psychologique élégant et cruel de William Wyler. New York au mitan du XIX e siècle. Le richissime docteur Sloper, veuf depuis de longues années, désespère de marier sa fille Catherine, qui ne brille ni par sa grâce ni par sa conversation. Lors d’un bal, cette dernière est courtisée par Morris Townsend, un jeune homme aussi beau que désargenté. Quelque temps plus tard, Morris demande la main de Catherine. Mais le docteur Sloper, persuadé d’avoir affaire à un coureur de dot, la lui refuse et entraîne sa fille en Europe. À leur retour, les amoureux se retrouvent, toujours déterminés à se marier. Menaçant sa fille de la déshériter, le père de Catherine lui avoue le fond de sa pensée  : au regard de ses attraits limités, Morris ne peut que convoiter sa fortune... PRISON DORÉE La manifestation du mépris de son père, habité par le souvenir idéalisé de sa défunte épouse, et la perte de ses illusions amoureuses conduiront la timide Catherine sur la voie de l’émancipation. « Je peux être très cruelle. J’ai été à l’école des plus grands maîtres », dirat-elle à sa tante (formidable Miriam Hopkins) à l’heure NBC UNIVERSAL de la revanche. Malmenée par le shakespearien Ralph Richardson et l’irrésistible Montgomery Clift, dont le jeu dépouillé diffuse une troublante ambiguïté, Olivia de Havilland, justement oscarisée, évolue de la vulnérabilité à l’implacabilité avec une justesse époustouflante. Direction d’acteurs impeccable, décors et cadrages soignés, complexité psychologique  : avec L’héritière, adapté d’une pièce de théâtre de Ruth et Augustus Goetz, elle-même tirée du roman de Henry James Washington Square, William Wyler (Ben-Hur, Vacances romaines) signe un mélodrame aussi cruel que subtil, et l’une de ses plus belles réussites. Meilleurs actrice (Olivia de Havilland), décors, costumes et musique, Oscars 1950 (The Heiress) Film de William Wyler (États-Unis, 1949, 1h51mn, noir et blanc, VF/VOSTF) - Scénario  : Ruth Goetz et Augustus Goetz, d’après leur pièce, adaptée d’un roman de Henry James Avec  : Olivia de Havilland, Montgomery Clift, Ralph Richardson, Miriam Hopkins Production  : Paramount Pictures (R. du 03/08/2020) # lundi 13/12 à 20.55
LE PETIT BUREAU – ARTE Cycle Raúl Ruiz Trois vies et une seule mort Les vies démultipliées d’un homme, au gré de ses différentes personnalités. Jouant avec le spectateur, Raúl Ruiz offre à Marcello Mastroianni l’un de ses plus grands rôles face à la jeune génération  : sa fille Chiara et Melvil Poupaud. Parti acheter des cigarettes, un homme revient vingt ans plus tard pour reprendre sa vie, sans un mot d’explication. Un éminent professeur décide de devenir clochard et s’éprend d’une prostituée. Un couple de jeunes amants reçoit l’héritage d’un mystérieux donateur… Cauchemar ou comédie ? Ces destins se croisent et s’entremêlent au gré d’un homme qui connaîtra trois vies mais une seule mort. TRIPLE FUGUE Reprenant spécialement pour Marcello Mastroianni un projet inabouti, Raúl Ruiz choisit de lui faire incarner trois vies et une quatrième en forme de synthèse. Dans une structure filmique cubique, le cinéaste met la duplicité en scène. En plaçant Pierre Bellemare dans son propre rôle, il établit une mise en abyme où, dans l’histoire, un homme raconte celle d’un autre. Le tout se déploie comme un puzzle que le spectateur a la charge de reconstituer grâce à quelques clefs fournies par l’auteur pour entrer dans son imaginaire. Mais où s’arrête le vraisemblable ? Par le prisme de cette pathologie mentale qu’est la multipersonnalité, le film interroge la crédulité. Alors que tous les personnages s’inscrivent en parfaite cohérence dans le récit, chaque vie de l’étrange héros entre en écho avec celle qui la précède. Tour à tour innocent, pervers, touchant ou profondément cruel, l’homme, interprété par un Marcello Mastroianni au sommet, évolue et se transforme, se jouant ainsi de ses proches – femmes, fille, amis – sans jamais vraiment révéler les motivations qui l’animent. Film de Raúl Ruiz (France/Portugal, 1995, 2h03mn) Scénario  : Raúl Ruiz, Pascal Bonitzer - Avec  : Marcello Mastroianni, Marisa Paredes, Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni, Arielle Dombasle, Anna Galiena, Féodor Atkine, Pierre Bellemare - Coproduction  : La Sept Cinéma, Gemini Films, Madraoga Filmes @ jusqu’au 30/04/2022 À peine j’ouvre les yeux Une toute jeune et talentueuse chanteuse de rock perd ses illusions dans un Tunis sous tension. Sensuel et nerveux, le premier long métrage de Leyla Bouzid. Tunis, 2010. À 18 ans, Farah, bac en poche, croque la vie, pleine d’espoirs et de désirs. Si sa mère, infirmière, la destine à des études de médecine, elle est plus tentée par la psychologie, avec l’assentiment de son père ingénieur, relégué loin de la capitale pour avoir refusé de prendre sa carte du parti de Ben Ali. Mais en ce début d’été, Leyla a la tête ailleurs. Fraîchement choisie comme chanteuse d’un groupe de rock, elle découvre l’amour, la création et la transgression auprès de Borhène, oudiste et auteur-compositeur. Une euphorie troublée par le conflit avec sa mère et un climat politique délétère. BLUE MONDAY PROD. - PROPAGANDA PROD. - HÉLICOTRONC FORCES ANTAGONISTES Avec ce premier long métrage en état de grâce, Leyla Bouzid (Une histoire d’amour et de désir) imprimait déjà la marque de son cinéma, entre énergie brute et maîtrise virtuose de la caméra. À travers les passions et tourments de sa puissante héroïne (la solaire Baya Medhaffar), la réalisatrice brosse le portrait d’une génération dont les rêves de liberté se fracassent contre les murs policiers du régime agonisant de Ben Ali, en même temps qu’ils se perdent dans les errements d’une société déchirée par des forces antagonistes. Si Farah, qui trouve sa place dans un groupe de rock aux membres issus de la bourgeoisie, est grisée par le pouvoir de la création, le bohème Borhène, dont elle s’éprend, tente malgré tout de redéfinir le territoire de son émancipation. Dans ce cruel apprentissage des nuances, qui va la conduire brièvement en enfer, la jeune rebelle comprend aussi que sa mère, inquiète et répressive, cherche d’abord à la protéger de désillusions qu’elle-même a éprouvées. Emmenée par la superbe musique du groupe, entre rock alternatif et tradition, signée Khyam Allami, une plongée sensuelle et sans angélisme dans la Tunisie de l’avant-Révolution du jasmin, qui garde toute son acuité. Prix du public et Label Europa Cinéma du meilleur film européen, Venise 2015 Film de Leyla Bouzid (Tunisie/France/Belgique, 2015, 1h36mn) Scénario  : Leyla Bouzid, Marie-Sophie Chambon - Avec  : Baya Medhaffar, Ghalia Benali, Montassar Ayari, Lassaad Jamoussi, Aymen Omrani Production  : Blue Monday Productions, Propaganda Production, Hélicotronc # lundi 13/12 à 23.45 @ du 13/12/2021 au 19/12/2021 CINÉMA LE PROGRAMME DU 11 au 17 décembre 2021 ARTE MAG N°50 11



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