Arte Magazine n°2021-40 2 oct 2021
Arte Magazine n°2021-40 2 oct 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-40 de 2 oct 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : mytho, saison 2.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINÉMA PATRICE TERRAZ I Feel Good Un loser obsédé par la gagne (Jean Dujardin) cherche fortune dans la communauté Emmaüs gérée par sa sœur (Yolande Moreau). Une fable comme toujours sociale, rigolarde, absurde et poétique du tandem Kervern et Delépine. Près de Pau, Monique dirige une communauté Emmaüs où débarque son frère Jacques, qu’elle n’a pas vu depuis des années. Ce loser quadragénaire, qui n’a jamais travaillé de sa vie, n’a qu’une idée en tête  : devenir riche. Pour être hébergé, il promet de participer avec les autres «compagnons» aux activités de récup finançant les besoins de la communauté. En lieu de quoi, il crée son autoentreprise, baptisée I Feel Good, qui se propose de «rendre beaux les petites gens» en les expédiant dans une clinique bulgare ultra low cost de chirurgie esthétique. Un groupe de pionniers, dont Monique, se laisse convaincre de faire le voyage... FOLIE CORROSIVE Confrontant une fois encore, pour leur huitième long métrage, deux visions opposées du monde, entre 10 ARTE MAG N°40 LE PROGRAMME DU 2 au 8 octobre 2021 le rêve ultralibéral de Jacques et celui de l’abbé Pierre, Benoît Delépine et Gustave Kervern ont trouvé dans une véritable communauté Emmaüs l’écrin parfait de leurs facéties ciblées. Face à la faconde délirante de Jean Dujardin, qui arpente les lieux dans ses oripeaux successifs de winner de recyclage (un peignoir blanc, une fourrure mitée, un costume-cravate passé de mode…), Yolande Moreau, bonne âme à la santé mentale fragile sous ses dreadlocks blond platine, peut-elle faire le poids ? Avec ses protégés mis au rebut par le système, incarnés en partie par d’authentiques compagnons d’Emmaüs, elle se laisse envoûter, plus par amour pour son fêlé de frère que par adhésion à son absurde projet. Dès lors, tout est possible, et les duettistes de Louise-Michel achèvent de faire dérailler l’entreprise vers la folie douce, mais corrosive, qu’ils entretiennent film après film dans les ruines du grand soir. Entre poésie et humour noir, une fable à la morale feel good aussi simple qu’universelle  : revenons à l’humain, si bizarre soit-il. Film de Benoît Delépine et Gustave Kervern (France, 2017, 1h43mn) - Scénario  : Benoît Delépine, Gustave Kervern Avec  : Jean Dujardin, Yolande Moreau, Joseph Dahan, Jean-Benoît Ugeux - Production  : JD Prod, No Money Productions, Hugar Prod, avec la participation d’ARTE France Cinéma # mercredi 06/10 à 20.55 @ du 29/09/2021 au 12/10/2021
3B PRODUCTIONSR. ARPAJOU Cycle Bruno Dumont L’humanité Un crime atroce. Un policier «somnambulesque». Une ville au ralenti, figée dans la douleur. L’histoire d’un homme de peu, accablé par son amour des autres. Un film unique de Bruno Dumont, trois fois primé au Festival de Cannes 1999. Dans une ville des Flandres, une fillette de 11 ans a été violée et tuée. Pharaon de Winter, lieutenant de police local, est chargé de l’enquête. Vivant seul à Bailleul avec sa mère après avoir perdu sa femme et son bébé, c’est un homme humble, meurtri par le spectacle du monde qui l’entoure et qui prend sur lui le mal d’autrui. L’enquête, sordide, pousse Pharaon à soupçonner ses proches, mais à aucun moment son travail n’ébranle son humanité et sa capacité à compatir… TRAGÉDIE DE LA CHAIR Pharaon souffre devant l’évidence d’une culpabilité universelle  : la monstruosité de la nature humaine l’effraie et imprègne son corps. Il a envie de vomir, il pleure, il souffre, mais n’exprime jamais de jugement. Le spectateur vit par Pharaon, l’entend respirer et devient témoin de la résonance organique et sourde du policier avec les êtres vivants. Bruno Dumont filme des sites indifférenciés, des étendues immenses de terres retournées, des rues monotones construites en brique rouge, des intérieurs fades. Un décor qui se tait, indifférent au drame qui se déroule. Le beau n’existe pas, rien n’est pittoresque. Le cinéaste de La vie de Jésus sonde le naturel afin d’en extraire le mystère. Son film est un tableau réaliste qui ne cherche pas la ressemblance avec la vie, mais l’essence de l’humain. Grand prix du jury, prix d’interprétation féminine (Séverine Caneele, ex-æquo) et prix d’interprétation masculine (Emmanuel Schotté), Cannes 1999 Film de Bruno Dumont (France, 1999, 2h28mn) Scénario  : Bruno Dumont - Avec  : Emmanuel Schotté, Séverine Caneele, Philippe Tullier, Ghislain Ghesquière, Ginette Allègre - Coproduction  : ARTE France Cinéma, CRRAV ARTE France, 3B Productions - (R. du 31/10/2001) Cycle Bruno Dumont La vie de Jésus L’humanité Twentynine Palms Flandres Hadewijch @ du 01/09/2021 au 28/02/2022 P’tit Quinquin Coincoin et les Z’inhumains @ du 10/09/2021 au 09/09/2022 Court métrage Junior Le corps d’une ado connaît une métamorphose plus radicale que les affres de la puberté. Un court métrage de Julia Ducournau, primé à Cannes dix ans avant Titane. Couverte d’acné, le visage barré de grosses lunettes et le corps étouffant sous des fringues trop grandes et trop épaisses, Justine, dont le prénom disparaît derrière «Junior», son surnom, est mal dans sa peau. Moquée même par ses meilleurs amis, la collégienne se réfugie dans l’agressivité. Mais en privé, Justine/Junior vit d’autres métamorphoses, bien plus spectaculaires que la gastro sévère diagnostiquée par le médecin  : sa peau se crevasse et part en lambeaux, puis sécrète une substance visqueuse qui se répand autour d’elle. CORPS MUTANT Rock agressif, montage haché, images chocs et appétence pour le gore  : dès ses premiers courts métrages, Julia Ducournau affirme un style, ou mieux, une personnalité. La toute jeune diplômée de la Fémis se place d’emblée du côté de Kafka (La métamorphose), Cronenberg (eXistenZ, La mouche) ou Ridley Scott (Alien). Du corps soumis aux bouleversements de la puberté, elle fait un objet d’expérimentation, à la fois effrayant et fascinant, repoussant et plein de promesses. Avec ce court métrage sélectionné à la Semaine de la critique en 2011, Julia Ducournau offrait son premier rôle à Garance Marillier, que l’on retrouvera dans ses longs métrages Grave (2016), soutenu par ARTE, puis Titane, Palme d’or 2021, coproduit par la chaîne. Une belle entente, de plus en plus mature, pour une filmographie qui n’a pas fini de surprendre. Petit rail d’or, Cannes 2011 Court métrage de Julia Ducournau (France, 2011, 21mn) Avec  : Garance Marillier, Yacine N’Diaye, Aude Briant, Virgil Leclaire Production  : Kazak Productions KAZAK PRODUCTIONS @ dès le 08/10/2021 CINÉMA LE PROGRAMME DU 2 au 8 octobre 2021 ARTE MAG N°40 11



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