Arte Magazine n°2021-21 22 mai 2021
Arte Magazine n°2021-21 22 mai 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-21 de 22 mai 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : à l'abordage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°21. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 MAI 2021 8 Mercredi 26 mai à 20.55 Film Une affaire de famille M 1/6 Hirokazu Kore-eda L’art de l’enfance Suivi à 22.55 du documentaire Il était une fois... « Une affaire de famille » 19/5 24/7 Lire pages 20-21 Une affaire de famille Héros et alter ego Shota, le garçon d’une dizaine d’années au centre d’Une affaire de famille, vit avec sa tribu disparate, mais affectueuse, dans une bicoque exiguë. S’étant aménagé une chambre dans le bas d’un placard, il peut, à la lueur d’une lampe frontale, donner libre cours à sa soif de lectures et de jeux. Depuis son repaire, Shota observe, réfléchit et développe un sens moral qui l’amène à remettre en question le modèle proposé par ce père d’adoption qui lui apprend à voler. Dans le documentaire d’Emmanuel Hamon consacré au tournage du film, le cinéaste confie que cet épisode est tiré de sa propre enfance, vécue à six dans un deux-pièces. Comme son personnage, Kore-eda a vu la figure paternelle voler en éclats lorsqu’il a découvert que son père, qu’il croyait laborantin, n’était qu’un modeste manutentionnaire dévorant les pronostics des courses hippiques. Agents révélateurs La place laissée aux enfants, dans la famille comme dans la société japonaise, hante la filmographie de Hirokazu Kore-eda, riche de quatorze longs métrages. De I Wish – Nos vœux secrets à Tel père, tel fils en passant par Notre petite sœur, ses jeunes héros trouvent souvent dans leur fratrie la force de faire face à des adultes démissionnaires, déficients ou simplement dépassés. Né en 1962 dans une famille marquée par le déclassement social, Kore-eda ne sombre jamais dans le misérabilisme, mais pointe dans Une affaire de famille les failles d’un Japon ultralibéral qui ne protège pas les plus fragiles  : la petite Yuri, victime de maltraitance, en constitue un exemple déchirant. La société ne les « voit pas », un phénomène qui atteint son paroxysme dans Nobody Knows, où quatre enfants sont livrés à eux-mêmes par une mère irresponsable, sans que personne ne s’aperçoive de cet abandon. Avec Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes, le cinéaste japonais démontrait une fois encore sa sensibilité à l’enfance et son habileté à la capter. La preuve par trois, en marge d’une soirée composée du film et d’une plongée dans les coulisses de sa fabrication. À hauteur d’enfant Issu du documentaire et s’inscrivant dans les pas de son prédécesseur Hiroshi Shimizu, réputé pour filmer les enfants comme personne, Kore-eda adapte ses méthodes de tournage aux jeunes comédiens  : il ne leur donne pas le scénario à l’avance, mais privilégie la spontanéité de leurs échanges. Le réalisateur passe d’abord du temps avec les enfants, joue avec eux, et intègre leurs expressions à un script en perpétuel chantier. Il s’abstient de leur imposer une pression quelconque en effaçant la frontière entre la vie réelle et le début d’une prise de vue. Le naturel et la force de ses petits interprètes, de Kairi Jyo (Shota) à Yûya Yagira, le plus jeune récipiendaire, à 14 ans, du prix d’interprétation à Cannes pour Nobody Knows, en sont la merveilleuse concrétisation. Marie Gérard 2018 FUJI TELEVISION NETWORKGAGA CORPORATIONAOI PRO. INC. ALL RIGHTS RESERVED
Pendant trois ans, Marine Vlahovic a enregistré son quotidien de correspondante à Ramallah, en Cisjordanie. Une série nerveuse en cinq podcasts qui dévoilent les dessous de la fabrique de l’information. L’envers du micro Carnets de correspondante En ligne le 17 juin sur arteradio.com et les plates-formes de podcast « Mais comment je faisais avant ? », s’interroge Marine Vlahovic, désormais basée à Marseille. Avant, la jeune femme était journaliste à Ramallah, dans les Territoires palestiniens, pour des médias hexagonaux et francophones, principalement des radios publiques. De 2016 à 2019, elle a laissé tourner son enregistreur au gré de ses reportages entre la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, « sans véritable intention de [s]’en servir », avant de prendre la décision, à son retour, de « tout dévoiler ». Imaginée comme une bande dessinée sonore, cette série documentaire, produite par ARTE Radio et coréalisée avec Arnaud Forest, propose une immersion brute dans le quotidien des « petites mains de l’information » en poste à l’étranger. « Les journalistes ne racontent jamais l’envers du décor. C’est plus valorisant de faire croire qu’on couvre vingtquatre heures sur vingt-quatre un terrain dangereux en gilet pare-balles », estime Marine Vlahovic. Entre anecdotes quotidiennes et éclairages didactiques sur le conflit israélo-palestinien, les cinq épisodes d’environ vingt minutes dépeignent les nuits à carburer au café, les échanges parfois musclés avec les rédactions, les ruses administratives, les attentes interminables aux checkpoints, ou encore les directs assurés en pyjama, faute de temps. SANS RÉPIT Sur un rythme alerte et un ton intime, ce carnet de bord témoigne des dessous d’une profession parfois à haut risque. « Je voulais raconter mon expérience de journaliste ‘hard news’et les aléas du métier qui m’ont fait souffrir », explique Marine Vlahovic. En cause, notamment  : la précarité du statut de correspondant pigiste, la cadence infernale du tout-info ou encore la surveillance de son travail par des organisations militantes. Si elle échappe de justesse à la mort, frôlée par le tir d’un sniper israélien durant un reportage sur les manifestations de la « marche du retour », à la frontière entre Gaza et l’État hébreu, « Marine la machine », comme on la surnomme, tient le coup par amour pour le terrain, avant de craquer fin 2019. « Ce podcast, c’est ma thérapie professionnelle », confie-t-elle. Entre rires et colères, raids israéliens et musique arabe, les séquences défilent à vive allure, à l’image de sa vie dédiée à l’actualité, où les fêtes au pied des bases militaires et les histoires sans lendemain infusées à l’arak, le pastis local, servent d’exutoires. Une plongée électrique dans les rouages de la machine médiatique. Clara Le Quellec ARTE MAG N°21. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 MAI 2021 9



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