Arte Magazine n°2021-21 22 mai 2021
Arte Magazine n°2021-21 22 mai 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-21 de 22 mai 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : à l'abordage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°21. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 MAI 2021 6 Roulez jeunesses Vendredi 28 mai à 20.55 Téléfilm À l’abordage Lire page 24 21/5 26/6 Guillaume Brac Matière à fiction « Trois ans après Contes de juillet, né d’un atelier au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, mais qui n’avait au départ pas vocation à devenir un long métrage, la directrice, Claire Lasne Darcueil, m’a proposé d’écrire à nouveau pour des étudiants, avec plus de temps et de moyens, donc aussi plus d’ambition. Cette promotion, dans son esprit et sa composition, reflétait la volonté du Conservatoire de s’ouvrir et de représenter la société de manière plus juste. Je me suis alors dit que le film raconterait comment la, ou plutôt les jeunesses françaises, en viennent à cohabiter et à se découvrir ; et qu’il se nourrirait des parcours, des personnalités de chacun, la fiction prenant ses racines dans une matière documentaire. J’ai rencontré longuement chacun des trente comédiens de la promotion, puis j’ai organisé un atelier de trois semaines avec certains d’entre eux. Avec Catherine Paillé, nous avons ensuite écrit un synopsis que je leur ai soumis. » Guillaume Brac (Tonnerre, L’île au trésor) signe À l’abordage, une fiction drôle et émouvante tournée avec des élèves comédiens du Conservatoire de Paris, dans laquelle « les jeunesses françaises » se rencontrent le temps d’un été. Propos choisis. Des acteurs, point « J’ai fait en fin de compte quelque chose d’assez simple  : introduire des personnages noirs dans ce cinéma français du sentiment, héritier, pour faire court, de la Nouvelle Vague, et encore aujourd’hui presque exclusivement blanc. La première fois qu’on s’est rencontrés, Éric Nantchouang m’a dit que son texte préféré était Les souffrances du jeune Werther. Qu’il adorerait le jouer un jour sur une scène de théâtre. Mais qu’au cinéma il savait très bien qu’on ne lui proposerait que des rôles de dealer, de livreur ou de vigile. Très vite, j’ai eu envie de lui écrire un rôle d’amoureux transi. Avec Salif Cissé, ils étaient très vigilants sur l’élaboration de leurs personnages  : qu’ils soient noirs ne devait pas être une question, ils étaient des acteurs, point. Je répondais que dans un monde idéal ils avaient raison, mais que dans la société telle qu’elle est, ce serait une faute d’éluder complètement la question raciale et sociale. » Sous la surface « Là où je rejoignais Éric et Salif, en revanche, c’est que ça ne devait surtout pas être le sujet du film. On a beaucoup travaillé ensemble pour arriver à cet équilibre fragile  : que ce soit un sujet sans être un sujet, que ce soit là mais sous la surface du récit. La France me passionne. Elle est pour moi un terrain de jeu et d’exploration infini. Mais je n’ai pour autant jamais eu le désir de faire un film ouvertement, frontalement politique. J’en viens parfois à me demander si une fiction n’est pas d’autant plus politique qu’elle ne s’affiche pas comme telle. Le cinéma que j’ai toujours aimé et voulu faire avance masqué. Léger en apparence, mais grave et douloureux dès que l’on creuse un peu, et sans doute d’autant plus émouvant que l’on est cueilli sans y être préparé. » Propos recueillis par Florence Maillard 2020 - GEKO FILMS - ARTE FRANCE
POOL BENAINOUS/SANCHEZ/GAMMA-RAPHO/GETTY IMAGES La diffusion de De rouille et d’os, suivie d’un portrait inédit de Jacques Audiard, offre l’occasion de revisiter une flamboyante filmographie, traversée par un motif fort  : la quête douloureuse d’un rapport apaisé avec le monde. Dimanche 23 mai à 20.55 Film De rouille et d’os ffl 29/5 Suivi à 22.55 du documentaire Jacques Audiard Le cinéma à cœur 16/5 M 21/7 Lire pages 14-15 Jacques Audiard Cure d’altérité Dans Jacques Audiard – Le cinéma à cœur, Pierre- Henri Gibert brosse le portrait d’une personnalité à part, méconnue en dépit de sa notoriété. Celle d’un homme qui ne se livre pas facilement, au regard souvent dissimulé derrière ses lunettes aux verres fumés. Chez cet ultrasensible, la timidité s’accompagne pourtant d’audace, et la mélancolie n’exclut pas l’appétence pour le succès. Dépeint comme un être peu doué pour les relations sociales, Jacques Audiard évoque, au cours de ce documentaire, le cinéma comme « un des seuls rapports [qu’il ait] vraiment avec le monde ». S’il partage cette quête avec d’autres artistes, il est frappant de constater que la plupart de ses films racontent la même histoire  : l’apprentissage par un personnage désaxé d’une relation plus équilibrée avec ce qui l’entoure. Du voyou simple d’esprit de Regarde les hommes tomber à l’agent immobilier véreux de De battre mon cœur s’est arrêté, de l’héroïne sourde et complexée de Sur mes lèvres au concierge déraciné de Dheepan, de l’affabulateur d’Un héros très discret au petit délinquant d’Un prophète, ses personnages se retrouvent face à la nécessité de s’extirper de leur condition, poussés par l’espoir, conscient ou non, de rétablir un lien rompu avec la réalité. CONTES INITIATIQUES Pour le cinéaste et ses scénaristes, ce conflit constitue le moteur de la fiction ; pour leurs héros, c’est l’occasion d’une transformation. Dans De rouille et d’os, Ali (Matthias Schoenaerts), marginal qui s’abîme dans des combats de boxe amateurs et des magouilles, est sauvé par sa relation avec Stéphanie (Marion Cotillard). De manière poétique et paradoxale, cette jeune femme qui a perdu ses jambes le relie au monde, jusqu’à la renaissance. Cette reprise de contact avec le réel, qui passe par l’apprentissage des sentiments, habite le cinéma d’Audiard. Film après film, la sophistication des premières œuvres a fait place à des contes initiatiques plus incarnés. Comme si, chemin faisant, le réalisateur lui-même avait lutté pour rendre son approche du cinéma moins cérébrale, en y intégrant l’environnement social et en posant un regard plus direct sur ses comédiens. Son prochain film, Les Olympiades, croisement d’histoires sentimentales écrit avec Céline Sciamma et Léa Mysius, promet d’ouvrir un nouveau chapitre dans cette quête constante d’altérité et de renouvellement. Jonathan Lennuyeux-Comnène 7ARTE MAG N°21. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 MAI 2021



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