Arte Magazine n°2021-19 7 mai 2021
Arte Magazine n°2021-19 7 mai 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-19 de 7 mai 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Charlotte Bienaimé, un podcast à soi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 MAI 2021 6 « Un renversement dans l’histoire du monde » À l’été 1813, un tête-à-tête entre Napoléon et l’Autrichien Metternich, revisité avec tension par un docu-fiction, va précipiter la chute de l’empereur français. Éclairage de l’historien Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon. Thierry Lentz Dans quel contexte se déroule cette rencontre entre Napoléon et Metternich ? Thierry Lentz  : Quelques mois après la déroute en Russie, Napoléon est parvenu à remporter plusieurs victoires sur les Russes et les Prussiens avant d’accepter une trêve. Nous sommes à l’été 1813. Il doit alors vérifier la solidité de son alliance avec l’Autriche. Si celle-ci devait rejoindre le camp des coalisés, le rapport de force s’en trouverait fortement déséquilibré. L’empereur accepte donc de recevoir à Dresde le ministre des Affaires étrangères autrichien, Clément de Metternich, dont il doute de la fidélité. Napoléon a-t-il raison de douter de sa loyauté ? Oui, car en réalité Metternich a déjà décidé de changer de camp. Cette conversation est plutôt celle de la dernière heure  : le diplomate autrichien laisse une chance à Napoléon en lui demandant de renoncer à ses conquêtes, de faire rentrer la France derrière le Rhin. Mais ce dernier n’a pas l’intention de plier. Il ne se rend pas bien compte des conséquences militaires d’un revirement autrichien et pense qu’il continuera à gagner des batailles, ce qui apparaît comme peu réaliste. Napoléon refuse donc toute concession et menace même Metternich de punir l’Autriche. On découvre deux personnalités opposées  : le militaire rude et le diplomate soyeux… Et le jeu des acteurs mérite d’être salué ! On a un Metternich presque en position de force mais qui ne le montre jamais, gardant toujours le respect qu’il doit à son interlocuteur, face à un Napoléon beaucoup plus direct, tel un militaire habitué à être obéi, pensant à tort que le rapport de force lui est favorable. Metternich joue cette affaire magnifiquement, et l’Autriche rejoindra les coalisés. Ce qui est remarquable, c’est qu’il ne s’agit pas Samedi 8 mai à 20.50 Documentaire Napoléon-Metternich  : le commencement de la fin Lire page 11 1/5 2/5/2022 d’une grande négociation avec son lot de diplomates. Tout se joue dans un tête-à-tête, une conversation entre deux hommes qui par ailleurs se connaissent très bien  : Metternich a été ambassadeur à Paris et fut présent lors du mariage de Napoléon avec la fille de l’empereur autrichien, Marie-Louise. Un biographe de Metternich parle de cette rencontre comme « un moment de l’histoire du monde ». Pourquoi ? Il s’agit d’un moment crucial qui va précipiter la chute de Napoléon, dont l’armée sera noyée par le nombre dès l’automne 1813, notamment à Leipzig, face à des soldats autrichiens remplis d’esprit de revanche contre la France. L’année suivante, Napoléon se voit contraint d’abdiquer. Cette rencontre marque donc une sorte de renversement dans l’histoire du monde. On revient par ailleurs à la diplomatie classique, presque « savante », après treize ans de prépondérance française dans laquelle les Français discutaient peu. Comment Napoléon est-il perçu par les monarques européens à cette époque ? Sur le plan militaire, malgré la déroute de la campagne de Russie, il reste très craint. L’armée française, qui a gagné deux grandes batailles au printemps, continue de faire peur. Il est ensuite toujours considéré comme un souverain légitime. On lui reconnaît son statut d’empereur. De plus, il est le gendre d’un autre empereur, celui d’Autriche. Si on le voit dans le film se comporter comme un chef de guerre avec Metternich, Napoléon sait moduler son jeu et incarner sur son trône la majesté impériale. D’ailleurs, même après sa défaite de 1814, il ne sera pas maltraité, tant s’en faut. Propos recueillis par Raphaël Badache MARTIN CHRIST
DR Dans Un podcast à soi, la documentariste et autrice Charlotte Bienaimé explore les questions liées au genre et au féminisme. Le 19 mai, son rendez-vous mensuel, l’un des meilleurs succès d’audience d’ARTE Radio, fait son retour. La société au prisme du genre Un podcast à soi revient après neuf mois de pause. Quelles nouveautés préparez-vous ? Charlotte Bienaimé  : Le podcast continuera d’articuler des témoignages de femmes de différents milieux sociaux et de tous horizons, des paroles de chercheuses, des textes poétiques et littéraires, ainsi que mon point de vue d’autrice. Mais je déclinerai désormais les thématiques sur plusieurs épisodes. Les prochains, qui formeront une série, questionneront le rapport entre les femmes et la prison, qu’elles soient incarcérées elles-mêmes, proches d’un détenu, ou qu’elles s’interrogent sur la réponse pénale aux violences dont elles ont été victimes. Plus largement, ce sujet nous permettra d’examiner le système carcéral sous le prisme du genre, de la classe sociale et de la race, et de mettre en lumière la violence comme outil politique du féminisme. Cela donnera aussi la possibilité d’explorer les différentes formes de violences – masculines, économiques et sociales – dont les prisonnières ont quasiment toutes été victimes, tout au long de leur vie. Tout le monde n’adhère pas à la cause féministe, quel est votre public et comment l’élargissez-vous ? Je sens, dans les retours qui me parviennent, que l’on a dépassé la sphère féministe ou celle des fidèles d’ARTE Radio. Je reçois énormément de messages de femmes qui me disent que le podcast a changé leur vie, alors qu’elles n’étaient pas spécifiquement intéressées par les questions féministes au départ. Je pense qu’elles se reconnaissent dans les témoignages, et peuvent politiser ce à quoi elles sont confrontées au quotidien. L’intime rejoint le politique, et mène donc au féminisme. Je prépare aussi un livre, coédité par ARTE Éditions, qui prolongera Un podcast à soi en proposant textes et témoignages. Que vous apporte votre collaboration avec ARTE Radio ? La spécificité d’ARTE Radio est de prendre le temps d’enregistrer le monde, l’extérieur, la vie, sans se cantonner à des interviews de studio. Pour Un podcast à soi, toute l’équipe m’accompagne, et la confiance et la liberté qu’elle me donne me permettent d’exercer mon regard d’autrice. Le son est un outil formidable pour le féminisme, lié à la dimension intime de l’écoute. À l’image des casques vissés sur nos oreilles, les voix entrent dans notre corps et nous interrogent charnellement. Le son permet en outre un montage très précis de la parole. Or si l’on veut que la société change, il faut poser les mots et casser les silences. Propos recueillis par Élise Pontoizeau Un podcast féministe de référence Parmi les rendez-vous réguliers d’ARTE Radio, il est celui qui rencontre le plus grand succès avec plus de 200 000 écoutes par épisode. Depuis octobre 2017, juste avant que ne déferle la vague #MeToo, cette émission de référence parmi les podcasts féministes entrelace pendant près d’une heure témoignages intimes, paroles d’expertes et lectures d’extraits. Dans Un podcast à soi, référence à Une chambre à soi, le précieux pamphlet de Virginia Woolf, Charlotte Bienaimé passe au tamis du genre de multiples sujets  : sexisme chez les cadres, grossophobie, horloge biologique, sexualité féminine, handicap... Un tour d’horizon passionnant des questions que soulèvent le féminisme au pluriel et le bouleversement des rapports homme-femme. Un podcast à soi En ligne le premier mercredi du mois dès le 19 mai sur arteradio.com et les plates-formes de podcast 7ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 MAI 2021



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