Arte Magazine n°2021-16 17 avr 2021
Arte Magazine n°2021-16 17 avr 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-16 de 17 avr 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : objectif Terre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°16. LE PROGRAMME DU 17 AU 23 AVRIL2021 8 Chasse au trésor Mardi 20 avril à 22.25 Documentaire Où sont les milliards de Kadhafi ? Lire page 19 19/4 ffl 18/7 Misha Wessel Quel a été le point de départ de votre film ? Misha Wessel  : Avant d’être capturé et tué en 2011, le colonel Kadhafi avait eu le temps de dissimuler à l’étranger une partie de sa colossale fortune, estimée à 150 milliards de dollars. Thomas Blom a entendu parler en Libye de ces milliards disparus. Nous avons donc commencé à enquêter et la piste nous a conduits en Afrique du Sud. En faisant équipe avec un journaliste d’investigation sur place, nous avons appris que Nelson Mandela et Mouammar Kadhafi étaient des amis proches, le dictateur libyen ayant contribué au financement de la campagne électorale de « Madiba », le président postapartheid. Un témoin oculaire, George Darmanovic, a alors fait surface. Cet espion sud-africain proche de Jacob Zuma affirmait avoir assisté à l’arrivée de 12,5 milliards de dollars en espèces, juste avant que la vague du « printemps arabe » n’atteigne la Libye. Thomas s’est rendu à Belgrade et l’a rencontré. Comment s’est déroulée cette enquête à rebondissements ? Six semaines après cette rencontre, George Darmanovic a été abattu et un autre de nos interlocuteurs a fui l’Afrique du Sud après une agression. Nous avons dû sans cesse nous adapter. C’était une histoire difficile à raconter, à cause de tous ces rebondissements inattendus, mais aussi très excitante, car nous possédions tous les ingrédients d’un roman d’espionnage  : un dictateur, des milliards, une guerre civile, des politiciens corrompus, des agents secrets, des trafiquants d’armes, etc. Nous avons suivi deux équipes de « chasseurs de trésor ». Au fil d’une investigation opiniâtre, les journalistes néerlandais Misha Wessel et Thomas Blom remontent la piste des milliards cachés par l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Entretien avec la coréalisatrice de cet incroyable thriller. Chacune d’elles rêve d’empocher la récompense, fixée par le gouvernement libyen à 10% du montant du butin retrouvé. Le film offre une extraordinaire galerie de portraits... Absolument. Johan Erasmus, par exemple, un trafiquant d’armes en Afrique du Sud, m’a immédiatement exhibé son arsenal. Autant lui se révèle fou et flamboyant, autant son comparse, Erik Goaied, un homme d’affaires tunisien proche de l’ancien régime libyen, veut toujours faire bonne figure alors qu’il manigance des coups bas. L’équipe rivale se compose notamment de Tito Maleka, compagnon de prison de Mandela à Robben Island, nommé chef de la sécurité du Congrès national africain (ANC). C’est la première fois qu’il témoigne à visage découvert. Pourquoi ont-ils accepté de vous parler ? Ils tentent de convaincre le monde qu’ils agissent en vertu de la justice, pour rendre cette fortune aux Libyens, mais en réalité, ils ne sont là que pour l’argent. Nous avons été surpris de constater à quel point ils étaient liés aux plus hautes sphères du pouvoir. Où sont les milliards de Kadhafi aujourd’hui ? Les billets ont pu être dispersés. Mais tous les chemins mènent à Jacob Zuma, l’ancien président de la République, accusé de corruption. Il est l’un des rares protagonistes à avoir refusé de nous répondre. Propos recueillis par Laure Naimski HO-GCIS/AP/SIPA
DR Alice Guy Une histoire du cinéma au féminin PMI ÉMISITIM.0 14 Un ouvrage coédité par ARTE Éditions et Gründ, disponible en librairies. Une sélection des films cités dans l’ouvrage est disponible en VOD sur ARTE Boutique. Vous avez déjà consacré deux livres aux femmes et au cinéma. Pourquoi ce troisième ouvrage ? Véronique Le Bris  : Cette anthologie de films réalisés par des femmes se focalise spécifiquement sur leur travail, l’idée étant de montrer que si les réalisatrices occupent une part plus faible que les hommes dans le cinéma, elles ont beaucoup contribué à enrichir l’histoire du septième art. Les dictionnaires ne leur attribuent pas la place qu’elles méritent, et contrairement aux actrices qui, elles, sont connues, les réalisatrices sont peu mises en avant. Ce livre permet de les sortir de l’anonymat mais aussi de pointer des injustices toujours d’actualité. Les femmes se heurtent à des obstacles pour faire carrière  : elles réalisent deux films en six ans quand les hommes réussissent Avec 100 grands films de réalisatrices, la journaliste Véronique Le Bris entend rendre justice à des femmes cinéastes souvent méconnues et parfois oubliées. Un guide préfacé par l’actrice et productrice Julie Gayet. à en tourner trois, et sont payées jusqu’à 43% de moins qu’eux, avec des budgets amputés d’un tiers. Comment avez-vous sélectionné ces cent films ? Ils devaient répondre à plusieurs critères  : couvrir toute l’histoire du cinéma, représenter tous les genres et traverser tous les continents, avec 30% de films français. Il fallait en outre que les œuvres soient facilement accessibles. J’aurais souhaité, par exemple, garder Les années de plomb, film fondamental de Margarethe von Trotta sur des femmes terroristes, mais j’ai finalement choisi son biopic sur Hannah Arendt qui, lui, était disponible. Et bien sûr, il y a les incontournables  : Agnès Varda, Chantal Akerman, Céline Sciamma... Sans oublier Alice Guy, la pionnière... Elle a tourné la première fiction de l’histoire ! Aussi ai-je décidé de présenter deux de ses films, contre un seul pour les autres réalisatrices. Il me semblait judicieux de montrer l’évolution de son œuvre, de sa carrière en France, avec La fée aux choux (1896), à son travail aux États-Unis, où elle était aussi productrice, avec, vingt ans plus tard, son moyen métrage The Ocean Waif. Propos recueillis par Guillemette Hervé Julie Gayet « C’est incroyable qu’il ait fallu tant de temps pour qu’un livre rende enfin hommage à ces grandes réalisatrices. Qu’on ait pu oublier si longtemps Alice Guy me paraît complètement fou ! Parce que les réalisatrices étaient dans le faire et pas forcément dans le faire savoir, elles ont été invisibilisées. J’ai eu la chance de connaître Agnès Varda, à l’avant-garde de ce combat féministe. Elle se battait pour faire ses films, consciente d’avoir ouvert des portes, mais invitait les femmes à se fédérer pour que les choses bougent. J’espère que nous serons cette génération-là. » ARTE MAG N°16. LE PROGRAMME DU 17 AU 23 AVRIL2021 9



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