Arte Magazine n°2021-13 27 mar 2021
Arte Magazine n°2021-13 27 mar 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-13 de 27 mar 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Takeshi Kitano.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 27 MARS AU 2 AVRIL 2021 8 Dimanche 28 mars à 0.00 21/3 26/4 Documentaire Le catalogue Goering Lire page 15 Simon Goodman a publié en 2015, aux éditions Scribner, The Orpheus Clock  : The Search for my Family’s Art Treasures Stolen by the Nazis. Qui étaient vos grands-parents et dans quelles conditions leur collection a-t-elle été pillée ? Simon Goodman  : Mon grand-père était un banquier juif hollandais d’origine allemande. Il possédait une collection réputée d’objets d’art et de toiles de peintres italiens et allemands de la Renaissance, d’artistes hollandais du Siècle d’or. En 1943, mes grands-parents espéraient un visa pour l’Italie en échange de certaines de ces œuvres. Mais ils furent déportés au camp de Theresienstadt. Mon grand-père y fut torturé et assassiné car il refusait de céder la totalité de sa collection. Ma grand-mère fut transférée à Auschwitz où elle fut également tuée. Leur collection entière fut pillée. Qu’est-ce qui vous a donné envie de partir à sa recherche ? Après la mort de mon père, en 1994, mon frère et moi avons découvert qu’il avait passé une grande partie de sa vie à enquêter sur cette collection. J’ai étudié les catalogues et les documents qu’il avait réunis, ainsi que les lettres que Rose Valland, conservatrice au musée du Jeu de Paume pendant l’Occupation, en charge des œuvres spoliées après la guerre, lui avait envoyées pour l’aider. J’ai alors compris que la majorité de la collection n’avait jamais été retrouvée. Je devais à mon père de poursuivre ses recherches. En 1995, j’ai identifié un tableau d’Edgar Degas appartenant à mon Dans Le catalogue Goering, Laurence Thiriat décrypte l’entreprise de spoliation des collections d’art par les nazis et donne la parole aux descendants des victimes. Parmi eux, Simon Goodman, en quête d’un trésor de famille disparu. Chasseur d’œuvres d’art grand-père dans une collection privée. J’ai alors intenté le premier procès jamais tenu aux États-Unis sur les œuvres spoliées par les nazis. Ma famille a obtenu un compromis avec le collectionneur, selon lequel on partagerait la valeur du tableau, qui ensuite a été acquis par l’Institut d’art de Chicago. En quoi l’exhumation, en 2015, dans les Archives diplomatiques françaises d’un catalogue constitué par HermannGoering vous a-t-elle aidé ? Je continue à traquer des indices dans ce document. Mais, dans l’ensemble, il contient la preuve que Hitler a dérobé à ma famille les peintures, et Goering les objets d’art en or et en argent. Il demeure néanmoins difficile de savoir combien de pièces ont été volées. Quel bilan tirez-vous de vos recherches ? La résistance à la restitution continue à ce jour. Même si je suis parvenu à reconstituer les deux tiers de la collection, la liste des tableaux et objets manquants ne cesse de s’accroître. L’année dernière, j’ai retrouvé un portrait signé Lucas Cranach l’Ancien, et, comme à chaque découverte, j’ai eu la sensation de me reconnecter à une famille que je n’ai pas connue. J’ai aussi le sentiment que justice est rendue. Derniers « prisonniers de guerre », ces œuvres doivent être libérées. Propos recueillis par Laure Naimski FLAIR PRODUCTION
BILL HAYES Chercheur autant qu’écrivain, l’auteur de L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau a puisé dans ses propres abîmes un don hors norme d’empathie pour ses patients. Peu avant sa mort, en 2015, Oliver Sacks livrait au documentariste Ric Burns un témoignage testamentaire. Extraits. Samedi 27 mars à 22.40 Documentaire Oliver Sacks Biographie d’un médecin et conteur Lire page 11 24/3 24/6 I Oliver Sacks par lui-même Ordre et désordre « J’ai grandi dans une famille juive orthodoxe typique de la classe moyenne londonienne. Dès ma plus tendre enfance, il était entendu que je deviendrais docteur. À 15 ans, mon frère Michael a été diagnostiqué schizophrène. C’est à cette époque que j’ai installé mon laboratoire dans la maison et que j’ai fermé les portes, fermé mes oreilles face à la folie de Michael. Je ressentais une ardente compassion à son égard mais je devais aussi conserver une distance, créer mon propre monde de science pour ne pas être aspiré par le chaos et la séduction qui constituaient le sien. » Paradis artificiels « Ce n’était ni facile ni sûr d’être homosexuel dans la Londres des années 1950. [...] J’en voulais à ma mère, à la religion, à l’Angleterre, j’en voulais à cette foutue société homophobe, même si je partageais en partie cette haine, en la dirigeant avant tout contre moi-même. [Oliver Sacks part alors étudier en Californie, et y trouve une liberté nouvelle, mais devient toxicomane en même temps que neurologue, NDLR]. Face à l’appel des amphétamines, je n’arrivais pas à dormir, j’oubliais de manger. Je pensais peu à l’effet que ça avait sur mon corps et mon cerveau, je savais et j’ignorais en même temps que je jouais avec la mort. Alors, au début de l’année 1966, j’ai cherché un psychanalyste. » Best-seller « J’ai passé l’essentiel de ma vie à tenter d’imaginer ce que ça faisait d’être un autre être sensible, une chauve-souris, une pieuvre ou bien un autre être humain. [...] En 1983, un collègue m’a proposé de coanimer un séminaire consacré à l’agnosie, c’est-à-dire l’incapacité à reconnaître quoi que ce soit, y compris les visages. J’ai pensé à l’un de mes patients, un professeur de musique devenu incapable de reconnaître quiconque. Il pouvait tapoter la tête de bouches d’incendie ou d’horodateurs en croyant qu’il s’agissait d’enfants et a même pris la tête de sa femme pour un chapeau. J’ai rédigé son histoire mais il ne m’a pas effleuré l’esprit que cela pourrait devenir le titre d’un recueil de contes cliniques. » Gratitude « Désormais, me voici en tête à tête avec la mort. Je ne peux pas dire que je n’ai pas peur, mais le sentiment qui l’emporte est la gratitude. J’ai aimé et j’ai été aimé, j’ai beaucoup reçu et donné en retour, j’ai lu, voyagé, pensé et écrit. J’ai entretenu une relation avec le monde, la relation qui unit écrivain et lecteur, et surtout, j’ai été un être sensible, un animal pensant sur cette belle planète. Cela en soi est un immense privilège et une grande aventure. » ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 27 MARS AU 2 AVRIL 2021 9 _



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