Arte Magazine n°2021-11 13 mar 2021
Arte Magazine n°2021-11 13 mar 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-11 de 13 mar 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : soigner à tout prix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°11. LE PROGRAMME DU 13 AU 19 MARS 2021 6 Mercredi 17 mars à 22.35 Documentaire Soigner à tout prix Lire page 21 M 13/6 Le film est déjà en ligne sur arte.tv Ilan Klipper Pour son documentaire Soigner à tout prix, Ilan Klipper s’est immergé dans le service de réanimation de l’hôpital Bichat lors du premier confinement. Une incursion bouleversante dans un monde parallèle. Entretien. Voyage au purgatoire Votre film débute par une séquence dure, où l’on passe plusieurs minutes avec un homme intubé. Pourquoi ce choix ? Ilan Klipper  : D’entrée de jeu, il s’agit de montrer ce qui se passe lorsqu’on est frappé par le Covid-19 et que ça tourne mal. Le film s’intéresse à des cas sévères, en réanimation, à des patients pour la plupart âgés de 55 à 65 ans. L’objectif est de dévoiler au spectateur la réalité d’une crise sanitaire que la litanie de chiffres parfois arbitraires et les interviews chocs ne permettent pas d’appréhender. Au fil de séquences diverses, comme un puzzle à assembler, on raconte la vie quotidienne d’un service de réanimation, sans dicter ce qu’il faut en penser, sans être manichéen ni anxiogène. Honnêtement, c’est un autre monde. Lorsqu’on arrive dans le couloir, on n’ose pas regarder autour de soi  : il y a des gens branchés partout, des bruits de machines, une agitation constante… On sent qu’on frôle la mort, comme si on se trouvait au purgatoire  : le dernier endroit où les médecins tentent quelque chose, avant la fin. Les soignants vous semblaient-ils eux-mêmes en détresse ? Non, pas vraiment. Je n’ai commencé à tourner qu’au deuxième mois du premier confinement, et durant vingt-six jours, mais dans ce service, ils ne semblaient ni paniqués ni submergés par l’angoisse. Ce qui m’a surtout impressionné, c’est leur rythme  : ils courent tout le temps ! Leurs journées sont complètement dingues, très intenses. Ils passent sans cesse d’un patient à un autre, ont à peine le temps de manger. Le moindre geste, comme retourner quelqu’un sur le ventre, prend un temps fou et mobilise quatre infirmiers, des aides-soignants… Lors d’une autre séquence, on découvre l’équipe médicale en train de débattre de la poursuite des soins d’un patient intubé… C’est ce qu’ils appellent les réunions éthiques. Lorsqu’un patient arrive à un stade critique, son bilan est analysé par le service – infirmières, aides-soignants, médecins, médecin-chef – et chacun donne son avis sur la manière de poursuivre les soins ou, dans les cas extrêmes, de les arrêter. Il s’agit d’un aspect passionnant du métier, car on découvre que les paramètres médicaux ne sont plus seulement objectifs. Les soignants débattent, s’opposent. Mais l’absence de consensus profitera toujours au malade. Propos recueillis par Raphaël Badache AGAT FILMS && CIE
MOHAMAD ESLAMI RAD/GAMMA-RAPHO/GETTY IMAGES Depuis plus de quarante ans, l’Iran, Israël et les États-Unis s’affrontent à distance dans une guerre larvée. Spécialiste du Moyen- Orient, le réalisateur Vincent de Cointet en raconte l’histoire, commentée par chaque camp. Mardi 16 mars à 20.50 Documentaire Israël-Iran, la longue guerre (1 & 2) Lire page 18 9/3 14/5 Vincent de Cointet Iran, la fuite en avant C’est le troisième documentaire que vous consacrez à l’Iran. Pourquoi cette régularité ? Vincent de Cointet  : Je m’intéresse beaucoup au Moyen-Orient, et il n’est bien sûr pas possible d’occulter l’Iran. Mes films me permettent de travailler en profondeur  : il est vital pour comprendre ce régime d’écouter son point de vue spécifique, avec ses problématiques historiques, ses traumas et ses revendications. Sinon, nous conserverons notre regard d’Occidentaux, qui va être biaisé, et nous prendrons de haut sa politique. Quel était votre objectif en réalisant ce nouveau film ? Je souhaitais montrer que l’histoire entre l’Iran, d’une part, Israël et les États-Unis, de l’autre, aurait pu se passer différemment. Je décris un changement progressif complexe et non une rupture radicale qu’aurait apportée la révolution islamique de 1979. Les positionnements idéologiques étaient alors moins marqués qu’aujourd’hui et Khomeiny aurait pu poursuivre ses relations avec les États-Unis. C’est sans doute ce qu’il avait en tête. Mais la prise des otages de l’ambassade américaine par des étudiants en novembre 1979 a changé la donne. L’invasion du Liban en 1982 a, elle, tout fait basculer avec Israël, car elle a engendré la création du Hezbollah. Les événements se sont imbriqués et la roue a tourné dans une certaine direction. Que vous ont inspiré vos rencontres avec des acteurs importants, parties prenantes dans le conflit ? Je n’avais pas mesuré jusque-là la haine profonde qui anime chaque camp. Les fossés apparaissent tellement grands aujourd’hui qu’un avenir apaisé est difficilement imaginable. Si l’on dénie à l’autre le droit d’exister, on est dans une posture fondamentaliste de refus de l’altérité, presque au-delà de la politique et de l’idéologie. Je ne suis pas optimiste  : ces ennemis ne se parleront pas avant très longtemps. Votre film se concentre sur les années précédant la présidence Trump. Quel en est le bilan aujourd’hui, selon vous ? Tout s’est déroulé comme annoncé par les spécialistes. Ce qui avait été construit petit à petit a été déconstruit rapidement. En se retirant de l’accord sur le nucléaire, Trump a favorisé le clan des durs et des ultras au sein du régime iranien. Les relations se sont envenimées et celui-ci a commencé à s’éloigner du cadre des accords. Les Iraniens se sentent menacés, d’où leur fuite en avant. On peut espérer que la situation s’améliore avec Biden. Propos recueillis par Pascal Mouneyres 7ARTE MAG N°11. LE PROGRAMME DU 13 AU 19 MARS 2021



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