Arte Magazine n°2021-10 6 mar 2021
Arte Magazine n°2021-10 6 mar 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-10 de 6 mar 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : jour de play.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°1O. LE PROGRAMME DU 6 AU 12 MARS 2021 8 Le règne du « prêt-à-jeter » Dans une enquête alarmante sur l’industrie de la fast fashion cosignée avec Gilles Bovon, le journaliste Édouard Perrin constate les dégâts sociaux et environnementaux causés par un secteur en plein essor. Édouard Perrin Mardi 9 mars à 20.50 Documentaire Fast Fashion Les dessous de la mode à bas prix Lire page 18 MM 2/3 6/6 Quelle découverte vous a le plus interpellé lors de votre enquête ? Édouard Perrin  : La fast fashion, qui consiste en un renouvellement très rapide des collections, a fait accélérer toute la mode classique, si bien qu’on en est aujourd’hui à l’ultra fast fashion. Elle a presque inversé, avec une rapidité surprenante, la tendance de ces cinquante dernières années à fabriquer les vêtements dans des pays du tiers-monde. En effet, certaines marques ne peuvent plus attendre des livraisons depuis l’Asie tant le système s’est accéléré. Elles ont donc réimporté des ateliers en Europe de l’Est, en Turquie et en Grande- Bretagne notamment, où les conditions de travail et les salaires des ouvriers sont à peu près dignes de ce qui se passe dans les pays pauvres. J’ai rencontré des acteurs du textile britannique qui me disaient avoir arrêté de s’approvisionner à Leicester parce qu’ils savaient ce qu’il s’y passait. Ils affirmaient avoir moins de difficultés à surveiller leurs usines au Bangladesh ! Vous évoquez les impacts sociaux de la fast fashion. Qu’en est-il des conséquences environnementales ? Aujourd’hui, vous pouvez, en restant chez vous, commander des vêtements quasiment sans vous en rendre compte et très rapidement via les différentes platesformes ou les réseaux sociaux. On a réduit ce que les spécialistes du marketing appellent les « frictions », c’està-dire tous les moments qui pourraient freiner l’acte d’achat, pour faire consommer plus. Comme les vêtements sont moins chers, leur quantité vendue chaque année a explosé. Les filières de recyclage sont littéralement étouffées par la masse de textile à gérer. On a beau mettre nos vêtements usagés dans des bennes, s’ils ne sont pas suffisamment solides pour être réutilisés, ils ne seront pas recyclés. Ils le seront peut-être pour fabriquer autre chose, mais les dispositifs techniques sont soit non écologiques, soit non économiques. La législation ne freine-t-elle pas ces dérives industrielles ? Il existe des textes sur les responsabilités des multinationales. Mais, du fait de l’addition de nombreux sous-traitants, une marque peut toujours affirmer n’être pas responsable de ce qui se passe dans les ateliers de tel ou tel intermédiaire qui collabore avec elle. C’est justement pour pallier l’absence de législation que les ONG, avec lesquelles nous avons travaillé, ont forcé les marques à donner des informations sur leurs chaînes d’approvisionnement, lors de nombreuses campagnes. Certaines s’y prêtent plus que d’autres. Zara, par exemple, refuse de dévoiler le nom de ses fournisseurs. Propos recueillis par Élise Pontoizeau PREMIERE LIGNE
Fin 2020, ARTE a lancé « Et pourtant elles tournent », un concours de courts métrages documentaires ouvert aux réalisatrices résidant en France. Les précisions d’Élodie Font, chargée de programmes au sein de l’unité Société et Culture d’ARTE France et co-organisatrice de cette initiative. Des docs au féminin Pourquoi un concours réservé aux femmes ? Élodie Font  : Les réalisatrices sont toujours moins présentes que les réalisateurs sur les écrans en France et ailleurs, pourtant elles existent. De plus en plus nombreuses, notamment dans les écoles de journalisme et de cinéma, elles ont du talent, de l’envie. Ce concours devrait donc nous permettre de détecter, au-delà de la gagnante, d’autres signatures, et pas uniquement des nouveaux talents. Il existe un vivier de documentaristes expérimentées que nous ne connaissons pas encore. Leur réserver ce concours est une manière de leur dire que nous avons envie de travailler avec elles ! « Besoin de personne », le thème de ce concours, est une invitation à s’affirmer davantage... Exactement. Nous souhaitions un thème qui ne soit pas neutre et suffisamment large pour que les participantes nous proposent des idées variées. Mais nous ne voulions surtout pas leur faire uniquement parler des femmes. « Besoin de personne » est aussi une formule qui peut s’entendre avec un point d’exclamation, comme une interjection, un poing levé, presque un cri de guerre. Mais ce n’est pas une obligation. Nous laissons toute liberté aux réalisatrices de s’emparer de ces mots à leur guise. Que peut apporter un regard féminin au genre du documentaire ? Un documentaire est un projet personnel, dans lequel on met beaucoup de soi-même. L’enjeu est donc, à travers des regards différents, que nos films puissent raconter des réalités multiples. Diversifier les points de vue ne signifie pas que les femmes sont en compétition avec les hommes, mais qu’elles peuvent voir le monde autrement. Propos recueillis par Guillemette Hervé « Et pourtant elles tournent » Mode d’emploi Jusqu’au 15 mai, les réalisatrices, âgées de 18 ans au minimum et résidant en France, peuvent envoyer à ARTE un court métrage documentaire d’une durée comprise entre 7 et 12 minutes. La remise des prix s’effectuera début juillet par le jury présidé par la dessinatrice Pénélope Bagieu (Culottées), et notamment composé d’Alice Diop, Paul B. Preciado et Roisin Burns. Les cinq meilleurs courts seront diffusés à l’antenne ainsi que sur arte.tv. La gagnante se verra, elle, proposer un contrat de développement avec l’unité Société et Culture d’ARTE France pour un projet de 52 minutes, pas forcément en lien avec le film qui lui aura permis de se distinguer. Pour en savoir plus, rendez-vous sur arte.tv/etpourtantellestournent ARTE MAG N°1O. LE PROGRAMME DU 6 AU 12 MARS 2021 En partenariat avec Scane Slaterrrnarieclaire 9



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