Arte Magazine n°2021-05 30 jan 2021
Arte Magazine n°2021-05 30 jan 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-05 de 30 jan 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : en thérapie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°5. LE PROGRAMME DU 30 JANVIER AU 5 FÉVRIER 2021 6 Sept personnages en quête d’eux-mêmes Fruit d’un tour de force collectif emmené par Éric Toledano et Olivier Nakache (Intouchables), En thérapie, leur première série, sonde avec humanité et profondeur les failles d’un pays meurtri par les attentats de 2015, au plus près de ses personnages  : un analyste (Frédéric Pierrot), ses patients et sa superviseuse. Éric Toledano et Olivier Nakache Comment a émergé l’idée d’une adaptation française de la série israélienne Betipul ? Olivier Nakache  : C’est la productrice Yaël Fogiel qui nous l’a suggérée. On s’est rencontrés il y a plusieurs années et dans une de nos conversations, on a évoqué cette série, Betipul, qu’on avait vue quelque temps auparavant et qu’on trouvait puissante et intelligente. Nous pensions qu’une adaptation de cette série si originale aurait sa place en France, grande terre de psychanalyse. Éric Toledano  : Nous n’étions pas très attirés par le format de la série. Nous avions la chance de nous exprimer pleinement avec chacun de nos films. Mais l’idée a pris une autre forme après le traumatisme des attentats de 2015. Nous avions tous un besoin partagé de dialogue et d’écoute. Dans ce contexte, le projet prenait un tout autre sens, il devenait presque une nécessité. Les contraintes du dispositif ne vous faisaient pas peur ? O. N.  : Bien sûr que si, mais ce sont précisément elles qui nous motivaient. On avait besoin de ce moteur pour essayer d’apporter quelque chose à la série originale. Chaque épisode est un tour de force ! Il faut parvenir à maintenir la tension et donner du relief avec des ingrédients simples  : un décor, deux ou trois acteurs. É. T.  : La contrainte était passionnante. La forme de la série est en fait très adaptée à la psychanalyse. Chaque épisode est un champ-contrechamp, un face-à-face qui prend le temps entre deux points de vue. Une autre temporalité s’installe, la parole acquiert une nouvelle valeur. Les personnages évoquent parfois des choses qu’il est impossible de montrer… Quand Adel (Reda Kateb) raconte son entrée dans le Bataclan, c’est par les mots qu’il nous fait vivre la scène. C’est comme un cinéma intérieur que le spectateur est amené à explorer. Comment la fabrication de la série s’est-elle élaborée ? É. T.  : Nous avons d’abord discuté des grandes lignes, mais la majeure partie du travail d’adaptation a été assurée par Vincent Poymiro et David Elkaïm, épaulés par différents scénaristes selon les personnages. Ensuite, nous nous sommes concentrés sur le travail de casting. Il est évident que sur une telle série le choix des acteurs est fondamental… O. N.  : Nous aimons le travail en équipe, on a déjà l’habitude de travailler à deux. Là, c’était l’occasion d’aller encore plus loin dans notre sens du collectif, avec les productrices des Films du Poisson, les différents scénaristes et réalisateurs. Mathieu Vadepied, Pierre Salvadori, Nicolas Pariser n’avaient encore
jamais tourné de série. Ils avaient toute liberté dans la manière de se fondre dans le cadre, et chacun a pu y apporter sa touche personnelle. Qui aviez-vous en tête pour incarner le psychanalyste ? O. N.  : On a tâtonné quelque temps, mais très vite nous avons pensé à Frédéric Pierrot. Nous venions de le rencontrer sur le tournage d’Hors normes. C’est un acteur qui a une voix profonde, une bienveillance naturelle, un vrai charisme et une qualité d’écoute hors du commun. Le défi était immense car les quatre mois de tournage demandaient une puissante concentration de tous les instants. É. T.  : Nous sommes particulièrement fiers de « la photo de classe » qui s’est composée autour de lui ! On a tourné chaque histoire dans l’ordre de la narration. Les comédiens pouvaient ainsi vivre un parcours, comme les patients qu’ils interprétaient. Il fallait qu’ils puissent aussi se laisser emporter, se sentir libres afin de dépasser le texte. C’est la première fois que nous tournions des prises aussi longues ! L’essentiel de notre travail a consisté à accompagner les acteurs dans leurs émotions et à tenter de faire surgir des moments de vérité. Vouliez-vous faire une série qui donne envie de parler, d’écouter ? É. T.  : On vit dans une époque qui valorise principalement l’instant, perpétuellement renouvelé, sans place pour s’arrêter, analyser. Nous éprouvons le besoin de détendre le temps. O. N.  : De ce point de vue, le minimalisme d’En thérapie est à contre-courant. La série transmet sûrement cette idée, il faut savoir s’écouter et verbaliser. É. T.  : En thérapie montre aussi que la psychanalyse s’adresse à tout le monde. Elle démonte certains mécanismes, pour mieux les faire comprendre. Je crois sincèrement qu’aller à la rencontre de ces personnages peut nous éclairer sur nous-mêmes. Mais nous ne faisons pas une ode aux psychanalystes ! Au contraire, en tentant de dénouer les nœuds de ses patients, on voit le docteur Dayan traverser une crise profonde. Il n’y a aucune certitude  : c’est ce que raconte En thérapie en dévoilant les êtres sous des angles divers, loin de tout manichéisme. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène En partenariat avec 1Télérama'PSYCHOLOGIES Jeudi 4 février à 20.55 Série En thérapie (1-5) Lire page 22 MM 28/1 27/7 Disponible en intégralité sur arte.tv dès le 28 janvier et pendant six mois. La série sera diffusée à l’antenne du 4 février au 18 mars. En DVD chez ARTE Éditions. 7ARTE MAG N°5. LE PROGRAMME DU 30 JANVIER AU 5 FÉVRIER 2021



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