Arte Magazine n°2021-02 9 jan 2021
Arte Magazine n°2021-02 9 jan 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-02 de 9 jan 2021

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'aventure de l'arche perdue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°2. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 JANVIER 2021 8 76 e anniversaire de la libération des camps Une programmation spéciale à la veille des commémorations de la libération d’Auschwitz, le 27 janvier 1945. Lundi 11 janvier Monsieur Klein à 20.55 Le procès du siècle à 22.55 Mardi 12 janvier Les coulisses de l’histoire – Le débarquement à 20.50 Mercredi 13 janvier Les innocentes à 20.55 Nuremberg – Des images pour l’histoire à 22.50 Née à Auschwitz à 23.50 Ashcan à 0.50 Et sur arte.tv Les quatre sœurs de Claude Lanzmann, en ligne du 15 janvier au 14 juillet 2021 1/4,1 Jean-Christophe Klotz De la collecte des archives visuelles du régime nazi à la captation des audiences du procès de Nuremberg, le réalisateur Jean-Christophe Klotz livre une impressionnante restitution de la mission des frères Stuart et Budd Schulberg. Entretien. Nuremberg pour mémoire Le lien entre la famille Schulberg et la vôtre explique-t-il votre choix de réaliser ce documentaire ? Jean-Christophe Klotz  : En grande partie. Mon père était monteur et, lorsqu’il a commencé à travailler, son patron s’appelait Stuart Schulberg. Les deux hommes se sont connus au sortir de la guerre, peu après la période décrite dans le film. Je garde des souvenirs d’enfance de la famille Schulberg et je suis resté proche de deux enfants de Stuart, Sandra et son frère KC. Cela dit, je ne connaissais pas dans le détail l’histoire des deux frères. C’est à l’approche d’une date anniversaire du procès de Nuremberg que je m’en suis emparé. Ce film renvoie à vos précédents opus consacrés au Rwanda… Il y a une continuité évidente, mais je me suis rendu compte tardivement que mes films sont traversés par un même sujet de fond. C’est le récit des tourments du monde, avec en son cœur la thématique du génocide. Cette même thématique, concernant cette fois les Indiens, est revenue d’elle-même lorsque j’ai réalisé John Ford – L’homme qui inventa l’Amérique, pour ARTE en 2018. À chaque fois se pose la question de la narration  : comment raconte-t-on le « ça » de « plus jamais ça » ? N’était-il pas risqué de prendre le parti de filmer un film ? Ce Nuremberg est construit sur des mises en abîme. Il y a le procès. Il y a le film de Stuart Schulberg sur le procès, qui ne se confond pas avec le procès lui-même, comme le rappelle l’historienne Sylvie Lindeperg. Enfin, il y a mon film sur le film et le travail des frères Schulberg. J’aime jongler entre ces différents niveaux de narration. Certains plans reviennent plusieurs fois, quitte à ce qu’on ne sache plus exactement s’ils se trouvent dans le film de Stuart ou dans mon récit. C’est voulu. Mon premier documentaire sur le Rwanda fonctionnait selon ce principe. Je suis retourné sur place dix ans après le génocide, avec des images tournées en 1994. Alors grand reporter, j’ai toujours été frustré par la mémoire courte de la télévision. Les images doivent rester vivantes. Ce qui m’intéresse c’est la façon dont notre représentation de l’histoire se fabrique à partir d’elles. À travers ce documentaire, j’ai voulu déconstruire les séquences, un peu mythiques, du procès de Nuremberg. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger Mercredi 13 janvier à 22.50 Documentaire Nuremberg Des images pour l’histoire Lire page 21 6/1 13/3 AKG-IMAGES/GILLES KNEUSÉ
LOBSTER FILMS Le cinéaste magicien Peu s’en est fallu que l’œuvre de Georges Méliès ne disparaisse à jamais. Retour avec Laurent Mannoni, directeur scientifique du patrimoine de la Cinémathèque française et intervenant du documentaire Le mystère Méliès, sur le parcours de l’un des pères fondateurs du cinéma. Il Méliès en ligne L’événement Méliès, c’est d’abord sur le Web ! En plus du documentaire Le mystère Méliès, treize courts et moyens métrages restaurés du cinéaste sont à retrouver sur arte.tv à partir du 2 janvier. Excelsior, Le chaudron infernal, Les affiches en goguette, Les cartes vivantes, Les quat’cent farces du diable, L’homme à la tête en caoutchouc, L’homme mouche seront disponibles jusqu’au 31 mai. Diffusés à l’antenne après le Le mystère Méliès, Le royaume des fées, Le voyage vers l’impossible, Le locataire diabolique, Le palais des mille et une nuits et La sirène seront visibles jusqu’au 9 mars, tandis que le célèbre Voyage dans la Lune traversera arte.tv entre le 9 et le 15 janvier. Comment résumer Georges Méliès ? Laurent Mannoni  : Il a fusionné le cinéma, tout juste balbutiant, et la magie, un art plus ancien qu’il pratiquait bien avant de réaliser des films, créant ainsi les premiers effets spéciaux. Il avait compris la portée spectaculaire du septième art, qui lui permettait de simplifier les techniques complexes alors mises en œuvre dans ses théâtres à la fin du XIX e siècle. Quelle était sa méthode de travail ? Méliès a tenu toute sa vie à être indépendant, au point de tout faire lui-même  : la mise en scène, le jeu, les décors, la distribution des films, la construction de son studio… Un cas unique dans l’histoire du septième art. Le problème, comme le montrent mon ouvrage * et le documentaire, c’est que l’industrie du cinéma croît à une vitesse extraordinaire à partir des années 1900. Des majors françaises se créent, développent des studios gigantesques, des réseaux de distribution, et engagent des réalisateurs. Parmi eux, certains ne pensent qu’à piller l’œuvre de Méliès, notamment Ferdinand Zecca, son principal rival chez Pathé, qui va passer sa vie à l’espionner. Méliès va payer cher son obsession d’artisanat et finira par se faire manger par cette industrie énorme. Quel rôle a joué la Cinémathèque dans la redécouverte de l’œuvre de Georges Méliès ? Son fondateur, Henri Langlois, a eu la chance de connaître Méliès quand il était dans sa maison de retraite à Orly. Il s’est mis en tête de reconstituer le puzzle terriblement dispersé de sa filmographie. Lorsque Méliès meurt, en 1938, sa veuve, Jeanne d’Alcy, a offert à la Cinémathèque sa première caméra, un objet unique au monde. La petite-fille de Georges Méliès, Madeleine, a aussi réalisé un travail merveilleux pour retrouver ce patrimoine. Sa collection a pu être acquise par l’État, et a été réunie en 2004 avec celle de Langlois. Un chantier de restauration a démarré en lien avec Lobster Films, le CNC et la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis. Nous souhaitons désormais, avec le musée Méliès, censé ouvrir le 13 janvier, recontextualiser son œuvre, pour rendre hommage à ce cinéaste magicien. Peut-on encore espérer retrouver d’autres films ? Cela va devenir de plus en plus difficile, car tous étaient impressionnés sur de la pellicule en nitrate de cellulose, qui tombe en décomposition ou prend feu au fil du temps. Sur les 520 films que Méliès a tournés de 1896 à 1913, 270 ont été retrouvés. Ce chiffre n’a pas bougé depuis quelques années. Mais on ne sait jamais. Beaucoup d’œuvres ont été découvertes dans des conditions rocambolesques. Madeleine racontait qu’elle avait retrouvé une copie de Jeanne d’Arc, peinte à la main, dans le poulailler d’un forain ! En 2017, nous avons pu sauver le Robinson Crusoë de 1902. La copie était dans la cheminée d’un collectionneur… Propos recueillis par Augustin Faure * Georges Méliès, Flammarion, 2020 Samedi 9 janvier à 0.20 Documentaire Le mystère Méliès Lire page 12. 2/1 9/3 En partenariat avec le musée Méliès de la Cinémathèque française, dont l’ouverture est prévue le 13 janvier. ARTE MAG N°2. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 JANVIER 2021 9



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