Arte Magazine n°2020-49 28 nov 2020
Arte Magazine n°2020-49 28 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-49 de 28 nov 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : petite fille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°49. LE PROGRAMME DU 28 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE 2020. 8 Dimanche 29 novembre à 20.55 Film La firme Suivi du documentaire Tom Cruise Corps et âme 22/11 27/1/2021 Lire pages 14 et 15 À l’orée des années 1980, le Tom Cruise débutant de Top Gun se retrouve d’emblée coincé entre les corps monstrueux des Schwarzenegger et Stallone triomphants. D’une taille modeste et d’un gabarit somme toute banal, l’impétrant semble alors n’avoir eu d’autre choix que de compenser ce physique passe-partout par une suractivité volcanique. Glissade sur le parquet pour un karaoké endiablé dans Risky Business, castagnes furieuses dans Outsiders, sauts de cabri dans Legend ou danses de la victoire proches de la transe dans La couleur de l’argent... D’abord dispersée, cette énergie en apparence incontrôlable va construire la spécificité de l’acteur, avant de se canaliser et de trouver son expression la Comment un acteur longtemps méfiant face au cinéma d’action, et n’ayant pas le physique de l’emploi, a-t-il su jouer des coudes pour s’installer depuis plus de trente ans au sommet du box-office et créer un style inimitable ? Tom Cruise, leçon d’anatomie. Tom Cruise court toujours plus limpide dans la course. Car ses sprints compulsifs sont très tôt devenus une signature de la geste « cruisienne », pure énergie cinétique le projetant inlassablement de films en films dans une logique exponentielle proche du cartoon et le rapprochant d’une autre star de cinéma, le Coyote, lancé aux trousses de Bip Bip. AU BORD DU GOUFFRE « Autant que possible, faire de la gravité l’ennemi numéro 1 du Coyote. » En édictant ce commandement narratif central de la fameuse série animée de la Warner, le génial réalisateur Chuck Jones ne pouvait se douter qu’il décrivait par anticipation le fonctionnement même de Tom Cruise. De fait, à bien y regarder, les cascades de l’acteur − qu’il se plaît à réaliser lui-même et qui sont devenues au fil du temps l’argument principal de vente de ses films −, le mènent systématiquement au bord du gouffre, à contempler l’abîme pour souvent y chuter et toujours en resurgir, bondissant de plus belle. Loin de n’obéir qu’à la logique éprouvée et irréaliste des films d’action, cette insistance pavlovienne, érigée en système, interroge. Depuis une décennie, un vertige de l’immortalité voit les héros qu’il incarne mourir pour mieux renaître dans de très littérales résurrections, comme l’a synthétisé jusqu’à l’absurde le réjouissant Edge of Tomorrow, conduisant Tom Cruise à devenir autant un histrion comique sur les pas de sa propre caricature qu’une figure tragique de Sisyphe hollywoodien, qui s’épuiserait en vain à interrompre sa frénésie constitutive. Une malédiction insoluble pour ce demi-dieu moderne, dans les yeux duquel brille toujours une lueur folle et désespérée quelques secondes avant l’impact inévitable. À moins que la mégalomanie du scientologue invétéré ne lui fournisse la solution à ses tourments... Si la gravité est son ennemie, Tom Cruise ira la défier avec le réalisateur Doug Liman  : son prochain film devrait faire de lui le premier acteur à tourner, en octobre 2021, dans l’espace ! Augustin Faure RUE DES ARCHIVES/EVERETT
STEDELIJK MUSEUM AMSTERDAM/ADAGP, PARIS 2020 ; THE SOLOMON R. GUGGENHEIM FOUNDATION/ART RESOURCE, NY/SUPERSTOCK/LEEMAGE/BRIDGEMAN IMAGES/ADAGP, PARIS 2020 Dimanche 29 novembre à 18.00 Documentaire Chagall entre deux mondes Lire page 13 22/11 27/1/2021 « Autoportrait aux sept doigts » (1912-1913) « Marc Chagallarticule ses cultures juive et russe avec la modernité qu’il découvre en France. Dans ce grand tableau de sa période parisienne, il affirme son statut d’artiste et se représente entre ses deux mondes  : derrière lui, on aperçoit par la fenêtre Paris et la tour Eiffel. À droite, dans une nuée, Vitebsk, sa ville natale. Sur le mur, de part et d’autre de sa tête, sont inscrits en yiddish ‘Russie’et ‘Paris’. Il peint À la Russie, aux ânes et aux autres (1911)  : une vache vole sur les toits de Vitebsk, une femme à la tête dissociée du corps tient un seau. Sa main à sept doigts posée sur la toile renvoie à sa langue maternelle, le yiddish, et à l’expression ‘Mit ale zibn finger’(‘avec les sept doigts’) qui signifie ‘faire quelque chose avec intensité’. L’œuvre de Chagall opère comme le yiddish, langue de’fusion’qui intègre les idiomes du pays où elle se développe et les transforme. Le peintre procède ainsi avec les mouvements artistiques de l’époque, ici le cubisme, pour effectuer une synthèse, construire son propre langage. » L’art fusion de Chagall Né dans l’Empire russe au sein d’une famille juive, Marc Chagall découvre Paris en 1910. Dès lors, il ne cessera d’irriguer ses œuvres de ces différentes cultures. Intervenant dans le documentaire Chagall entre deux mondes, Nathalie Hazan-Brunet, qui fut conservatrice au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, commente trois de ses tableaux majeurs. « Paris à travers la fenêtre » (1913) « ‘La peinture me semblait être une fenêtre par laquelle je pouvais m’envoler vers d’autres mondes’, écrit Chagall en 1958. La liberté qu’il découvre à Paris se traduit dans ce tableau où le bleu, le blanc et le rouge résonnent comme un hymne à la France. Un train roule à l’envers, un couple vole tête-bêche, le chat arbore un visage humain... À droite, un autoportrait, un Janus à deux faces entre passé et avenir. Un thème fréquent chez Chagall, où l’homme/l’artiste a souvent la tête renversée ou séparée du corps  : une manière de dire le monde à l’envers. Dans le ciel, sans doute encore un autoportrait, cette fois en Luftmensch, ‘l’homme de l’air’de la littérature yiddish, un homme qui vit de rêves ; sous un parapluie, il atterrit dans sa nouvelle patrie. » « Les portes du cimetière » (1917) « Dans cette œuvre réalisée à Vitebsk, Chagall célèbre deux événements de 1917  : la révolution russe, qui accorde aux Juifs du pays la pleine citoyenneté, et la déclaration Balfour, favorable à l’établissement d’un foyer juif en Palestine. Cette représentation d’un cimetière et de pierres tombales s’inscrit dans le retour au patrimoine juif qu’effectuaient les artistes de cette époque. Le cimetière, rendu dans sa partie inférieure de façon très réaliste, est surmonté d’un ciel explosif, ‘cubisant’, aux couleurs du drapeau sioniste et, sur le fronton de son portail, sont inscrits des versets de la vision du prophète Ézéchiel dans la vallée des ossements, laquelle évoque une résurrection, la renaissance du peuple juif. L’œuvre de Chagall est toujours arrimée à son temps ; elle en transmet les promesses, les menaces, elle se fait l’écho de ses traumatismes. » Propos recueillis par Guillemette Hervé ARTE MAG N°49. LE PROGRAMME DU 28 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE 2020 9



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