Arte Magazine n°2020-48 21 nov 2020
Arte Magazine n°2020-48 21 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-48 de 21 nov 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : il est temps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°48. LE PROGRAMME DU 21 AU 27 NOVEMBRE 2020 8 Samedi 21 novembre à 20.50 Série documentaire L’odyssée de l’écriture (1-3) Lire page 11 14/11 19/1/2021 Pierre Tallet Aux origines de l’alphabet À quand remonte l’écriture ? Pierre Tallet  : Les Sumériens et les Égyptiens inventent leur système d’écriture à peu près à la même période, vers 3200 avant notre ère. L’État se développe, il faut gérer les surplus, stocker, redistribuer, conserver la trace de produits précieux. Autrement dit, l’administration est la mère de l’écriture. Nous sommes encore loin d’une écriture accessible à tous... C’est l’époque des hiéroglyphes, un système particulièrement complexe. Vous avez au moins 800 signes, dont certains transmettent des sons, d’autres des idées. Seule une élite peut les déchiffrer. Et voilà que l’alphabet vient tout simplifier, avec cette trouvaille  : associer un son simple à une lettre. Un ensemble de 23 à 30 signes suffit désormais à tout écrire. Qui est à l’origine de cette invention ? Elle est l’œuvre de populations étrangères à l’Égypte. À partir de 1850 avant notre ère, des petits groupes de travailleurs originaires du Canaan, une région plus au nord du pays, sont intégrés aux expéditions égyptiennes au Sinaï, notamment sur le plateau de Serabit el-Khadim, pour exploiter des mines de turquoise. Durant plus d’un siècle, au contact des Égyptiens, ils se familiarisent avec l’écriture hiéroglyphique puis finissent par développer leur propre système, que l’on appelle l’alphabet protosinaïtique. Cela consiste à retenir la première lettre du mot en cananéen qui correspond à ce que représentent les quelques signes hiéroglyphiques sélectionnés. Le plateau de Serabit el-Khadim avait-il une spécificité ? Pour les Égyptiens, il fut un lieu fondamental de commémoration. Partout vous avez des inscriptions, des stèles en hommage à la déesse Hathor. Il est très probable que cette communauté d’étrangers ait ressenti elle aussi le besoin d’honorer la même divinité féminine, cette fois sous son nom cananéen de Baalat. C’est sans doute dans cette perspective qu’elle est parvenue à créer un système d’écriture bien plus simple. L’alphabet naît donc du contact entre des ouvriers de différentes cultures ? C’était le contexte idéal pour une telle création ! Plus récemment, un chercheur américain, John Darnell, a également retrouvé des inscriptions L’écriture a connu une révolution dans l’Antiquité lorsqu’une communauté de travailleurs étrangers s’est mêlée aux Égyptiens, et a inventé l’alphabet. L’égyptologue Pierre Tallet *, intervenant dans une passionnante série documentaire sur le sujet, raconte. protosinaïtiques, cette fois-ci dans le désert occidental égyptien. Là encore, on retrouve la trace d’une main-d’œuvre étrangère utilisée par la grande puissance égyptienne pour développer son territoire. Nos systèmes d’écriture européens – via le phénicien puis le grec et le latin –, dérivent de ce protosinaïtique, de cette simplification des hiéroglyphes imaginée deux millénaires avant notre ère. Propos recueillis par Raphaël Badache * Pierre Tallet dirige l’UMR « Orient et Méditerranée » ainsi que l’équipe « Mondes pharaoniques ». Président de la Société française d’égyptologie, il est également professeur à l’université Paris Sorbonne. En partenariat avec ÉDITIONS Disponible en VOD et en coffret DVD le 1er décembre FILMS À CINQ, DOX, ARTE FRANCE 2020 ; DIDIER GOUPY/SIGNATURES
SIFE ELAMINE En ligne sur arte.tv depuis la rentrée, où elle rencontre un beau succès avec près de 2 millions de vidéos vues, la série No Man’s Land arrive à l’antenne sur ARTE. Félix Moati y campe un jeune Parisien qui part, en plein conflit syrien, à la recherche de sa sœur disparue (Mélanie Thierry). Entretien. Au cœur du chaos syrien Chez Antoine, votre personnage dans No Man’s Land, on ne retrouve pas la candeur qui teinte souvent vos rôles. Comment l’avez-vous abordé ? Félix Moati  : Antoine a perdu Anna, sa sœur, dans des conditions troubles. Il en éprouve une grande culpabilité. Avec l’espoir de la retrouver, il plonge dans une zone de conflit extrêmement dangereuse et ce voyage conduit à une radicale remise en question de sa vie. C’est vrai, on est loin de certains personnages que j’ai pu jouer, dont les problèmes étaient plutôt d’ordre sentimental. Mais je crois qu’il y a malgré tout chez Antoine une forme de candeur  : dans sa décision de partir envers et contre tout, autant que dans sa découverte d’un monde totalement inconnu. J’ai aimé la témérité de ce personnage, son périple, la manière dont il naît à l’engagement. En l’interprétant, j’ai vécu, moi aussi, une aventure. Vous êtes-vous préparé d’une manière particulière ? Je suis passionné par les histoires d’espionnage depuis l’enfance. Je me suis documenté sur la situation géopolitique, les différentes parties impliquées dans le conflit syrien, le profil des personnes qui s’y engageaient. Mais c’était avant tout pour satisfaire ma curiosité personnelle, pas pour étoffer mon personnage. Antoine, de fait, ne sait rien  : il est vierge, un peu comme tout le monde en 2014, au début de l’expansion de Daech. La série raconte justement la violence de son apprentissage. Contrairement à lui, je n’ai pas été confronté au chaos et pourtant, il m’est arrivé de me sentir dépassé au cours du tournage. Je me souviens du jour où nous avons tourné la scène de l’exode des réfugiés kurdes  : ce n’était qu’une reconstitution, mais j’avais le sentiment de voir se dérouler une terrible réalité. Au cœur de la série, il y a aussi l’histoire d’un amour fraternel... On peut même parler d’une passion. Cette relation se trouve encore renforcée par le remords d’Antoine, qui se sent responsable de la mort d’Anna, qu’interprète Mélanie Thierry. Il avait tenté d’enterrer ce sentiment, mais à la faveur des circonstances, il renaît et se transforme en obsession. Antoine part en Syrie pour payer une dette. Comme tous les protagonistes de No Man’s Land, il est à la recherche d’une forme de rédemption. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène En partenariat avec Un rayonnement international Coproduite par ARTE France avec Israël et la Belgique, écrite par des auteurs israéliens et français, No Man’s Land s’affirme dans sa conception comme une série internationale. Elle l’est également dans sa diffusion  : préachetée par la plateforme américaine Hulu, elle sera diffusée en novembre aux États-Unis. HBO Europe en a par ailleurs acquis les droits pour le territoire européen, hors France et Allemagne. Jeudi 26 novembre à 20.55 Série No Man’s Land Lire page 22 marie claire ffl 18/9 29/5/2021 9 ARTE MAG N°48. LE PROGRAMME DU 21 AU 27 NOVEMBRE 2020



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