Arte Magazine n°2020-37 5 sep 2020
Arte Magazine n°2020-37 5 sep 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-37 de 5 sep 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : les Indes galantes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 SEPTEMBRE 2020 8 « Ce qui m’effraie le plus au monde » Jeudi 10 septembre à 20.55 Série Le tueur de l’ombre (1-3) Lire page 22 3/9 9/10 Ina Bruhn L’originalité du Tueur de l’ombre est d’utiliser la forme du thriller pour évoquer les violences faites aux femmes. Comment est née cette idée ? Ina Bruhn  : La société de production à l’initiative de la série m’avait donné deux consignes. Premièrement, donner d’emblée au spectateur l’identité du tueur, afin d’axer le développement de l’enquête sur la dimension psychologique du récit. Ainsi, on ne se pose pas la question « qui a tué ? », mais « pourquoi ? » Deuxièmement, écrire une histoire qui fasse peur. Je suis donc partie de ce qui m’effraie le plus au monde… Si Le tueur de l’ombre est un thriller, il était important pour moi que la série ne soit pas qu’un divertissement. Jusqu’à présent, je n’avais jamais écrit quelque chose d’aussi sombre. Le contexte de libération de la parole chez les femmes victimes de violences a-t-il joué un rôle dans la genèse de la série ? Certainement. D’ailleurs, il était essentiel que la série prenne en compte la violence quotidienne faite aux femmes, et pas seulement la violence « spectaculaire » qui est le point de départ de l’intrigue policière. C’est Romancière et scénariste danoise, Ina Bruhn a notamment travaillé sur les séries Dicte, Occupied et Norskov, dans le secret des glaces. Avec Le tueur de l’ombre, elle met l’accent sur les sensations fortes, tout en abordant de manière originale la question des violences faites aux femmes. pourquoi l’héroïne, Louise Bergstein, travaille comme psychologue dans des groupes de parole dédiés aux femmes victimes de violences. On se devait de montrer aussi cette réalité-là. Il faut bien dire que, dans ce genre de thrillers, les femmes victimes se réduisent souvent à des cadavres. Je tenais à ce que, dans cette série, il y ait des victimes qui se battent, physiquement et psychologiquement – en d’autres termes, qu’elles soient vivantes. Il y a donc, derrière le thriller, un travail de documentation ? J’ai fait beaucoup de recherches, à la fois sur les thérapies de groupe menées par les associations, et sur le métier de profileur, sur lequel les Américains ont largement écrit. J’utilise l’enquête policière comme un moteur pour faire avancer l’intrigue, mais ce qui m’intéresse, c’est l’intériorité des personnages. C’est le principe du profilage  : essayer de comprendre pourquoi un criminel agit comme il le fait. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène MISO FILM, 2018/PER DAUMILLER
LITTLE BIG STORY En Italie, une équipe de chercheurs tente de restituer leur identité au millier de migrants morts lors d’un naufrage en avril 2015, au large de la Libye. Numéro 387 – Disparu en Méditerranée retrace cette enquête au-delà de l’indicible. Entretien avec sa réalisatrice, Madeleine Leroyer. « L’éloquence des morts » Pourquoi avez-vous décidé de réaliser ce documentaire ? Madeleine Leroyer  : Le point de départ remonte à 2015. À cette époque, les naufrages de migrants et leurs bilans sont presque quotidiens. Or quand on réduit les morts à des chiffres, on les vide de leur dignité, de leur identité et de leur connexion avec les vivants. Je me suis donc demandé ce qu’il advenait d’eux. C’est ainsi qu’avec la coautrice du film, Cécile Debarge, nous avons découvert le travail de ces anthropologues légistes, en Italie. L’une d’entre eux explique qu’en observant ces morts, une image nette apparaît. Laquelle ? Les objets que l’on filme – ces bijoux, bulletins de notes, permis, photos, lettres – témoignent d’une jeunesse qui part sur les routes. Des images terrifiantes. Cette femme médecin l’exprime parfaitement  : c’est l’éloquence des morts. C’est comme regarder une photographie de leurs espoirs, et, dans le même temps, un élan brisé. Voir cette jeunesse dans des cercueils, seule, sans identité, sans plus personne pour l’accompagner est choquant. Toutes ces vies fichues, cette solitude... Le film s’intéresse donc au « numéro 387 », dont il ne reste plus que des ossements et une lettre d’amour. Pourquoi lui ? Pour cette lettre justement, si forte. On a là un jeune homme sur les routes du monde, porteur d’une lettre d’amour. Il n’est ni le premier, ni le dernier, et pourtant, dans son dénuement, dans sa grande fragilité, mais aussi dans son élan, il symbolise tous ces morts, tous ceux de la Méditerranée. Il est celui dont il reste si peu et dont la puissance est pourtant la plus forte. Vous vouliez le faire exister à nouveau ? S’il y a incarnation, il y a possibilité de s’identifier. Dans les médias, soit on ne traite pas des migrants, soit on le fait de façon misérabiliste, en les réduisant à leur statut de « pauvres réfugiés ». On oublie leur dimension d’individus. Ce documentaire veut convoquer la vie, le mouvement, le moteur de leur exil et les rêves. Vous développez également une réflexion sur une crise de civilisation… On parle souvent de « crise migratoire ». Je refuse ce terme. Selon moi, nous traversons une crise de nos sociétés, une crise de l’accueil. La tragédie méditerranéenne fait rupture dans notre civilisation. L’histoire ne veut pas se regarder en face et le film nous confronte à ce qui nous fait mal et nous gêne. Propos recueillis par Raphaël Badache Géopolitique  : les grands docus d’ARTE Malgré la pandémie, « Thema » n’oublie pas les points névralgiques de la planète et propose, à l’antenne et en ligne, une série de documentaires géopolitiques inédits tous les mardis soir du 8 septembre au 6 octobre. Mardi 8 septembre Numéro 387 – Disparu en Méditerranée à 22.20 MM 1/9 6/11 Lire page 19 Crise grecque  : le bras de fer à 23.25 Mardi 15 septembre Asie centrale, l’appel de Daech à 22.20 Les Afghans, sacrifiés au nom de la paix à 23.20 Mardi 22 septembre Le patient syrien à 22.25 Made in France – Au service de la guerre à 23.25 Mardi 29 septembre Agent Orange, la dernière bataille à 22.20 Le scandale du transport du bétail vers l’Orient à 23.15 Mardi 6 octobre Daech, le dilemme de la justice à 22.15 Ces programmes seront disponibles en ligne à partir du 1er septembre. ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 SEPTEMBRE 2020 9



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