Arte Magazine n°2020-37 5 sep 2020
Arte Magazine n°2020-37 5 sep 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-37 de 5 sep 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : les Indes galantes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 SEPTEMBRE 2020 6 i Krump baroque Dans sa mise en scène des Indes galantes de Rameau, le plasticien et cinéaste Clément Cogitore scelle une rencontre inédite de la culture hip-hop et de l’univers baroque. Entretien. Dimanche 6 septembre à 0.00 Opéra-ballet Les Indes galantes Moments choisis Lire page 15 30/8 31/8/2021 Clément Cogitore Comment la découverte des Indes galantes vous a-t-elle conduit à franchir le pas de la mise en scène d’opéra ? Clément Cogitore  : Je connaissais surtout l’œuvre pour ses airs célèbres, ses « tubes », comme « Forêts paisibles » et sa fameuse « Danse du calumet de la paix », « Brillant soleil » ou « Tendre amour ». J’étais attiré par le monde de l’opéra, mais sans imaginer arriver aussi directement à la mise en scène. Je me voyais plutôt d’abord intervenir en tant que plasticien ou vidéaste auprès de metteurs en scène. Intéressé par l’utilisation de la musique dans mes créations précédentes, Philippe Martin, le directeur artistique de la « 3 e scène » de l’Opéra de Paris, m’a proposé une carte blanche. J’ai donc réalisé une première vidéo en 2017 avec des danseurs de krump sur l’air de la « Danse du calumet de la paix ». Après l’avoir visionnée, Stéphane Lissner, directeur de l’Opéra de Paris, m’a invité à mettre en scène l’intégralité de l’œuvre pour l’Opéra Bastille. D’où vous est venue l’audace de cette association entre le krump, une danse issue du hip-hop, et l’univers de Rameau ? C’est la musique elle-même qui m’a inspiré cette rencontre. Créé dans un contexte de conquêtes coloniales mais aussi de désirs d’exotisme et de rencontre avec d’autres populations, l’opéra Les Indes galantes, où colonialisme et humanisme se côtoient, porte en lui l’ambivalence de son époque. En confrontant baroque et krump, ma mise en scène tente de s’en saisir. Le krump est né dans les années 1990 dans les ghettos de Los Angeles, après la répression des émeutes provoquées par l’acquittement des quatre policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir. Privés d’espace pour exprimer leur révolte, les jeunes ont élaboré ces joutes chorégraphiques pour canaliser leur rage. Comment les deux mondes en présence se sontils apprivoisés ? La rencontre a été joyeuse avec, je crois, un réel désir de part et d’autre. La vidéo pour la « 3 e scène » mêle autant de parties improvisées que d’autres chorégraphiées avec précision. Dans la production scénique à l’Opéra Bastille, l’ensemble est plus chorégraphié. Parmi les danseurs, rares étaient ceux qui s’étaient déjà produits sur une scène de cette envergure. Quant aux chanteurs, ils ne se sont jamais comportés en divas, alors que la culture hiérarchique est traditionnellement très forte à l’opéra. Je crois que la « machine opéra » s’est un peu déréglée, au meilleur sens du terme, pour permettre au spectacle de s’épanouir. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger LITTLE SHAO - ONP/RIS BAS BAKER
LEIF SKOOGFORS -CORBIS - GETTY IMAGES À travers trois événements marquants, retour sur plus de cinquante ans d’activisme politique de l’actrice Jane Fonda, icône américaine aux combats chevillés au corps, qu’éclaire le documentaire de Florence Platarets. Pasionaria Fonda Dimanche 6 septembre à 20.55 Film La poursuite impitoyable Suivi du documentaire Citizen Jane L’Amérique selon Fonda 30/8 4/11 Lire pages 14-15 LA POLÉMIQUE « HANOI JANE » En 1972, Jane Fonda, engagée contre la guerre au Viêtnam, part dans la région nord pro-soviétique pour témoigner de la destruction de digues par les bombardiers américains. Le cliché de la jeune femme sur un canon antiaérien scandalise les États-Unis. Considérée comme antipatriote, la fille d’Henry Fonda devient « Hanoi Jane » et fait l’objet d’une enquête pour trahison. Depuis ses débuts d’opposante en 1969, l’ex-Barbarella s’est attiré les foudres du président Nixon. Mise sur écoute et traquée par le FBI, elle est arrêtée à plusieurs reprises. Pas de quoi intimider cette activiste de terrain. En 1971, Fonda joue à proximité des bases militaires américaines, de Caroline du Nord jusqu’au Japon, dans le show satirique Fuck the Army, créé, entre autres, avec l’acteur Donald Sutherland pour soutenir le mouvement pacifiste lancé par des GI américains. THREE MILE ISLAND OU LE « SYNDROME CHINOIS » Le 28 mars 1979, l’accident de la centrale de Three Mile Island, en Pennsylvanie, secoue les Américains et révèle au monde entier les potentiels dangers du nucléaire civil. Quelques jours plus tôt sortait en salles Le syndrome chinois dans lequel Jane Fonda, à l’origine du projet, interprète une journaliste en reportage dans une centrale nucléaire où survient un incident. Coïncidence troublante. De plus en plus investie dans la vie politique, la comédienne se mobilise après l’annonce de la catastrophe. Aux côtés de son mari Tom Hayden, figure emblématique de la nouvelle gauche américaine, la star hollywoodienne délivre des messages antinucléaires lors d’une tournée à travers les États-Unis. SUR LES PAS DE GRETA Enveloppée dans son manteau rouge vif, symbole d’un nouvel engagement pour le climat, l’icône du cinéma se fait passer les menottes pour la quatrième fois le 1er novembre 2019, à 82 ans, devant le Capitole. Inspirée par la jeune activiste suédoise Greta Thunberg à l’origine des « Fridays for Future », l’actrice participe au « Fire Drill Fridays », un rassemblement qu’elle coorganise avec Greenpeace et dont seul le Covid sera venu à bout. Son cheval de bataille  : le « Green New Deal », un programme de lutte contre le réchauffement climatique. En parallèle, Jane Fonda poursuit son combat féministe, en dénonçant notamment les violences faites aux femmes. En 2017, l’artiste deux fois oscarisée révélait au magazine britannique The Edit avoir été « violée » et « sexuellement abusée » durant l’enfance. Hélène Porret 7ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 SEPTEMBRE 2020



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