Arte Magazine n°2020-36 29 aoû 2020
Arte Magazine n°2020-36 29 aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-36 de 29 aoû 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : 50 nuances de Grecs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 29 AOÛT AU 4 SEPTEMBRE 2020 La représentation de l’histoire compterait donc plus que l’histoire elle-même ? Une date a l’apparence de l’évi- dence, comme Marignan en 1515. « question noire », déjà traitée dans artp 8 Pour sa deuxième saison, Quand l’histoire fait dates offre une exploration audacieuse de grands événements et de leurs représentations. Entretien avec son concepteur, l’historien Patrick Boucheron. Le temps retrouvé Dimanche 30 août à partir de 16.20 Collection documentaire Quand l’histoire fait dates 21 avril - 753, la fondation de Rome suivi de - 52, Alésia Lire page 12 23/8 28/10 Une collection documentaire à suivre tous les dimanches vers 16.30, du 30 août au 6 décembre. Patrick Boucheron Quels critères ont guidé votre approche pour ces vingt nouveaux épisodes ? Patrick Boucheron  : Nous avons radicalisé notre proposition initiale ! Depuis sa conception, la série interroge les diverses manières de faire événement. Elle propose une collection de problèmes davantage que de périodes. Nous avons, cette fois-ci, voulu aller plus loin en retenant des dates dont on cherche l’événement, comme l’an mil. Nous avons joué sur le contrefactuel * dans l’épisode sur la mise à sac du palais d’été de Pékin en 1860. Nous avons même poussé l’audace jusqu’à dater un événement qui n’a pas eu lieu. Au IV e siècle, l’empereur Constantin est censé avoir donné la moitié de son empire au pape. Le texte de la donation est un faux. Le non-événement a pris une importance que l’événement réel n’aurait pas eue. Or derrière chaque date il y a une petite intrigue aussi captivante à explorer que le récit en soi. C’est pourquoi la série inclut deux fils narratifs  : le récit que l’on raconte et nous-mêmes en train de le raconter. Cette approche se lit en particulier dans l’épisode sur la révolution religieuse d’Akhenaton, en Égypte ancienne. À la fin de sa vie, Freud, miné par la maladie et l’exil, a voulu en percer le mystère pour expliquer la montée du nazisme et de l’antisémitisme à son époque. La solution aux énigmes du présent se trouve parfois dans le passé. L’histoire de l’esclavage et de la colonisation resurgit depuis l’affaire George Floyd. Un épisode aurait-il pu faire écho à ce présent si enraciné dans le passé ? La question de la justice et de l’égalité, aiguisée par la crise sanitaire, est abordée avec la Déclaration d’indépendance des États-Unis, en 1776. Ce moment marque la première affirmation des droits universels de l’humain dans un pays dont on sait qu’il détruit les nations indiennes et qu’il deviendra esclavagiste. La la première saison avec la libération de Mandela, revient maintenant avec le pèlerinage du roi malien Mansa Moussa en 1324. Nous aurions certes pu aborder plus frontalement la question de la décolonisation. Elle apparaît malgré tout dans l’épisode sur le massacre des Algériens, à Paris le 17 octobre 1961. L’événement pose clairement la question du racisme, de la violence policière et du legs colonial en France. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger * Type de raisonnement qui consiste à imaginer l’issue nouvelle d’un événement historique, après avoir modifié l’une de ses causes. ÉDITIONS La saison 2 sera disponible en coffret DVD le 6 octobre. LESFILMSDICI ; COLLÈGE DE FRANCE
ANTHONY BARBOZA/GETTY IMAGES Reine incontestée de la soul music, célébrée dans le documentaire de France Swimberge, Aretha Franklin a fait corps avec sa ville, Detroit, tout au long du combat pour l’égalité des Afro-Américains. Vendredi 4 septembre à 22.25 28/8 3/10 Documentaire Aretha Franklin Soul Sister Lire page 25 L’âme de Detroit Née en 1942 dans la cité du blues, à Memphis, Tennessee, Aretha Franklin n’a que 5 ans lorsqu’elle s’installe avec sa famille à Detroit, alors florissante capitale du Michigan, à l’instar de milliers de familles noires fuyant le Sud ségrégationniste pour gagner les villes industrielles du Nord. Le fief des usines automobiles rivales Ford et General Motors, berceau du label musical Motown, deviendra bientôt le royaume du versant nord de la soul, incarnée par Aretha, la fille du charismatique pasteur baptisteC.L. Franklin. Formée à l’école du gospel, sur les bancs de l’église de son père qu’elle accompagne au piano, la jeune Aretha passe par le jazz avant de réaliser, sous la houlette de Jerry Wexler, le producteur d’Atlantic Records, la synthèse de la culture musicale noire du Sud et des cadences urbaines des cités du Nord, une fusion du sacré et du profane. À partir de 1967, et d’une série de succès phénoménaux, elle personnifie le « son » de la musique soul  : une voix vertigineuse, des interprétations puissantes, mêlant le charnel au spirituel comme dans le superbe « (You Make Me Feel Like) a Natural Woman ». Elle intègre le calland response du gospel et l’argot de Detroit dans sa géniale reprise de « Respect » (créée deux ans plus tôt par Otis Redding), le tout sur un tempo frénétique et impérieux. FIDÉLITÉ Chantée par Aretha Franklin, « Respect » devient un hymne pour l’égalité, repris par les féministes comme par le mouvement afro-américain des droits civiques. Une lutte dont la chanteuse, proche du révérend Martin Luther King, ami de longue date de son père, est solidaire depuis toujours. Elle donne à plusieurs reprises des concerts gratuits pour aider le leader pacifiste qui lui remet le Christian Leadership Award et parraine la « journée Aretha Franklin », décrétée par le maire de Detroit début 1968 afin d’apaiser les tensions raciales. « Respect » est sorti l’année précédente, celle du long hot summer qui a vu des émeutes embraser l’Amérique. Elles ravagent aussi Detroit, où les morts se comptent par dizaines et où des quartiers entiers sont dévastés. C’est le début pour la ville d’un long déclin, que la crise des subprimes de 2008 achèvera en 2013 quand l’ancienne « Motor City » sera déclarée en faillite. Fidèle à sa ville, où elle est revenue vivre après que son père a été grièvement blessé par un cambrioleur en 1979, et à ses engagements, Aretha s’impliquera jusqu’à la fin de sa vie dans les œuvres de son église, la New Bethel Baptist Church, au cœur du ghetto noir. C’est là, en juillet 2018, que furent organisées les grandioses funérailles de celle dont le chant, trois ans auparavant, avait ému le président Obama. Marie Gérard ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 29 AOÛT AU 4 SEPTEMBRE 2020 9



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