Arte Magazine n°2020-34 15 aoû 2020
Arte Magazine n°2020-34 15 aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-34 de 15 aoû 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Guillaume Gallienne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°34. LE PROGRAMME DU 15 AU 21 AOÛT 2020 6 « Un enjeu majeur de santé publique » Brigitte Remy Mercredi 19 août à 22.45 Documentaire Lene Marie ou le vrai visage de l’anorexie Lire page 17 Qu’avez-vous ressenti face au portrait documentaire de Lene Marie Fossen ? Brigitte Remy  : Je l’ai trouvé très beau, très puissant et poignant. Et aussi, en tant que thérapeute, désolant, parce que cette jeune Norvégienne pleine de talent et de finesse n’a pas trouvé de remède à sa souffrance et a fini par en mourir. C’est encore le cas d’une proportion trop grande des personnes atteintes d’anorexie mentale, dont le taux de mortalité global, au bout de dix à vingt ans d’évolution, est dix fois supérieur au reste de la population du même âge. Elle reste la première cause de décès parmi les maladies psychiques. Quelle est la prévalence de l’anorexie ? Dans les sociétés occidentales, où elle touche en grande majorité des adolescentes, on estime que 0,5 à 1% des femmes entre 14 et 20 ans souffriraient de sa forme la plus sévère, mais dix fois plus si on inclut les atteintes mineures et la boulimie. En outre, on pense que la moitié seulement des troubles des conduites alimentaires, ou TCA, sont déclarés et soignés. On parle de « trouble » plutôt que de « maladie », car ils sont réversibles et ne détruisent pas les capacités cognitives et émotionnelles. Il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique, qui commence à être reconnu comme tel. En France, dans les services spécialisés, on dénombre beaucoup moins de décès qu’il y a vingt ans. Pourtant, comme pour le reste de la psychiatrie, nous restons très en deçà des moyens nécessaires. Pourquoi parle-t-on d’anorexie « mentale » ? « Anorexie » signifie perte d’appétit. Là, il s’agit d’un refus actif de s’alimenter pour apaiser des émotions dévastatrices. La dénutrition devient addictive, car elle provoque une sécrétion d’endorphines et de cortisol, qui anesthésient la douleur psychique et procurent une sorte d’euphorie. Il est essentiel de repérer très Dans la collection « La vie en face », ARTE diffuse le bouleversant Lene Marie ou le vrai visage de l’anorexie, dont la psychiatre Brigitte Remy viendra débattre à l’antenne. Entretien avec cette spécialiste des troubles des conduites alimentaires. tôt les conduites anorexiques, en développant notamment la prévention * et la détection, parce qu’au-delà de deux ans on s’installe dans une chronicité qui augmente la dépendance et rend la guérison plus difficile. Par ailleurs, comme Lene Marie le dit aussi, son mal ne relève en aucun cas d’un caprice. Elle a besoin de cette « solution » à la douleur. Loin d’une coquetterie tyrannique enjoignant de rester mince, le trouble s’accompagne souvent d’une hypersensibilité au malheur du monde. La souffrance de Lene Marie lui permet de comprendre plus profondément l’âme humaine, mais à un prix que personne ne devrait payer. Propos recueillis par Irène Berelowitch * La Fédération française anorexie boulimie (FFAB), dont le docteur Remy est membre, coanime une permanence téléphonique d’information et d’écoute anonyme, au 0810 037 037. LENE MARIE FOSSEN
BROWN UNIVERSITY CLAUDE GERNERY Mardi 18 août à 20.50 Série documentaire 1870-1871 – La guerre francoprussienne (1-3) Lire page 14 16/9 Julie d’Andurain. 11'-IiajCi.— 7'Lui. Étayée par un spectaculaire reportage de guerre et des témoignages d’époque, la série documentaire 1870-1871 – La guerre franco-prussienne revient sur ce conflit qui transforma l’Europe. Entretien avec l’historienne Julie d’Andurain. Amère défaite Quelle est la nature de la guerre franco-prussienne ? Julie d’Andurain  : Des États allemands coalisés dirigés par la Prusse mènent des attaques dans le nord et l’est de la France, vers la Loire et autour de Paris. Les combats, d’une violence inédite, entraînent de lourdes pertes, l’armée française ayant surestimé ses capacités militaires. En outre, pour la première fois dans l’histoire des conflits, la résistance vient des civils, ce qu’évoque notamment l’émouvant Journal  : 1867-1871 de Geneviève Bréton (éd. Ramsay, 1985,ndlr). En quoi ce récit constitue-t-il une source passionnante ? Il s’agit du témoignage rare d’une jeune femme de bonne éducation, issue d’un milieu bourgeois et qui s’exprime très bien. Son père la laisse libre de choisir son mari, ce qui est extraordinaire pour l’époque. Lorsque la guerre éclate, sa vie bascule. Elle prend alors conscience à la fois de la légèreté des années précédentes et de la difficulté de survivre. Paris assiégé est en proie à la famine et l’unique solution consiste parfois, comme elle le relate, à se nourrir de rats ou de chiens errants. Elle évoque aussi le rôle prépondérant des femmes et leur dévouement pour parvenir à trouver des moyens de subsistance. Pour moi, son journal représente une amorce de féminisme. La série s’appuie aussi sur les spectaculaires photographies de William Howard Russell, l’un des premiers correspondants de guerre... À cette époque, on les nomme des publicistes, c’est-à-dire des journalistes qui ne sont pas tenus de nuancer leur propos et affichent leurs opinions. D’origine irlandaise, Russella notamment couvert la guerre prusso-danoise en 1850, date à laquelle on commence à utiliser la photographie pour suivre les conflits. Avec l’essor de la presse, son usage se généralise durant la guerre de Sécession. Pour la première fois, le public découvre des images de cadavres. Par respect pour les victimes et leurs familles, les éditeurs de presse décident alors de ne plus montrer les morts de leur propre camp. Seules les images de ceux des rangs adverses sont utilisées à des fins de propagande. Qu’est-ce que cette guerre a changé ? Avec la défaite française et la constitution d’une Allemagne forte, elle conditionne une bonne partie du XX e siècle et notamment ce sentiment de revanche qui va conduire à la Première Guerre mondiale. Par ailleurs, la France ne regarde plus vers la ligne bleue des Vosges pour élargir ses frontières, mais mise sur la conquête coloniale. Propos recueillis par Laure Naimski 7ARTE MAG N°34. LE PROGRAMME DU 15 AU 21 AOÛT 2020



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