Arte Magazine n°2020-17 18 avr 2020
Arte Magazine n°2020-17 18 avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-17 de 18 avr 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : dérapages.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°17. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 AVRIL 2020 8 Dans une enquête à travers le monde, le réalisateur Sylvain Louvet remonte la piste des technologies qui nous surveillent et nous transforment en suspects potentiels. M Les technologies de surveillance sont souvent au départ présentées comme de simples expérimentations... Sylvain Louvet  : Partout, le schéma est le même. Les États justifient d’abord le développement de ces outils par un souci d’innovation et de soutien aux entreprises du pays. Mais dès que survient un événement exceptionnel, comme un attentat, ils les généralisent en invoquant l'argument sécuritaire. On l’a vu aux États-Unis, avec le Patriot Act. À l’origine, protéger la population relève évidemment d'une ambition louable, mais une fois qu’elles existent, ces technologies très intrusives peuvent être utilisées plus largement. La question essentielle est de savoir jusqu’où nous sommes prêts à sacrifier nos libertés individuelles au profit iri- v I là AI A l I 1 eu " I t I Yeemeii d Souriez, vous êtes filmés ! Sylvain Louvet de la sécurité. En France, Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique, vient de se prononcer en faveur de l’expérimentation de la reconnaissance faciale dans l’espace public. L’Europe est-elle donc également entrée dans cette course à la surveillance ? Aujourd’hui, 90% des investissements en intelligence artificielle sont répartis entre les États- Unis et la Chine. Entre ces deux mastodontes, l’Europe tente de se frayer un chemin. À la Commission européenne, les crédits en matière de sécurité augmentent à chaque vote de budget et 40% des fonds alloués à la recherche dans ce domaine sont attribués à des entreprises privées. Ces subventions publiques financent des projets CAPA PRESSE
dignes de films de science-fiction, comme des décollages de drones autonomes en cas d’alerte ou des robots patrouilleurs aux frontières. En France, des villes comme Nice ou Saint-Étienne expérimentent en ce moment des caméras à détection d’émotion dans les transports ou des micros qui repéreraient les bruits suspects, et tout cela se fait dans la plus grande discrétion... En Chine, ces technologies sont aussi des outils de contrôle de la population... Les Chinois, pour lesquels l’ordre social l’emporte sur la liberté individuelle, sont moins rétifs que nous à cette culture de la surveillance. Le crédit social, système de notation évaluant la morale des citoyens, n’y est contesté que par une minorité de dissidents. En revanche, dans le Xinjiang, province peuplée par la minorité musulmane ouïghoure, ces outils contribuent à une répression féroce. Sorte d’étoile jaune 3.0, les portes des maisons affichent un QR code délivrant des informations sur chaque foyer. Une application utilisée par la police chinoise sert également à faire remonter une série de données afin d’identifier les personnes suspectes et de les envoyer en camp de rééducation. Le plus inquiétant, c’est qu’à ce stade on ne sait pas si c’est un humain ou un algorithme qui prend cette décision. La deuxième option est, malheureusement, devenue un scénario plausible. Propos recueillis par Laetitia Moller Mardi 21 avril à 20.50 Documentaire Tous surveillés 7 milliards de suspects Lire page 18 14/4 M 19/6 ARTE MAG N°17. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 AVRIL 2020 9



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