Arte Magazine n°2020-11 7 mar 2020
Arte Magazine n°2020-11 7 mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-11 de 7 mar 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Téhéran tabou.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°11. LE PROGRAMME DU 7 AU 13 MARS 2020 6 141 À l’occasion de l’ambitieuse série documentaire que leur consacre ARTE, retour sur les exactions commises au Chili, pendant près de quatre décennies, par l’ex-caporal nazi Paul Schäfer au sein de la secte Colonia Dignidad. Mardi 10 mars à 21.45 Série documentaire Colonia Dignidad, une secte allemande au Chili (1-4) Lire page 15 8/4 "-à PR r siei ttIS tO ASCAIN eI CO PII I A is LOIUNADWNIII I 0 F SEREHOS mm EN LA LlIEHA POP JiiSTICIA. VEROAD Y NIEMORIA Indignités Elle s’appelait au départ Société de bienfaisance et d’éducation Dignité. Surnommée Colonia Dignidad, cette secte a, en réalité, fait vivre un enfer à ses trois cents adeptes allemands et à ses « bénéficiaires » chiliens. Donnant pour la première fois la parole à certains d’entre eux, la série documentaire d’Annette Baumeister et Wilfried Huismannrestitue, à travers l’histoire de cette communauté, la terrible emprise qu’exerçait sur ses membres son fondateur, Paul Schäfer. Caporal SS et brancardier militaire sous le III e Reich, l’homme se fait pasteur évangélique après la guerre et institue en 1958 une mission d’aide sociale près de Cologne. Dénoncé pour abus sexuels, celui que ses fidèles surnommeront bientôt « l’oncle permanent » prend le large et crée, en 1961, une communauté à 350 kilomètres au sud de Santiago du Chili. Il bénéficie de l’appui du gouvernement conservateur d’alors, qui lui octroie des terres. Dans un environnement bavarois reconstitué, travaux agricoles et tâches ménagères rythment la vie de ces colons allemands des Andes méridionales, totalement assujettis à leur gourou. En surface, la colonie prodigue des soins médicaux aux populations locales. En coulisse, les familles chiliennes et allemandes sacrifient leurs garçons à Paul Schäfer, qui satisfait ainsi ses pulsions prédatrices. PERSÉCUTION DES OPPOSANTS CHILIENS Quand le socialiste Salvador Allende accède au pouvoir en 1970, l’ex-nazi redoute les effets d’une réforme agraire sur son territoire. Il soutient le coup d’État militaire du 11 septembre 1973 qui marque le début de la dictature Pinochet. Proche du général Manuel Contreras, chef de la police politique, Paul Schäfer devient l’un des pivots du régime, en transformant une partie des dépendances de la colonie en camp de concentration pour opposants. Quelque trois cents fit Chiliens y ont été emprisonnés et torturés. Un an après le retour à la démocratie, en 1991, Colonia Dignidad prend le nom de Villa Baviera. Cible de plaintes pour abus sexuels émanant de victimes chiliennes, Paul Schäfer s’enfuit en Argentine en 1997, d’où il est extradé huit ans plus tard. L’ancien gourou décède en 2010, à Santiago, où il purgeait une peine de vingt ans de prison. Reconvertie dans le tourisme rural, la Villa Baviera aimerait faire oublier son passé. En mai 2019, le gouvernement allemand a consenti à une indemnisation de ses ressortissants à hauteur de… 10 000 euros par personne. Le mois suivant, un collectif de victimes a déposé plainte contre l’État chilien. Déjà portée à l’écran, en 2015, avec le film Colonia de Florian Gallenberger, cette tragique histoire donnera lieu à une série documentaire argentine et à une fiction chilienne, annoncées pour 2020. Benoît Hervieu-Léger SWR
COURTESY OF CHRISTIAN LOUBOUTIN Alors que le palais de la Porte Dorée lui consacre une exposition*, le créateur de la chaussure à l’iconique semelle rouge dévoile son processus de création dans un documentaire. Entretien. Comment avez-vous choisi la célèbre semelle rouge de vos chaussures ? Christian Louboutin  : Je ne l’ai pas cherchée. Mes premiers dessins étaient saturés de couleurs, et la semelle noire ne leur correspondait tout simplement pas. Un jour, j’ai emprunté du vernis à ongles à l’une de mes collaboratrices pour repeindre en rouge la semelle d’un soulier, un « accident heureux » devenu ma signature. Pourquoi les talons hauts donnent-ils aux femmes un sentiment de puissance ? D’abord, ils donnent de la hauteur. Ils irradient tout le corps et offrent une sorte de statut. Mais j’aime aussi les souliers plats et j’en ai toujours dessiné. Esprit libre, belle et sexy, Brigitte Bardot, par exemple, a toujours été associée à des ballerines ou aux pieds nus. Pour moi, les talons hauts appellent des moments de désir et de plaisir, où l’on arrête de courir, et j’aime cette manière orientale de ralentir. Une femme m’a dit un jour devant un soulier  : « Oh, c’est tellement inutile, j’en ai absolument besoin », et j’approuve totalement. La vie serait bien triste sans l’inutile. Quand j’étais enfant, dans les années 1970, je ne comprenais pas pourquoi on opposait féminisme et féminité, pourquoi une fille qui se maquillait et prenait soin d’elle devait a priori paraître stupide ou superficielle. Je citais l’exemple de Tina Turner, sublime avec sa crinière, ses minijupes et ses jambes interminables perchées sur des talons. Ayant pris son destin et sa carrière en main, elle Christian Louboutin « La vie serait triste sans l’inutile » incarnait pour moi la femme indépendante et forte. D’autant que ma première passion n’a pas été la mode, mais la musique et le cinéma. Que représente pour vous cette exposition au palais de la Porte Dorée ? C’est un lieu très fort de mon enfance, avec son architecture Art déco. J’ai grandi dans le 12 e arrondissement de Paris, à proximité de ce qui s’appelait alors le musée des Arts africains et océaniens, point de départ de mes premiers voyages imaginaires, avec le grand aquarium exotique du soussol et les œuvres provenant des anciennes colonies françaises. C’est ici que j’ai vu mon premier masque africain ou des collections de bijoux… Je lui dois beaucoup. J’espère qu’en découvrant cette exposition sur mon travail et sur les influences et l’artisanat du monde entier qui le nourrissent, les visiteurs éprouveront les mêmes émotions que celles que ressentait le petit garçon que j’ai été. Propos recueillis par Lydia Evers * « Christian Louboutin  : l’exhibition[niste] », du 26 février au 26 juillet. Vendredi 13 mars à 22.30 Documentaire Sur les pas de Christian Louboutin Lire page 21 6/3 M 11/4 7 ARTE MAG N°11. LE PROGRAMME DU 7 AU 13 MARS 2020



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