Arte Magazine n°2020-10 29 fév 2020
Arte Magazine n°2020-10 29 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-10 de 29 fév 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : science de l'humour.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°10. LE PROGRAMME DU 29 FÉVRIER AU 6 MARS 2020 6 L'écho des femmes Du 3 au 29 mars, en marge de la Journée internationale des femmes, ARTE porte haut leur voix, du féminisme des années 1970 à la colère des années #MeToo. Delphine Seyrig, tout en filmant, sourit de son célèbre sourire. Dans le cadre, une petite fille ânonne  : « Féminin, féminine  : qui est propre à la femme ; […] intelligence féminine, charme féminin, ‘internel’féminin… — Éternel », corrige, hors champ, la réalisatrice Ioana Wieder. Qui filme la filmeuse ? Probablement Carole Roussopoulos, mère de la jeune lectrice et amie des deux autres. La petite-fille de Carole, Callisto McNulty, rend aujourd’hui hommage aux joyeux combats de sa grand-mère et de ses complices. Son documentaire Delphine et Carole, insoumuses ouvre une programmation dédiée aux femmes. Du 3 au 29 mars, celle-ci reflète les multiples facettes d’une liberté sans cesse à reconquérir. En privilégiant, cette année, le regard des femmes sur elles-mêmes et sur le monde. PIONNIÈRES ET HÉROÏNES Ces pionnières qui carburaient à l’humour et à l’optimisme ont inspiré aussi à Catherine Corsini sa Belle saison, et à Petra Volpe la comédie Les conquérantes, qui raconte comment les Suissesses ont dû attendre 1971 pour arracher le droit de vote. Deux générations plus tard, la lame de fond #MeToo n’en finit plus de renvoyer l’écho désenchanté d’une aliénation toujours à combattre, y compris en soi-même, en montrant que les violences sexuelles, l’exploitation, le machisme restent la norme. Jennifer Fox recourt ainsi à la fiction pour regarder en face, dans Le passé recomposé, les viols longtemps occultés qu’elle a subis à 13 ans. Chanteuses, danseuses, gameuses, guerrières, espionnes…  : ces héroïnes fictives ou réelles bataillent aussi pour leur reconnaissance dans des sociétés qui veulent les cantonner aux seconds rôles. Un passage de relais toujours recommencé, à l’instar de L’envers d’une histoire, de Mila Turajlic, magnifique testament politique d’une mère à sa fille. Mardi 3 mars Un monde sans femmes à 20.50 Autopsie d’un triple meurtre – Sakine, Fidan, Leyla, militantes kurdes à 22.25 Avortement, les croisés contre-attaquent à 23.20 Mercredi 4 mars La belle saison à 20.55 Delphine et Carole, insoumuses à 22.40 Jeudi 5 mars Three Girls (1-3) à 20.55 Messi & Maud à 23.35 Vendredi 6 mars Le passé recomposé à 20.55 Tina Turner, la rage de vivre à 22.45 Tina Turner  : Live in Holland à 23.40 Héroïnes (1-3) à 1.15 Samedi 7 mars Les guerrières vikings à 20.50 Le guerrier était une femme – Une archéologie des sexes à 21.45 Court-circuit n°973 – Spécial Journée mondiale des droits des femmes à 0.30 Dimanche 8 mars Sculptrices, ni muses ni modèles à 18.00 Perfect Mothers à 20.55 Téhéran Tabou à 22.40 Lundi 9 mars Game Girls à 0.10 À mon âge, je me cache encore pour fumer Journée internationale des femmes 2020 Mercredi 11 mars Les conquérantes à 21.00 #MeToo entre dans la danse à 22.35 À mon âge, je me cache encore pour fumer à 23.25 Jeudi 12 mars Sous influence (1-4) à 20.55 Vendredi 13 mars Dido – Baloise Session 2019 à 23.55 Dee Dee Bridgewater & Memphis Soulphony – La Cigale, Paris à 1.05 Lundi 16 mars L’envers d’une histoire à 0.55 Mercredi 18 mars Elle s’en va à 21.00 Margaret Atwood – De la force des mots à 22.50 L’indomptée à 23.45 Vendredi 20 mars Berlin Live – Katie Melua à 2.30 Dimanche 29 mars La renaissance des peintres oubliées à 17.25 Sur le Web Kreatur – Spécial cinquante ans de combats pour les femmes En ligne le 8 mars Les espionnes racontent En ligne le 23 mars ZOI DALANA - KG
LES FILMS DE LA BUTTE Mercredi 4 mars à 22.40 Documentaire Delphine et Carole, insoumuses Lire page 21 26/2 2/5 I Callisto McNulty Féministes enchantées Comment est né ce documentaire que l’on pourrait qualifier de « film de famille » ? Callisto McNulty  : Ce film est né d’un projet que Carole, ma grandmère dont j’étais très proche, avait initié un an avant son décès, en 2009, sur le combat féministe de son amie Delphine Seyrig. Avec ses enfants, Alexandra et Géronimo Roussopoulos, coauteurs avec moi, il nous a semblé évident d’y intégrer sa voix pour retracer leur amitié et leur engagement dans les années 1970. Que vouliez-vous raconter à travers ces deux femmes artistes ? Nous avions envie de partager leur vision de l’engagement féministe, leur énergie créative, contagieuse. À travers leur portrait, nous voulions aussi réhabiliter l’image des féministes, souvent présentées comme rabat-joie et austères. Toutes les deux avaient une approche pas du tout dogmatique ou moralisatrice, mais au contraire pleine d’humour et d’irrévérence. Cette période, dite du « féminisme enchanté », s’est caractérisée par une forme de radicalité joyeuse, avec des actions et des slogans maniant le second degré. Leur engagement s’inscrivait dans les plaisirs de la vie  : elles n’avaient pas peur d’essayer. Callisto McNulty retrace le combat féministe et l’irrévérence joyeuse de deux amies  : l’actrice Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos, grand-mère de la réalisatrice et pionnière de la vidéo. Entretien. Pourquoi ont-elles utilisé la vidéo et le cinéma ? Avec ces outils, elles ont défendu la nécessité pour les femmes de se réapproprier leur propre image, à une époque où la télévision et le cinéma étaient dominés par les hommes. En tant que comédienne féministe, Delphine Seyrig a soutenu des films de réalisatrices, de Chantal Akerman à Marguerite Duras. En s’emparant de la vidéo, un média économiquement abordable, elles ont pu donner la parole à des femmes que l’on n’entendait pas, des prostituées de Lyon aux ouvrières de Lip. Toutes deux avaient une forte conscience politique et la conviction d’une sororité dépassant les barrières de classe. Quelles sont les résonances avec les combats féministes actuels ? On a tendance à croire que les avancées se font de façon progressive, mais les évolutions sociétales s’obtiennent en menant des combats. Nombre de luttes féministes restent d’actualité, qu’il s’agisse des normes façonnant les représentations des femmes à l’écran, des relations de pouvoir dans la sphère publique, du travail domestique ou encore des questions de sexualité et des droits des travailleuses du sexe. On a toujours besoin d’espaces d’expression, individuels ou collectifs, et l’utilisation de la vidéo dans les années 1970 fait écho à celle des réseaux sociaux aujourd’hui, comme en témoigne le mouvement #MeToo. Propos recueillis par Laetitia Moller 7ARTE MAG N°10. LE PROGRAMME DU 29 FÉVRIER AU 6 MARS 2020



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