Arte Magazine n°2019-50 7 déc 2019
Arte Magazine n°2019-50 7 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-50 de 7 déc 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : la foire aux vanités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°50. LE PROGRAMME DU 7 AU 13 DÉCEMBRE 2019 6 Qu’est-ce qui caractérise l’époque de l’intrigue ? Gwyneth Hughes  : Le roman couvre les trois premières décennies du XIX e siècle et se passe principalement en Angleterre. Il s’agit d’une période progressiste, dans le sillage de la Révolution française. Les barrières de classes se révèlent moins infranchissables  : les pauvres peuvent devenir riches, et inversement. Quel est le sujet du roman ? La foire aux vanités constitue une métaphore puissante du monde moderne. Chacun s’efforce d’acquérir ce qui ne possède en réalité aucune valeur  : seuls l’argent et la position sociale importent. L’héroïne – ou antihéroïne – du roman, Becky Sharp, s’évertue par tous les moyens à s’élever dans la société. Elle va en payer le prix, mais ne baissera jamais les bras. À travers le personnage d’Amelia Sedley, l’amie de Becky, Thackeray suggère également que l’amour romantique, et même l’amour d’une mère pour son enfant peuvent être empreints de vanité. Au fond, ce roman intemporel traite de la solitude de l’être humain. L’irrésistible ascension de Becky Sharp Adaptée du classique de William Makepeace Thackeray, la série La foire aux vanités met en scène la réussite d’une jeune arriviste dans le Londres du début du XIX e siècle. Entretien avec sa créatrice, Gwyneth Hughes (Cinq jours, Remember Me). Quels choix avez-vous opérés pour porter cette œuvre à l’écran ? Dans la seconde partie du roman, le rythme ralentit et des personnages secondaires apparaissent. J’ai décidé de la couper afin de me concentrer sur la relation amicale entre Becky et Amelia. J’ai souhaité conserver le ton sarcastique de l’auteur, capable de passer sans transition d’une séquence tragique à une scène férocement comique. Comment caractériseriez-vous le personnage de Becky ? Au début, c’est une jeune femme totalement démunie, sans famille ni travail. Mais elle est intelligente et dépourvue de ce sens du sacrifice prétendument féminin. Elle veut passer avant les autres, quitte à les écraser. Incapable d’aimer, Becky peut sembler monstrueuse. Elle demeure néanmoins attachante par sa joie de vivre, son optimisme et son humour. Par chance, Olivia Cooke, qui incarne Becky, est naturellement drôle. Comment l’avez-vous choisie ? Nous avons auditionné de nombreuses actrices avant de découvrir Olivia Cooke. Elle avait 22 ans mais en paraissait 18, et possédait ce mélange fantastique de sérieux et d’humour, de jeunesse et de maturité qui sied au personnage. Olivia est en passe de devenir une star *, nous avons eu la chance de l’attraper au vol. Propos recueillis par Laure Naimski * L’actrice a notamment joué dans la série Bates Motel et le dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One. Jeudi 12 décembre à 20.55 Série La foire aux vanités (1-3) Lire page 18 Disponible jusqu’au 10 janvier 2020 ZDF/ITV/ROBERT VIGLASKY
PICTURELUX/THE HOLLYWOOD ARCHIVE/ALAMY STOCK PHOTO Comment John Ford a fait de John Wayne l’incarnation mythique de l’Ouest américain. Éclairage en marge de la diffusion d’un remarquable portrait politique de l’acteur par Jean-Baptiste Péretié. American cow boy Dans La chevauchée fantastique, un surprenant mouvement de caméra fait découvrir le personnage de Ringo Kid, fringant jeune homme au regard clair, une selle de cheval dans une main, un fusil dans l’autre. C’est avec ce rôle de cow-boy, candide et rassurant, que John Wayne, jusque-là cantonné aux séries B, naît véritablement à l’écran, en 1939. L’acteur a 32 ans et son pygmalion s’appelle John Ford. L’influence de ce père de substitution sur sa carrière, sa vie et son évolution se révélera fondamentale. Si Wayne fait partie des intimes invités sur le yacht de Ford, l’Araner, pour des parties de pêche suivies de viriles beuveries, le cinéaste ne lui épargne aucune critique ni humiliation sur les tournages. Ford trouve pourtant en « Duke » Wayne la personnification idéale de sa vision de l’Amérique et du héros de l’Ouest, un homme aussi simple que direct, protecteur et fiable, dont l’instinct d’indépendance se mâtine d’un sens de la communauté. Inoubliable dans chacun de leurs quatorze longs métrages en commun, du film de guerre (Les sacrifiés) à la ballade irlandaise de L’homme tranquille, John Wayne devient chez Ford (mais aussi chez Howard Hawks) un comédien tout en subtilité. FACE-À-FACE DE GÉANTS Mais ce sont bien les huit westerns de légende tournés pour Ford qui confèrent à l’acteur sa stature de mythe américain. Interprète des trois films du cycle de la cavalerie, il incarne un officier mesuré face à l’aveuglement belliqueux de son supérieur, joué par Henry Fonda, dans Le massacre de Fort Apache, un capitaine à la veille de la retraite, aussi sentimental que brave, dans La charge héroïque et un lieutenant-colonel s’opposant à son épouse, campée par Maureen O’Hara (sa partenaire de prédilection), au sujet de leur soldat de fils dans Rio Grande. Officier nordiste pendant la guerre de Sécession dans Les cavaliers, John Wayne accède au grade de général dans le segment de La conquête de l’Ouest réalisé par Ford. Mais le héros à la ferme sérénité endosse aussi les oripeaux du hors-la-loi dans La chevauchée fantastique, et plus tard dans Le fils du désert. Des rôles qui le montrent humaniste, tenant d’une solution pacifique face aux Indiens, tolérant et toujours courageux, présence minérale se fondant dans le spectaculaire décor naturel de Monument Valley. D’une tonalité plus mélancolique, L’homme qui tua Liberty Valance en fait le symbole d’un monde qui disparaît, cow-boy justicier s’effaçant devant la loi portée par James Stewart. Enfin, dans peut-être son plus beau rôle, et son préféré, celui, complexe, d’Ethan Edwards dans La prisonnière du désert, « The Duke » incarne un homme solitaire et violent lancé dans une quête obsessionnelle pour retrouver sa nièce enlevée par les Indiens. Dans le sublime dernier plan de ce chef-d’œuvre, John Wayne figure pour l’éternité le lonesome cowboy américain. Marie Gérard Dimanche 8 décembre à 22.35 Documentaire John Wayne L’Amérique à tout prix Lire page 11 En avant-première dès le 1er décembre Disponible jusqu’au 14 décembre 7ARTE MAG N°50. LE PROGRAMME DU 7 AU 13 DÉCEMBRE 2019



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