Arte Magazine n°2019-47 16 nov 2019
Arte Magazine n°2019-47 16 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-47 de 16 nov 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : à hauteur d'enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°47. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 NOVEMBRE 2019 8 Pionnier de l’abstraction, le peintre d’origine allemande Hans Hartung fut guidé toute sa vie par une insatiable soif de créer. Une trajectoire prodigieuse, magistralement retracée dans un documentaire de Romain Goupil, à l’occasion d’une exposition au musée d’Art moderne de Paris. L’éternel inventeur Dimanche 17 novembre à 16.55 Documentaire Hans Hartung La fureur de peindre Lire page 14 En avant-première dès le 10 novembre 2019 Disponible jusqu’au 15 janvier 2020 Né à Leipzig en 1904, dans un milieu bourgeois, Hans Hartung dédie son existence à la création. Dès l’enfance, quand le tonnerre gronde, le garçon reproduit dans ses cahiers d’écolier les zigzags des éclairs. Une manière de « conjurer la foudre », comme le dévoilent les premières minutes du beau documentaire de Romain Goupil. « Mes éclairs enfantins m’ont donné le sens de la vitesse du trait, l’envie de saisir par le crayon, le pinceau, l’instantané. Ils m’ont fait connaître l’urgence de la spontanéité », écrit-il dans ses mémoires. Cet impérieux besoin de peindre ne le quittera jamais, y compris dans les circonstances les plus difficiles. Dès le milieu des années 1930, le peintre allemand, encore peu connu du grand public, est persécuté par le régime nazi, qui le classe dans la catégorie des « artistes dégénérés ». Quand l’Allemagne entre en guerre en 1939, il choisit son camp et rejoint la Légion étrangère de l’armée française pour combattre son pays d’origine. Sur le front, il esquisse des visages hébétés par la violence, rappelant ceux de Guernica de Picasso. DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE Démobilisé après l’armistice de 1940, il se réengage en 1943 comme brancardier pendant la campagne de libération de l’Alsace. Mais au cours de la bataille de Belfort, Hans Hartung, blessé à la jambe droite, doit se faire amputer jusqu’au-dessus du genou. Ni le handicap ni la précarité d’après-guerre n’entravent pour autant sa liberté de créer. À partir des années 1960, il place l’expérimentation au cœur de son art en utilisant de nouveaux outils, comme un couteau, un pistolet de carrossier, une tyrolienne ou un balai de branches de genêt. Avec une incroyable vitalité, l’homme, désormais en fauteuil roulant, frappe, pulvérise et gratte ses toiles. Son geste se fait plus ample et ses tableaux, balayés de jaunes acides et de bleus électriques, plus monumentaux. « L’art me paraît un bon moyen de vaincre la mort », déclare-t-il. Installé à partir de 1973 dans sa lumineuse villa-atelier d’Antibes – merveille d’architecture imaginée avec son amour de toujours, l’artiste norvégienne Anna-Eva Bergman –, Hans Hartung peint jusqu’à ses derniers jours. Il s’éteint le 7 décembre 1989, quelques semaines après la chute du mur de Berlin, qui ouvre la voie à la réunification de l’Allemagne. Hélène Porret ARTE est partenaire de l’exposition « Hans Hartung – La fabrique du geste », qui se tient jusqu’au 1er mars 2020 au musée d’Art moderne de Paris. FONDATION HARTUNG-BERGMAN
SWR/BASIS BERLIN FILMPRODUKTION Après Homs, chronique d’une révolte, le Syrien Talal Derki signe un documentaire bouleversant sur son pays ravagé, tourné dans l’intimité d’un djihadiste et de ses jeunes fils, et couronné, comme le précédent, d’un grand prix du jury à Sundance. Propos choisis. Mardi 19 novembre à 20.50 Documentaire Djihadistes de père en fils Lire page 18 Disponible jusqu’au 25 novembre Talal Derki Généalogie de la guerre Au cœur de la violence « Au moment où des millions de Syriens, comme moi, avaient pris le chemin de l’exil, j’ai voulu faire ce film pour comprendre pourquoi la guerre était en train de détruire mon pays. Cette fois, je ne souhaitais pas montrer l’horreur, ni les morts. En partageant le quotidien d’une famille djihadiste, je voulais comprendre comment la haine et la violence se transmettent de père en fils. C’est le patriarcat, avec sa glorification de la force et de la suprématie masculine, qui engendre et nourrit la guerre. Ce film parle moins de religion que de la manière dont les pères, quel que soit leur amour pour leurs fils, perpétuent la dictature. Les enfants que j’ai filmés n’ont aucune chance d’échapper à la violence dans laquelle ils baignent. C’est leur destin de devenir des combattants pour le califat. » Infiltré « Au sein du réseau clandestin de reporters d’images dans lequel je travaillais en Syrie depuis la révolution, j’ai fait savoir que je voulais filmer un djihadiste et ses fils. Un cameraman m’a conduit chez le jeune Oussama, 12 ans, qu’il avait rencontré dans un camp djihadiste à l’ouest d’Alep. Je me suis fait passer pour un journaliste sympathisant auprès de son père, un combattant du Front Al-Nosra, une branche syrienne d’Al-Qaida, après avoir effacé en ligne les traces qui pouvaient me trahir. Avec le cadreur, nous nous sommes installés dans une cahute minuscule, à 300 mètres de leur maison, car il était hors de question d’habiter à proximité des femmes et des fillettes. Peu à peu, les enfants, qui au début fixaient la caméra, se sont habitués à nous. » Cauchemars « En tout, nous avons tourné trois cent trente jours, étalés sur deux ans et demi. Parfois, je perdais courage, car la plupart du temps, dans ce village coupé de tout, il ne se passait rien. Les enfants, privés d’école, livrés à eux-mêmes, jouaient à la guerre. Le père disparaissait pour aller au front. Peu à peu, il a accepté que nous l’accompagnions dans ses opérations de déminage, et au combat. Bien sûr, j’avais peur. De sauter sur une mine, d’être démasqué, de ne jamais revoir ceux que j’aime. Mais j’avais aussi le cœur brisé. Par ces jeunes soldats de Bachar el-Assad, capturés par Al-Nosra, que j’ai filmés avant qu’ils ne soient presque tous exécutés, par ces petits garçons privés de leur enfance... Je raconte au début du documentaire que mon père, quand j’étais petit, me conseillait de relater mes cauchemars par écrit pour qu’ils ne reviennent plus. C’est ce que j’ai essayé de faire. Mais ce cauchemar-là continue de me hanter. » Propos recueillis par Jana Idris ARTE MAG N°47. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 NOVEMBRE 2019 9



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