Arte Magazine n°2019-46 9 nov 2019
Arte Magazine n°2019-46 9 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-46 de 9 nov 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Salman Rushdie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°46. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 NOVEMBRE 2019 6 Mercredi 13 novembre à 22.50 Documentaire Salman Rushdie La mort aux trousses Lire page 17 En avant-première depuis le 2 octobre Disponible jusqu’au 3 mars 2020 William Karel Les versets cathartiques Aviez-vous lu Les versets sataniques lors de la parution du roman ? William Karel  : J’avais commencé à l’époque ce récit de plus de 500 pages, et puis je l’avoue, j’avais abandonné, parce que je n’avais pas su voir qu’il annonçait le monde dans lequel nous allions vivre. Ce qui est frappant, quand on le lit aujourd’hui, c’est son caractère visionnaire, prophétique  : à un moment où l’Occident n’a aucune conscience du danger, Rushdie y annonce l’emprise que le fondamentalisme islamique va exercer sur nos existences. Il y a trente ans, personne n’imagine qu’en Europe on puisse être condamné à mort pour avoir écrit un roman. D’ailleurs, malgré son intuition et sa lucidité, Rushdie non plus. Au total, il y aura plus de soixante morts, et lui-même échappera à une vingtaine de tentatives d’assassinat. Cette condamnation à mort a fait de lui un symbole, et donc une figure mondiale, depuis sa clandestinité… Plaider publiquement sa cause, rappeler son calvaire d’homme proscrit a été pour lui une question de survie pendant ces dix années de clandestinité. On voit bien, dans le film, combien les manifestations de solidarité ont constitué une résistance certes symbolique, mais aussi vitale. Inversement, le discours de figures comme John Le Carré, Roald Dahl ou le prince Charles, qui ont critiqué le livre pour avoir offensé l’islam, relève pour moi d’une En 1989, condamné à mort par une fatwa de Khomeyni pour Les versets sataniques, l’écrivain Salman Rushdie plongeait dans la clandestinité. Avec sa complicité, William Karel consacre un documentaire, trente ans après, à ce livre « prophétique ». forme de renoncement face à la terreur. Après l’affaire des caricatures de Mahomet, et bien sûr le massacre à Charlie hebdo, nul ne peut plus ignorer la réalité de la menace. Mais comme le souligne Rushdie, l’Occident a abandonné une part de sa liberté de parole et de dénonciation face au fanatisme. L’affaire des Versets sataniques est fascinante parce qu’elle résume à elle seule tous les aspects d’une crise dans laquelle nous restons englués. En interviewant Rushdie à New York, où il vit aujourd’hui, qu’avez-vous découvert que vous ne saviez pas ? J’ai d’abord rencontré un bon vivant, plein d’humour, toujours prêt à s’amuser, étonnamment dénué de ressentiment et d’inquiétude, ce qui chez lui semble aussi une forme de résistance. J’ai été surpris par son optimisme, alors qu’il reste menacé malgré la levée de la fatwa iranienne. Il s’est même dit convaincu que l’islamisme radical serait balayé d’un coup, sans qu’on s’y attende, comme la superpuissance soviétique il y a trente ans. Propos recueillis par Irène Berelowitch Les films de la collection « Les grands romans du scandale » sont disponibles en avant-première sur arte.tv. GUILHEM LOPEZ/BRIGEMAN IMAGES
RESISTANCE FILMS/TEMPS NOIR Atlanta, fief hip-hop Quel lien unit le rap funky de Big Boi et André 3000, alias Outkast, aux sonorités plus rugueuses portées par leurs successeurs T.I. ou Future ? Tous émergent d’Atlanta, berceau d’un rap novateur pimenté de soul, de pop ou d’électro. Si les premiers ont propulsé la ville natale de Martin Luther King sur la scène rap au milieu des années 1990, une nouvelle génération l’a convertie en capitale mondiale du hip-hop, grâce au succès fulgurant de la trap, sous-genre débridé et instrumental né dans les quartiers du deal. Plongeant dans cette effervescence, Lost in Traplanta, websérie hybride, entre fiction et documentaire, primée au Festival de La Rochelle comme au Webfest de Berlin *, suit en dix fois huit minutes l’humoriste Kody Kim dans une drôle d’enquête  : il incarne Larry, un Français lâché par sa petite amie, qui pour la reconquérir doit retrouver les compères d’Outkast, aux abonnés absents depuis dix ans. « La fiction est une manière légère et décalée d’aborder un univers pointu, méconnu du grand public », précise le réalisateur Mathieu Rochet, cofondateur du magazine de hiphop Gasface. Sous la direction exigeante du rappeur Masta Ace, alias Rap God – le « dieu du rap », voix off de la série –, son héros sillonne Atlanta et s’enfonce sans le savoir dans les eaux troubles de la trap, rythme et âme de la ville, entre rage et lyrisme. MILLE VISAGES ET HISTOIRES Mené par un Kody Kim aussi touchant que truculent, ce road trip urbain, truffé de situations cocasses, compose par petites touches une photographie minutieuse de la scène musicale locale, qui n’a cessé de puiser dans l’histoire de cette ville majoritairement afro-américaine, siège de CNN et de Coca-Cola, mais aussi plaque tournante du trafic de drogue. Des retrouvailles avec quelques membres du collectif Dungeon Family (Outkast y a fait ses premières armes) à un passage au strip club, rouage méconnu de l’industrie locale du rap, Lost in Traplanta déambule avec audace, et ce qu’il faut de pédagogie, dans une histoire, une culture, une esthétique uniques. Fresque aux mille visages et histoires (rappeurs amateurs, producteurs illustres, musiciens fringants et danseurs de rue…), la série offre un bel hommage à une jeunesse qui a su se réinventer à travers les époques pour imposer sa patte dans le hip-hop mondial. Clara Le Quellec * Meilleure série Web et digitale à La Rochelle et « Best non-fiction » au Webfest de Berlin, Lost in Traplanta est coproduite par ARTE France, Temps Noir, Résistance Films et la RTBF. En partenariat avec Lost in Traplanta En ligne sur arte.tv/traplanta Pistant le duo Outkast, en sommeil depuis dix ans, la websérie Lost in Traplanta explore les entrailles d’Atlanta, nouvelle Mecque du rap. Une jubilatoire virée hip-hop entre fiction et documentaire. La culture hip-hop à l’honneur À l’antenne et sur le Web, ARTE célèbre la vitalité d’une scène rap hétéroclite. Dans le club Le rendez-vous qui fédère la scène rap francophone fait sa rentrée ! Avec Oxmo Puccino, Aloïse Sauvage, Seth Gueko et Bramsito, une soirée retransmise à l’antenne le vendredi 22 novembre, à retrouver aussi sur arteconcert.com, avec l’ensemble des prestations déjà captées. Des webséries Toujours en ligne sur arte.tv, l’épopée d’une émission culte (La vraie histoire de « H.I.P. H.O.P ») , l’histoire du rap contestataire français (Saveur bitume – Quand le rap est engagé), la singularité des MC hexagonaux (French Game – Du hip-hop à la pop, une histoire du rap français) ou encore le plus universitaire des laboratoires de contre-culture urbaine (Paris 8 – La fac hip-hop). 7ARTE MAG N°46. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 NOVEMBRE 2019



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