Arte Magazine n°2019-45 2 nov 2019
Arte Magazine n°2019-45 2 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-45 de 2 nov 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Léonard de Vinci.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°45. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 NOVEMBRE 2019 6 Frédéric Wilner (Toutankhamon, le trésor redécouvert) a suivi la restauration d’une version de La Vierge au fuseau, dont la paternité pourrait être attribuée au maître de la Renaissance. Gros plan, à la faveur de la rétrospective qui s'ouvre le 24 octobre au Louvre. Léonard de Vinci L’ombre du doute Samedi 2 novembre à 20.50 Léonard de Vinci Le chef-d’œuvre redécouvert Lire page 11 En avant-première dès le 26 octobre Disponible jusqu’au 31 décembre Dimanche 3 novembre à 16.45 Léonard de Vinci La manière moderne Lire page 14 En avant-première dès le 27 octobre Disponible jusqu’au 1er janvier 2020 La Vierge au fuseau Dans quelles circonstances vous êtes-vous trouvé dans la boucle de cette restauration ? Frédéric Wilner  : Par un heureux hasard ! D’un précédent film, je connaissais la restauratrice Cinzia Pasquali, une sommité dans son domaine – c’est à elle déjà que le Louvre avait confié la restauration de La Sainte Anne de Léonard de Vinci. Un jour, donc, je la rencontre et elle me dit  : « Il faut que je te montre quelque chose. » Je me rends dans son atelier, où elle me dévoile cette Vierge au fuseau et son histoire. Celle-ci a vraisemblablement été exécutée au tout début du XVI e siècle, puis on a perdu sa trace pendant trois cents ans. Le tableau est réapparu en 1809, lorsqu’il a été acheté aux enchères par un aristocrate britannique. D’Angleterre, il est ensuite passé de collectionneur en collectionneur, des États-Unis au Canada. Des doutes sur l’identité du peintre s’étaient-ils déjà faits jour ? Dans le passé, certains experts s’étaient interrogés sur l’auteur du tableau. Mais c’est seulement lorsque Cinzia Pasquali a commencé à nettoyer la couche picturale que l’on a pensé que cette Vierge au fuseau valait peut-être mieux qu’une copie. Il en émane une lumière, une transparence singulières – autant d’éléments qui ont certainement donné envie à son actuel propriétaire de le faire restaurer. Je ne suis pas un expert, mais qu’il puisse être attribué à un maître comme Léonard de Vinci, j’ai tout de suite eu envie d’y croire. Comment les choses se sont-elles enchaînées ? J’ai proposé à Cinzia Pasquali de filmer un peu de son travail de nettoyage, et j’ai présenté les images montées à Hélène Coldefy, la directrice de l’unité Découverte et Connaissance d’ARTE France, qui a très vite été convaincue de la pertinence d’un projet au long cours. Car, au-delà de l’authentification ou non, il nous a semblé évident que montrer toutes les étapes du processus, à la fois la restauration matérielle et le travail d’enquête sur l’histoire du tableau, pouvait constituer une aventure inédite. Quels ont été, pour vous, les moments les plus forts du tournage ? Je retiendrais d'abord celui où Vincent Delieuvin, conservateur au Louvre en charge des peintures italiennes du XVI e siècle et co-commissaire de l’exposition qui s’y ouvre [voir encadré] a fait porter le tableau à la salle des États pour le comparer à La Joconde et à La Sainte Anne. Cela a été une MAT. LOMBARD/ARCANE/ILIADE PRODUCTIONS
ZED expérience intense. Tout comme lorsque nous sommes allés à Mantoue consulter les archives de la correspondance d’Isabelle d’Este, ou lorsque la couche picturale du tableau a été analysée par les experts de l’Opificio delle Pietre Dure de Florence. Mais ce qui m’a peut-être le plus profondément marqué, c’est la patience qu’il a fallu aux experts pour assembler les pièces du puzzle. Visuellement, comment vous y êtes-vous pris pour faire partager ces moments aux spectateurs ? Le défi était évidemment de mettre tout cela en images de manière exceptionnelle. Il fallait à la fois maintenir la tension engendrée par l’investigation, mais aussi donner à voir chaque détail, jusqu’à l’infiniment petit lors des phases de nettoyage et de restauration. Si Léonard de Vinci en a été l’auteur, c’est dans chacun des gestes du peintre que l’on pourra le constater. Ce tableau est-il de lui ? L’est-il seulement partiellement ? Le débat est désormais ouvert et chacun peut avoir sa conviction. Propos recueillis par Christine Guillemeau Louvre  : l’exposition événement Après des mois de doute (et de tensions diplomatiques), le ministère italien de la Culture a finalement accepté de prêter sept œuvres supplémentaires au Louvre, à l’occasion de la grande exposition que le musée consacre à Léonard de Vinci. Parmi ces trésors, le célèbre Homme de Vitruve, ainsi que quatre autres dessins de la main du maître. Cette moisson, qui s’ajoute aux treize œuvres déjà prêtées par des musées transalpins, complète le prodigieux fonds du Louvre, qui réunit cinq tableaux et vingt-deux dessins du maître. Des négociations sont en cours afin de présenter plusieurs autres de ses chefs-d’œuvre, parmi lesquels Le Salvator mundi, propriété d’un collectionneur, ou la Madone Benois, propriété de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Réunissant d’ores et déjà un corpus d’œuvres exceptionnelles, cette grande rétrospective promet d’être un événement phare de l’automne. Depuis l’ouverture des réservations, plus de 170 000 billets ont déjà été achetés sur le site du Louvre. L’exposition « Léonard de Vinci », dont ARTE est partenaire, se tient du 24 octobre 2019 au 24 février 2020. Léonard, un peintre à part Perfectionniste, Léonard de Vinci revenait inlassablement sur ses tableaux. Aujourd’hui encore, les spécialistes s’interrogent sur sa manière de peindre  : s’il travaillait au pinceau, on sait aussi qu’il utilisait ses doigts, multipliait les couches de glacis, cherchait des effets de transparence. Probablement de sa propre initiative, il dédie ses vingt dernières années à la réalisation de trois tableaux  : La Vierge et l’enfant jouant avec un agneau, dite La Sainte Anne ; Saint Jean Baptiste ; et Monna Lisa. « Le point de départ de La Joconde n’est pas quelque chose de grandiose, c’est le portrait d’une dame de la bourgeoisie florentine, relève Vincent Delieuvin dans le passionnant documentaire que Sandra Paugam consacre à l’artiste. Mais Léonard a cherché à en faire l’emblème de son art, que sa peinture soit une représentation parfaite de la vie et qu’elle ait la magie de l’expression de l’humanité. » L’artiste commence vers les années 1500 la réalisation de ce chefd’œuvre devant lequel se pressent chaque jour plus de 30 000 visiteurs au Louvre. Il le peindra jusqu’à la fin de sa vie, en 1519. ÉDITIONS Coédité par ARTE Éditions et le Louvre, le coffret réunissant le documentaire de Frédéric Wilner et Léonard de Vinci – La manière moderne de Sandra Paugam, diffusé dimanche à 16.45, est disponible à partir du 5 novembre. 7ARTE MAG N°45. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 NOVEMBRE 2019



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