Arte Magazine n°2019-38 14 sep 2019
Arte Magazine n°2019-38 14 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-38 de 14 sep 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Hierro.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 SEPTEMBRE 2019 8 Avec de somptueuses images, cette série dévoile les prouesses d’oiseaux et d’insectes migrateurs capables de voler durant des milliers de kilomètres. Entretien avec le réalisateur Alexis de Favitski, qui a suivi le voyage du papillon Belle-Dame et du faucon d’Éléonore. Étonnants voyageurs Qu’est-ce qui pousse certains animaux à migrer ? Alexis de Favitski  : Des processus, qui se sont mis en place très lentement dans leur évolution, les incitent à partir. Ils ont en outre développé des capacités qui leur permettent de profiter au maximum de leur environnement, en étant au bon en droit au bon moment pour se nourrir. Les papillons Belles-Dames passent l’hiver en Afrique du Nord et migrent au printemps, quand la température augmente et qu’une guêpe parasite tue les chenilles. Ils entament alors un voyage de quatre mois sur deux générations jusqu’à une île en Suède, soit 5 000 kilomètres, en profitant des floraisons. La première génération se reproduit pendant ce périple et meurt en arrivant dans le nord de la France, tandis que la seconde poursuit sa route. Il est fascinant qu’un animal de moins d’un gramme puisse parcourir une telle distance. Il s’agit d’une des plus longues migrations d’insectes connues à ce jour. Les faucons d’Éléonore, eux, réussissent à décaler leur migration pour se nourrir des passereaux qui traversent les îles méditerranéennes où ils vivent, avant de s’envoler pour Madagascar. Comment les scientifiques parviennent-ils à identifier les routes empruntées ? Jusqu’à présent, ils connaissaient le point de départ et d’arrivée des faucons, mais pas l’itinéraire qu’ils suivaient. Une balise Argos, posée sur un jeune individu, a permis de le détailler, comme nous le dévoilons dans l’épisode. Des radars ont aussi montré que les Belles-Dames reviennent au Maroc d’une seule traite en deux semaines. Incroyable ! Comment font ces petits animaux pour s’orienter ? Ils disposent de nombreux outils  : une vue performante, une bonne mémoire, un compas stellaire pour lire les étoiles, un compas magnétique, peut-être même la capacité à percevoir et à lire les infrasons, ces ondes émises par les frottements du vent sur les reliefs, et une horloge interne leur permettant de calculer leur durée de vol. Comment avez-vous pu obtenir des images d’une telle beauté ? Pour celles en altitude, j’ai utilisé des drones. Pour les prises de vue au plus près des animaux, des caméras motorisées ont évité d’être trop intrusif. Le vol du faucon, très difficile à suivre, a été réalisé au téléobjectif. Nous sommes parvenus à filmer ces rapaces à l’instant où ils attrapent des passereaux en vol  : c’est très impressionnant. Pour les papillons, en nous armant de patience, nous avons réussi, chose rare, à les filmer en mouvement. Propos recueillis par Laure Naimski Du lundi 16 au jeudi 19 septembre à 19.00 Série documentaire Migrations secrètes Lire page 14 En ligne du 9 au 25 septembre LA COMPAGNIE DES TAXI-BROUSSE, 2018
LA GÉNÉRALE DE PRODUCTION Sisulu, le procès d’un héros discret En quatorze minutes, Accused #2 – Walter Sisulu, documentaire en réalité virtuelle de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, propose une sidérante immersion au cœur du procès historique de Rivonia (1963-1964) et de la lutte antiapartheid. Il y a d’abord cette voix suspendue, vibrante de douceur et de fermeté politique. Celle de Walter Sisulu, tête pensante de l’ANC et mentor de Mandela, discret héros resté dans l’ombre. À la faveur de la réalité virtuelle, une traversée de l’espace-temps nous transporte à ses côtés, dans le huis clos oppressant du procès de Rivonia (1963-1964) et l’atmosphère glaçante de l’apartheid, restitués, en l’absence d’images, par les traits de fusain inspirés de l’artiste Oerd Van Cuijlenborg. À 52 ans, l’accusé numéro deux comparaît face à ses juges, porté tout à la fois par le sens de la justice et celui de l’histoire. Il sait que ce procès constitue, pour lui et ses huit camarades inculpés d’actes de sabotage, une tribune politique en même temps qu’il les expose à une condamnation à mort. Derrière ses épaisses lunettes, Walter Max Elyate Sisulu ne fléchit pas, inspiré par la déclaration de Nelson Mandela, qui ouvre le documentaire  : « Toute ma vie (…), j’ai porté dans mon cœur l’idéal d’une société démocratique et libre, c’est l’idéal que j’espère voir un jour se réaliser. Mais monsieur le juge, c’est l’idéal pour lequel je suis prêt à mourir… » Extraite des 256 heures d’enregistrements sonores de ce moment historique, exhumés et restaurés par l’INA, la parole du futur président résonne comme un manifeste, que transcende en une forme d’hommage l’animation en noir et blanc. L’évidence des convictions Alors que son avocat Bram Fischer invite le prévenu à retracer son parcours, le documentaire en 360° de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, coproduit par ARTE France, La Générale de Production,UFO Production, Rouge International, avec l’INA et Radio France, suit avec pudeur les méandres de son récit, survolant de harassantes mines d’or et le chaos d’un township. Le procureur Percy Yutar, zélé représentant du régime ségrégationniste, s’agite alors autour de Sisulu dans une danse menaçante – il l’interrogera cinq jours durant. Il veut des noms, que l’inculpé lui refuse, bouleversant de dignité. À la violence perfide du magistrat, confit dans la certitude du pouvoir, l’accusé oppose les persécutions et les arrestations arbitraires en masse, qui ont poussé son mouvement à se radicaliser  : « Si vous étiez comme moi, vous vous rendriez compte de la situation dans le pays. » Une combatiibté inébranlable, portée par l’évidence des convictions. « Les deux races, dit-il, peuvent diriger et être élues ensemble. Nous rejetons les débats fondés sur une question de couleur. » Trente ans avant les premières élections multiraciales en Afrique du Sud, et l’accession de l’ANC et de Nelson Mandela au pouvoir, ce précurseur de la lutte antiapartheid, qui sera condamné à la prison à perpétuité, esquisse l’avenir, inéluctable, de la nation arc-en-ciel. Sylvie Dauvillier * Des mêmes auteurs, le documentaire L’État contre Mandela et les autres est diffusé le 25 août à 23.55, et est disponible sur arte.tv jusqu’au 23 octobre. Accused #2 – Walter Sisulu En ligne le 25 août arte.tv/accused2 ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 SEPTEMBRE 2019 9



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