Arte Magazine n°2019-38 14 sep 2019
Arte Magazine n°2019-38 14 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-38 de 14 sep 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Hierro.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 SEPTEMBRE 2019 6 Caractères bien trempés, dans la vie comme à l’écran, Candela Peña, dans le rôle d’une juge, et Darío Grandinetti, dans celui d’un trafiquant, forment le duo de tête de l’envoûtante série policière Hierro, la première qu’ARTE coproduit avec l’Espagne, tournée aux confins des Canaries. Jeudi 19 septembre à 20.55 Série Hierro (1-3) Lire page 22 En ligne du 13 septembre au 16 octobre 2019 Dans la nasse d’Candela Peña (la juge Candela Montes) « Ce n’est pas moi qui n’aime pas l’île, c’est l’île qui ne m’aime pas », résume la juge Candela Montes, alias Candela Peña, avec la lucidité tranchante qui caractérise son personnage. Femme de tête et mère célibataire d’un enfant handicapé, la magistrate vit sa mutation à El Hierro, aux confins des Canaries, comme un exil forcé. L’isolement, la méfiance des insulaires et de récurrents problèmes de plomberie ne la font pas dévier de l’instruction d’un crime qu’elle mène à la baguette en bravant les conservatismes locaux. Actrice espagnole réputée elle-même pour son franc-parler, Candela Peña partage, outre son prénom, d’autres points communs avec celle qu’elle incarne  : sa condition monoparentale, son féminisme (auquel elle préfère le terme d’« égalitarisme » *) et son sens de la formule. Elle a d’ailleurs souligné sa proximité avec cette franc-tireuse, toujours prête à ferrailler contre le machisme pour imposer le droit. Cette enfant de Barcelone accède à la reconnaissance à 26 ans grâce à son rôle dans Tout sur ma mère, de PedroAlmodóvar, où elle interprète la mémorable Nina, maîtresse volcanique et toxicomane de Marisa Paredes. Deux fois récompensée du Goya (le César ibérique) du meilleur second rôle, elle a décroché celui de la meilleure actrice en incarnant une prostituée dans Princesas (2005). « Les prix ne valent rien » *, assène cette quadra fonceuse, qui craint aussi peu de fâcher l’industrie du cinéma que de risquer son image à l’écran. Darío Grandinetti (Antonio Díaz Martínez) Exploitant d’une bananeraie à El Hierro, Antonio Díaz Martínez en fait une couverture avantageuse pour des activités plus lucratives et moins avouables. Lesté d’une ancienne condamnation pour homicide et supportant mal les oppositions, l’homme fait figure de coupable idéal quand son futur gendre, dont il désapprouvait l’union avec sa fille unique, est assassiné quelques heures avant la noce. Sur cette ATLANTIQUE PRODUCTIONS
une île ATLANTIQUE PRODUCTIONS île où tout se sait et où l’étranger est suspect a priori, son unique planche de salut passe par la découverte du véritable meurtrier, tandis que son foyer vole en éclats. Sa confrontation avec la juge Montes scelle entre ces deux outsiders, animés par le même objectif et en butte à l’hostilité insulaire, une trouble reconnaissance mutuelle. Dans la réalité, les deux acteurs ont aussi en commun le parrainage d’Almodóvar, puisque c’est le film Parle avec elle (2002), où Darío Grandinetti campe un journaliste, argentin comme lui, qui a propulsé sa carrière internationale, et que le maître l’a de nouveau sollicité en 2016 pour Julieta. Né dans une province rurale de l’Argentine, il était destiné à suivre les traces de ses parents agriculteurs, comme son personnage dans Hierro, avant de décider, en 1984, à 25 ans, de devenir comédien. Il se fait rapidement un nom dans un cinéma argentin en pleine renaissance après la chute de la dictature militaire. Entre autres rôles récents, il a notamment incarné son célèbre compatriote dans Le pape François (2015), après avoir sollicité, et obtenu une audience à Rome pour mieux s’y préparer. Dans le remarquable Rojo d’un autre Argentin, Benjamin Naishtat (2018), sorti en salles au début de l’été, il démontre, comme dans la série, son grand talent pour l’ambiguïté. Benoît Hervieu-Léger *El país, juin 2019 ÉDITIONS Hierro sera disponible en VOD et DVD à partir du 5 septembre chez ARTE Éditions. Le méridien zéro Les frères Coira, Pepe (le créateur) et Jorge (le réalisateur), ont fait de l’île d’El Hierro, réserve de la biosphère de l’Unesco, le troisième pilier de leur série. Verbatim. « Notre intention était d’ancrer l’île dans la narration. Au-delà du décor, elle devait être un pilier de l’intrigue, qui nous transporte dans l’action. Nous avons vécu quelque temps à El Hierro pour nous imprégner de sa réalité, pour que celle-ci entre pleinement dans l’histoire et interagisse avec les personnages. » (Jorge Coira) « L’île est la pire affectation possible pour un juge. C’est le dernier endroit où aller. Elle était jadis considérée comme le méridien zéro, le point où tout finit, mais aussi où le monde commence. » (Pepe Coira) « C’est l’ambiguïté du personnage de Díaz que nous avons développée. Cette ambivalence, qui est universelle, touche l’ensemble des protagonistes, car tout le monde est ainsi fait. […] À première vue, Candela Peña, avec son énergie débordante et sa franchise, ne correspond pas à la figure autoritaire d’une juge. C’est cette dissonance que nous cherchions. Quant à Darío Grandinetti, il a quelque chose de l’iceberg  : en surface, peu de choses transparaissent, mais lorsqu’on creuse, sa personnalité se révèle. » (Pepe Coira) Retrouvez en vidéo l’intégralité de cet entretien sur arte.tv. 7ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 SEPTEMBRE 2019



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