Arte Magazine n°2019-36 31 aoû 2019
Arte Magazine n°2019-36 31 aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-36 de 31 aoû 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Bauhaus, un temps nouveau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 31 AOÛT AU 6 SEPTEMBRE 2019 8 ARTE programme quatre films parmi les plus beaux de François Ozon, maître du trouble et de la subversion. Retour sur ce qui les lie. Ozon, l’aventure intérieure Cycle François Ozon Dimanche 1er septembre Sous le sable à 20.55 Lire page 14 Mercredi 4 septembre Jeune & jolie à 20.55 Lire page 21 Lundi 9 septembre Une nouvelle amie à 20.50 Le temps qui reste à 22.35 « C’est l’histoire d’une aventure intérieure », disait en 2013 François Ozon de son controversé Jeune & jolie. Les trois autres films du cycle qu’ARTE dédie au cinéaste s’inscrivent aussi, chacun à leur façon, dans un récit de ce type. Loin du dispositif ultraréférencé qui a fait le succès notamment de 8 femmes, Ozon y accompagne ses personnages tout au long d’un cheminement intime, parfois ambigu, vers un devenir, une identité, une acceptation. Sous le sable, Le temps qui reste, Jeune & jolie et Une nouvelle amie tissent entre eux des liens qui sous-tendent l’ensemble de son œuvre prolifique (dix-huit longs métrages en vingt ans), lui conférant sa cohérence comme sa profonde singularité. Lorsqu’il écrit l’intrigue de Sous le sable (2000), projet auquel personne ne croit, François Ozon s’inspire d’un souvenir marquant de son enfance, survenu lors de ses vacances en famille au bord de la mer. Marie, la belle femme mûre dont le mari (Bruno Cremer) se volatilise sur une plage des Landes, se réfugie d’abord dans le déni – un aveuglement déjà présent dans leur vie de couple –, avant de se faire peu à peu à l’idée de sa mort, sur les lieux mêmes de sa disparition. Charlotte Rampling, qui accomplit alors un come-back retentissant, devient par la même occasion l’actrice fétiche d’Ozon (Swimming pool, Angel, Jeune & jolie). JEUX DE MIROIRS Dans Le temps qui reste (2005), c’est à sa propre disparition que le jeune photographe cynique et arrogant incarné par Melvil Poupaud (photo) se trouve soudainement confronté. Se sachant condamné, il se réconcilie avant tout avec lui-même, plus encore qu’avec son entourage, dans un poignant jeu de miroirs avec l’enfant qu’il fut. Dédoublement, processus de deuil et quête d’identité sont également au cœur d’Une nouvelle amie, mélodrame stylisé dans lequel David (Romain Duris) revêt les tenues de sa défunte épouse Laura, semant le trouble chez Claire (Anaïs Demoustier), l’amie fidèle de la disparue. La jeune femme va peu à peu surmonter son chagrin pour apprivoiser sa féminité, en symbiose avec David qui, lui, se révèle dans le travestissement. De ce désordre dans le genre naît un nouvel amour, visité par le fantôme de Laura, tout comme celui de Bruno Cremer venait hanter Charlotte Rampling. Laquelle, symboliquement, rencontrera Marine Vacth à la fin de Jeune & jolie. Dans ce parcours de transgression adolescente, la jeune héroïne perd sa virginité sur une plage, encore – lieu fondamental dans l’œuvre de François Ozon, et ce, dès ses premiers courts métrages –, puis, sans états d’âme apparents, commence à se prostituer à Paris, en marge de ses cours. Le dénouement qui réunit ces deux actrices au regard vert, également opaques et mystérieuses, sonne comme un passage de relais dans l’univers du plus almodovarien des cinéastes français. Marie Gérard Le temps qui reste PROKINO 2019
ECPAD 80 e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale Dimanche 1er septembre Été 39 à 22.25 Pologne 1939 – La métamorphose des soldats en criminels de guerre à 23.55 Mardi 3 septembre Drôle de guerre à 20.50 Lire page 18 La blonde province de Himmler – Une expérimentation en Pologne à 22.25 Mercredi 4 septembre Seul dans Berlin à 23.25 Cédric Gruat L’absurde attente En quoi la « drôle de guerre » vous a-t-elle particulièrement intéressé ? Cédric Gruat  : Après avoir réalisé pour ARTE Le temps du retour, qui traitait de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il était intéressant de travailler sur l’ouverture du conflit, autre moment charnière de l’époque. La période 1939-1940 a été assez peu explorée et souvent à travers le prisme de la défaite, biaisant ainsi notre regard. Je suis au contraire parti du postulat qu’en septembre 1939, lorsque la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne, rien n’est joué, tout est possible, et que la défaite française n’est pas déjà écrite. Comment avez-vous abordé la question des archives ? Je me suis appuyé sur les travaux de l’historien Fabrice Grenard *, qui a notamment étudié le « fonds de Moscou », un important ensemble d’archives saisies en 1945 en Allemagne par les Soviétiques et restituées à la France entre 1994 et 2001. Elles montrent sous un jour nouveau l’opinion publique au moment de l’entrée en guerre, et révèlent que les Français font confiance à la stratégie militaire adoptée. Le retrait derrière la ligne Maginot est bien compris et accepté, dans la mesure où la France n’est pas encore prête à combattre. Quelles autres archives avez-vous utilisées ? J’ai tenu à mettre en lumière les points de vue des deux camps pour expliquer comment cette stratégie, Si l’on présente souvent la « drôle de guerre » (1939-1940) comme le prélude à une victoire inéluctable de l’Allemagne nazie sur les Alliés, rien ne fut joué d’avance, souligne le réalisateur Cédric Gruat dans un documentaire riche d’archives passionnantes. Entretien. cohérente au départ, s’est progressivement avérée mauvaise. J’ai donc collecté des images françaises, britanniques et allemandes, essentiellement tournées par les armées, ainsi que d’autres archives assez rares, provenant de films amateurs, pour insuffler de la vie au récit. Très émouvantes, certaines lettres de soldats qui ont passé le filtre de la censure montrent aussi combien l’attente qui perdure finit par paraître absurde. Quelles sont les grandes étapes de la « drôle de guerre » ? À la fin de l’été 1939, à la déclaration de guerre, la confiance prime tant du côté français que du côté anglais. Elle commence à s’effilocher avec l’automne. Le doute s’installe. Les Français se demandent combien de temps la guerre va durer et pourquoi l’armée n’attaque pas. Chez les soldats, l’ennui cède le pas à la dépression au cours d’un hiver très rigoureux. La propagande allemande contribue à saper le moral des troupes. Au printemps, tout s’accélère. En avril, l’Allemagne attaque le Danemark et la Norvège. Les Alliés ripostent, marquant la fin de la « drôle de guerre » quelques jours avant l’offensive d’Hitler à l’ouest et la débâcle en France. Propos recueillis par Laure Naimski * Auteur notamment de La drôle de guerre – L’entrée en guerre des Français (Éditions Belin, 2015). ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 31 AOÛT AU 6 SEPTEMBRE 2019 9



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