Arte Magazine n°2019-36 31 aoû 2019
Arte Magazine n°2019-36 31 aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-36 de 31 aoû 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Bauhaus, un temps nouveau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 31 AOÛT AU 6 SEPTEMBRE 2019 6 Bauhaus Le romantisme des débuts Jeudi 5 septembre à 20.55 Série Bauhaus – Un temps nouveau (1-3) Lire page 22 En ligne jusqu’au 3 décembre Sur arte.tv, retrouvez une riche sélection de programmes dédiée au centenaire de l’école Bauhaus. Lars Kraume Pourquoi avoir choisi comme héroïne Dörte Helm, qui n’est pas la plus connue des artistes issues du Bauhaus ? Lars Kraume  : Quand j’ai commencé à travailler sur ce thème, je me suis mis en quête de biographies intéressantes. Ma compagne, historienne de l’art, m’a conseillé de regarder du côté des femmes. En 1919, quand naît l’école du Bauhaus, l’Allemagne vient de leur accorder le droit d’étudier. Au départ, l’établissement les a accueillies à bras ouverts… pour ensuite les cantonner à l’atelier de tissage. C’est ainsi que j’ai découvert Dörte Helm et, à travers elle, une autre histoire de rébellion. Le Bauhaus s’est insurgé contre une vision conservatrice de l’art, mais à l’intérieur de ce mouvement, les femmes ont mené leur propre combat contre la domination masculine. Dörte était la plus rebelle des étudiantes. Quelle est la part de l’invention et du réel ? La quasi-totalité de ce qui est raconté est avéré, sauf l’idylle entre Dörte Helm et Walter Gropius, le fondateur du Bauhaus, dont on ignore si elle a eu lieu. Mais tous deux ont réellement dû comparaître devant une « cour d’honneur » pour s’en défendre. Il nous fallait à la fois rester proches de la réalité et toucher le public d’aujourd’hui. Je pense par exemple au jazz-band de l’école. À Weimar, les étudiants festoyaient beaucoup  : ce groupe servait d’exutoire à leur jeunesse, leur liberté. Or si nous nous en étions tenus à son répertoire, un mélange 2019 marque le centenaire de l’école Bauhaus. ARTE raconte avec fougue l’envol de ce mouvement artistique révolutionnaire à Weimar avec la série Bauhaus – Un temps nouveau. Entretien avec le cinéaste Lars Kraume, son créateur. d’airs folkloriques hongrois et de jazz, cela aurait paru démodé, alors qu’à l’époque c’était furieusement moderne ! Nous avons recréé cette musique * et, à la fin du bal, l’utilisation de l’électro a permis de restituer l’atmosphère débridée qui régnait alors. Nous voulions mettre l’accent sur le romantisme de cette première période à Weimar, moins connue. Quand on évoque le Bauhaus, on pense plutôt au constructivisme, au design en série, etc. Séquence diaporama, montage alerte…  : la réalisation est créative ! Il fallait traduire visuellement la soif d’expérimentation qui caractérisait les débuts du Bauhaus. Walter Gropius a dit à quel point les couleurs importaient à ce mouvement. Après la Première Guerre mondiale, étudiants et professeurs éprouvaient une grande joie à les faire jaillir. Nous leur avons laissé une large place, utilisé une caméra portative et proscrit les marques au sol pour laisser aux acteurs leur liberté de mouvement. Inspirés de La jetée de Chris Marker, les arrêts sur image en noir et blanc permettent, par exemple, de mettre l’accent sur le moment où, à l’aube, après le bal, étudiants et professeurs se baignent nus dans le parc, ce qui scandalise la bonne société de Weimar. Propos recueillis par Noémi Constans * Primée à Cannes Séries 2019. 2018 TOM TRAMBOW
COCORICO & CO L’iconoclaste série A Musée Vous, A Musée Moi est de retour pour une deuxième salve de détournements de toiles de maîtres. Rencontre avec son réalisateur, Pablo Muñoz Gomez. Sous le vernis, l’humour Lundi 2 septembre à 20.48 Série A Musée Vous, A Musée Moi – Saison 2 Lire page 16 En ligne jusqu’au 11 août 2023 Pablo Muñoz Gomez Comment ont été choisis les tableaux de cette deuxième saison ? Pablo Muñoz Gomez  : La sélection des tableaux s’est faite avec la créatrice de la série, Fouzia Kechkech. Portée par une réelle envie de vulgariser l’art aux yeux du grand public, elle a associé des toiles fameuses, comme La jeune fille à la perle de Vermeer, Le déjeuner sur l’herbe de Manet ou les Shot Marylins de Warhol, à d’autres moins célèbres, comme Daughters of Revolution de Grant Wood (1932) ou Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue à la Convention d’Anne-Louis Girodet – la première représentation officielle en Occident d’un homme noir libre, datant de 1797. Comment aborde-t-on la double contrainte du format du tableau et de la reproduction hyperprécise de sa composition ? C’est une reconstitution très minutieuse. Le travail est entièrement réalisé en amont avec toute l’équipe technique, notamment le chef-opérateur Kinan Massarani et la chef décoratrice Véronique Assens. On travaille très précisément la lumière, ainsi que les matières des costumes, les décors, les couleurs… Il y a aussi l’obligation de filmer dans l’axe du tableau, pour préserver l’esprit de l’œuvre originale. Pour les décors, on a fonctionné avec la méthode du "traçage"  : la caméra est placée en premier, dans le studio vide, puis les comédiens, et l’on trace ensuite les lignes de force du tableau dans l’espace, pour construire le décor en fonction. Quelle mise en scène de tableau vous a le plus amusé ? Le plus particulier était peut-être Jean-Baptiste Belley d’Anne-Louis Girodet, avec le buste à animer en motion capture, qui est une technique très longue à mettre en œuvre. J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à tourner le Narcisse du Caravage, avec Benjamin Jungers qui joue son rôle et celui du reflet  : un dispositif amusant à créer. Chacun a été source de plaisirs différents, comme le Summer Evening d’Edward Hopper, avec une façade entière de maison que nous avons recréée en studio, ou La jeune fille à la perle, un travail très simple avec la comédienne, à qui je parlais dans l’oreillette pour lui donner la réplique hors-champ. François Truffaut disait que la pire chose pour un réalisateur était de travailler avec des animaux. Vous confirmez ? Complètement ! C’est absolument horrible ! On a fait ce qu’on a pu ! Le chien, pour l’épisode « La voix de son maître », allait tantôt à droite, tantôt à gauche, sortait du cadre, tombait par terre... Il faisait aussi bouger le gramophone, alors que c’était évidemment la dernière chose à faire... Il a fallu tout réinventer au montage. C’est le tableau qui contient le plus d’effets spéciaux ! Propos recueillis par Augustin Faure * Pablo Muñoz Gomez a notamment réalisé le court métrage Kapitalistis (2017), coproduit et diffusé par ARTE. 7ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 31 AOÛT AU 6 SEPTEMBRE 2019



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