Arte Magazine n°2019-35 24 aoû 2019
Arte Magazine n°2019-35 24 aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-35 de 24 aoû 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Corleone.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 AOÛT 2019 8 Au fil des films et des genres, Guillaume Nicloux affirme sa prédilection pour les univers singuliers et les personnages décalés, mus par une quête existentielle. Mélange d’histoire d’amour et de thriller fantastique, la minisérie Il était une seconde fois, avec Gaspard Ulliel et Freya Mavor, s’inscrit dans cette lignée. « Revisiter le film d’amour » Jeudi 29 août à 20.55 Série Il était une seconde fois Lire page 22 En ligne du 22 août au 25 octobre Guillaume Nicloux À l’exception, d’une certaine manière, de Valley of Love, c’est la première fois que vous abordez frontalement une histoire d’amour... Guillaume Nicloux  : Oui, au départ de ce projet, il y a eu la tentation de s’emparer de ce genre-là, le film d’amour, et de le revisiter en le mêlant au fantastique. J’avais le désir d’aborder des sentiments moins mortifères que dans mon film précédent, Les confins du monde, où le personnage joué par Gaspard Ulliel choisissait la vengeance plutôt que de vivre un amour passionnel. Ici, c’est le contraire  : il ne veut pas renoncer à ses sentiments, au point de profiter d’un outil qui lui permet de remonter le temps pour tenter de corriger ses erreurs, comme s’il essayait de rattraper ce qu’il n’avait pas réussi à faire dans le film d’avant. Il ne s’agit pas pour autant de l’histoire d’une reconquête... Derrière cette quête amoureuse se cache une quête existentielle, et peut-être aussi un désir de paternité, qui peut faire écho à un autre de mes films. Dans La clef, le personnage principal ne pouvait pas devenir père tant qu’il n’avait pas résolu le mystère de sa propre naissance. Les genres sont des alibis qui permettent de raconter des histoires. Je ne rationalise pas mon travail sur le moment, ce n’est que rétrospectivement que je prends conscience des liens qui se tissent entre les films. Ces dernières années, je vois revenir le motif de l’enfermement des personnages, dans un monastère, une maison, un désert californien, une forêt, la jungle indochinoise et, à présent, à l’intérieur de ce cube qui permet au personnage de Gaspard Ulliel de voyager à travers le temps... Le format de la série s’est-il imposé dès le départ ? Très tôt, nous avons trouvé que quatre épisodes constituaient la bonne durée pour raconter cette histoire. Mais il ne s’agit pas d’une série traditionnelle... Cela m’amusait d’y intégrer certains artifices propres à ce format, en les détournant  : par exemple, installer de la tension en fin d’épisode, et, dans le
CHRISTOPHE OFFRET suivant, ne pas reprendre le récit là où on l’attend... Il me semblait que cette façon différente de susciter du suspense pouvait nourrir l’histoire de manière stimulante. Je ne suis pas l’inventeur de ce procédé, présent dans certaines séries, mais d’une manière générale, j’essaie toujours de donner au spectateur la possibilité de se laisser mener par autre chose qu’une logique de résolution. Dans Il était une seconde fois, on trouve aussi bien des flash-back que des flashforward, des rêves ou des fantasmes... Face à ce réseau complexe, le spectateur peut construire un puzzle ou se laisser guider de façon impressionniste par le voyage émotionnel du personnage. C’est une expérience ouverte, que j’espère jouissive... Au centre, il y a le couple que forment Gaspard Ulliel et Freya Mavor. Pourquoi eux ? Gaspard était là dès le départ. Les confins du monde a suscité en nous une obligation tacite  : se retrouver autour de ce nouveau personnage, pour prolonger l’expérience. Freya est arrivée au dernier moment. J’étais en repérages à Londres quand je l’ai rencontrée. J’ai vu son visage et je me suis dit que c’était elle. L’incarnation ne s’explique pas vraiment... Cela repose sur quelque chose d’invisible, une envie de capter chez une personne tout ce qui n’existe pas dans votre scénario. Quand vous trouvez quelqu’un qui semble endosser tous les espoirs que vous avez placés dans un personnage, c’est suffisant. C’est la différence entre un comédien et un acteur. Le premier s’empare d’une scène et en saisit les intentions par la maîtrise de son jeu. Le second véhicule une grâce qui vous permet de fantasmer votre récit, de vous y projeter. À partir de là, le travail consiste à capter les moments de vie, et ensuite à les recomposer pour inventer ensemble, le plus sincèrement possible. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène Thalasso, le nouveau film de Guillaume Nicloux, avec Michel Houellebecq et Gérard Depardieu, sort en salles le 21 août. Gaspard Ulliel « Ce qui compte, c’est l’ailleurs » Sa collaboration avec Guillaume Nicloux a débuté avec Les confins du monde, où il campe, intense et magnétique, un soldat tourmenté de la guerre d’Indochine. Dans Il était une seconde fois, il joue un jeune homme d’aujourd’hui qui se débat dans une autre jungle, celle des regrets et des sentiments. « Travailler un personnage développé sur plusieurs épisodes m’attirait depuis longtemps. Mais en l’occurrence, tout est parti de l’envie de poursuivre l’aventure avec Guillaume Nicloux afin d’approfondir le travail commencé sur le tournage des Confins du monde. Il était une seconde fois est une histoire d’amour d’un nouveau genre, racontée à travers un dispositif particulier. J’ai été séduit par l’histoire de ces deux personnages prisonniers d’un voyage entre deux états, deux mondes, deux temporalités. Ils ne sont jamais à la bonne place et luttent contre le destin pour se retrouver dans une réalité et un temps qui n’appartiennent qu’à eux. Car, finalement, ce qui compte dans une histoire d’amour, ce n’est ni le présent, ni le passé, encore moins l’avenir, mais l’ailleurs, un thème cher à Guillaume. Cet ailleurs, ce lointain, qu’il soit géographique ou intérieur, il continue à l’explorer de film en film, dans cette inlassable quête cinématographique qui combine le fantastique et le spirituel. » Propos recueillis par J.L.-C. ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 AOÛT 2019 9



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