Arte Magazine n°2019-29 13 jui 2019
Arte Magazine n°2019-29 13 jui 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-29 de 13 jui 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : objectif lune.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°29. LE PROGRAMME DU 13 AU 19 JUILLET 2019 8 GUY CORDISHLEY Mater Dolorosa Mardi 16 juillet à 22.40 Documentaire Tu enfanteras dans la douleur Lire page 19 En replay du 28 juin 2019 au 4 juin 2020 Ovidie Pourquoi la question des violences obstétricales a-t-elle été si longtemps ignorée ? Ovidie  : On considère qu’à partir du moment où le bébé est en bonne santé on n’est plus en droit de se plaindre. On a donc tendance à dire à ces femmes qui pleurent après leur accouchement, parfois en véritable état de stress post-traumatique, qu’elles font un baby blues. Parce qu’elles touchent aussi à l’intime, à la génitalité et à la sexualité, ces violences sont à un carrefour de tabous. Que s’est-il passé pour que les femmes commencent à témoigner ? Comme pour #Metoo plus tard, la parole a commencé à se libérer sur les réseaux sociaux entre 2014 et 2015, avec des hashtags comme #PayeTonUterus ou #PayeTonGyneco. La commande d’un rapport sur « les actes sexistes en gynécologie et en obstétrique » par Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a été une étape importante. Publié en 2018, il a le mérite d’acter la réalité de ces violences, alors que jusque-là on traitait ces femmes d’affabulatrices ou d’hystériques. Même le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, au départ très hostile, a fini par reconnaître le problème. La question du consentement est au cœur de ce débat... C’est une notion fondamentale, placée sur le devant de la scène ces dernières années, qui permet de dénoncer les violences. On a pris conscience que ces actes médicaux imposés étaient choquants. Certaines femmes les ressentent comme des viols. C’est un terme qui a choqué les soignants, mais il faut comprendre que si eux ne sont absolument pas dans une dimension sexuelle quand ils réalisent leurs gestes, les femmes, elles, ne désexualisent pas leur vagin. Il reste une zone éminemment intime. Comment procéder différemment ? Il ne s’agit pas de remettre en question les avancées médicales, la péridurale ou la césarienne. Ces femmes ne veulent pas « retourner accoucher dans les bois », comme on l’entend souvent. Elles veulent juste qu’on les informe et qu’on Dans son documentaire choc Tu enfanteras dans la douleur, la réalisatrice féministe Ovidie mène une enquête approfondie sur les violences obstétricales. Un sujet reconnu seulement récemment par la profession médicale. leur demande leur avis. Cela implique de remettre en question la position de supériorité du médecin. Mais ce n’est pas compliqué de rechercher la collaboration de la patiente pour une épisiotomie, par exemple, plutôt que de la faire d’un coup, sans prévenir. Les conséquences peuvent être désastreuses. Certaines femmes m’ont rapporté des symptômes, comme des sifflements dans l’oreille, très proches de ceux des victimes de guerre. Elles les conservent parfois des années, sans aucun suivi. Propos recueillis par Laetitia Moller L’été des grands documentaires de société Sur le site d’ARTE Magazine, retrouvez tous les films de cette collection de grands documentaires sociétaux, diffusés chaque mardi durant tout l’été et disponibles en avant-première sur arte.tv, à partir du 28 juin et ce pour plusieurs mois. MAGNETO PRESSE/D.R.
FEDERICO GAMA ; MAYRA MARTELL ; PEDRO VALTIERRA Dimanche 14 juillet à 17.35 Documentaire Le Mexique dans l’objectif Lire page 12 En replay jusqu’au 11 septembre Le Mexique en panoramique Federico Gama Mayra Martell Après la Russie, l’Inde et la Chine, Le Mexique dans l’objectif arpente le pays dans les pas de ses photographes. Zoom sur trois clichés saisissants qui en révèlent les complexités, entre magie et tragédie. Celui qui a grandi dans le quartier traditionnel de Tacubaya portraiture depuis plus de trente ans la jeunesse marginalisée de Mexico. Dans sa série « Mazahuacholoskatopunk », ce photographe social, né en 1963, s’empare de la question indigène, qui mine toujours le pays, au travers des silhouettes à crête de jeunes Mazahua. Rejetant les tenues traditionnelles de leurs parents, ces garçons et ces filles, Formée à la photographie à Mexico, Mayra Martell, 40 ans, est retournée aiguiser son regard dans sa terre natale de Ciudad Juárez, à la frontière des États-Unis, tristement connue comme « la ville qui tue les femmes ». Depuis le début des années 1990, quelque 1 500 femmes auraient été assassinées dans cette agglomération rongée par la prostitution, la guerre des cartels et la corruption. Mayra Martell, qui a elle-même été brièvement kidnappée, tente de rendre leur PedroValtierra Du Salvador au Guatemala, PedroValtierra, célèbre photojournaliste né en 1955, a braqué son objectif sur les conflits majeurs qui ont déchiré l’Amérique latine. Après avoir documenté le soulèvement zapatiste au Chiapas en janvier 1994, il retourne dans la région suite à la tuerie d’Acteal  : le 22 décembre 1997, un groupe paramilitaire – le gouvernement arme alors des milices contreinsurrectionnelles – a massacré 45 personnes, comme étrangers dans la cité, gomment leurs origines autochtones et rurales, et trouvent le courage de s’affirmer dans une esthétique fusionnant « cholo » (mouvement inspiré des gangs mexicains en Californie), punk et skate. Sublimée par la composition verticale et le contraste des couleurs, cette jeune femme donne un fier profil à une contre-culture identitaire aussi hybride que complexe. identité à ces victimes englouties dans les statistiques et l’oubli. Ses poignants clichés dévoilent l’intimité (chambres, vêtements, objets...), figée par l’impossibilité du deuil, de ces jeunes filles enlevées par des réseaux criminels, exploitées sexuellement et souvent exécutées. Nombre d’entre elles ont disparu à Colonia Anapra, en périphérie de la ville  : un décor fantomatique semé de croix de bois et de larmes, capturé dans un tragique noir et blanc granuleux. dont une majorité de femmes et d’enfants, dans l’église du hameau. Lors de la cérémonie d’hommage aux victimes, les survivantes se dressent contre l’armée régulière, qui n’est pas intervenue pour stopper la boucherie. Des femmes en révolte dont le photographe saisit ici, sous le voile des regards douloureux, la dignité discrète. Manon Dampierre ARTE MAG N°29. LE PROGRAMME DU 13 AU 19 JUILLET 2019 9



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