Arte Magazine n°2019-27 29 jun 2019
Arte Magazine n°2019-27 29 jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-27 de 29 jun 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Beth Ditto.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°27. LE PROGRAMME DU 29 JUIN AU 5 JUILLET 2019 8 Mossoul, année zéro Mardi 2 juillet à 22.45 Documentaire Mossoul, après la guerre Lire page 19 En replay jusqu’au 31 août Anne Poiret Quelle est la situation à Mossoul, deux ans après la chute de l’État islamique ? Anne Poiret  : Peu de choses ont évolué, en dehors du contexte politique. À l’ouest, la vieille ville reste ravagée. Délaissés par les pouvoirs publics, les habitants font preuve d’un courage incroyable. Mais le naufrage meurtrier d’une barge municipale sur le Tigre, fin mars, a accentué le ras-le-bol contre le pouvoir local. Sous la vindicte populaire, le gouverneur, un des protagonistes du film, qui bloquait aussi les projets du Pnud (programme des Nations unies pour le développement) a été limogé. La situation reste incertaine mais un tel réveil citoyen n’avait jamais eu lieu à Mossoul. Pourquoi la reconstruction de la ville prend-elle autant de temps ? La corruption des hommes politiques locaux constitue un frein pour les investissements mondiaux. Un diplomate européen me confiait aussi son amertume face à l’attentisme de la communauté internationale qui n’a pas saisi l’urgence de faire de la reconstruction de Mossoul un symbole. Il ne s’agit pas de dire que rien n’est fait. L’ONU, par le biais du Pnud ou de l’Unesco – qui a d’ailleurs récolté 100 millions d’euros, principalement de la part des pays du Golfe –, est mobilisée. Mais cette aide n’est pas à la hauteur de ce que coûterait la reconstruction ni Depuis le combat contre Daech à l’été 2017, la cité irakienne peine à se relever. Pendant un an, la réalisatrice Anne Poiret a suivi sa difficile reconstruction entre défaillance du politique, menace sécuritaire et résilience de la population. Entretien. des attentes de la population. D’autre part, la complexité du déminage des sols n’arrange rien. Le film montre des arrestations de militants suspectés d’appartenir à Daech. Existe-t-il un risque de résurgence de l’État islamique ? On peut craindre une certaine déstabilisation puisque des cellules dormantes perdurent dans les environs de Mossoul. À notre arrivée début 2018 dans le quartier de Maïdan dans la vieille ville, six mois après les bombardements des forces irakiennes et de leurs alliés, les rues étaient encore jonchées des corps de djihadistes, de leurs femmes et de leurs enfants, avec interdiction de les ramasser. Ces familles portent en elles le germe de la vengeance. Dans le même temps, moins il y aura d’infrastructures et de services publics, plus la colère pourrait gagner le reste de la population. Il faut s’interroger sur la stratégie qui a consisté à détruire les quartiers de ceux qui ont laissé s’installer les groupes islamistes, surtout lorsque la reconstruction se fait attendre. Propos recueillis par Clara Le Quellec Grand reporter, Anne Poiret a réalisé plusieurs documentaires pour ARTE dont Bienvenue au Réfugistan ; Libye, l’impossible État-nation ? et Syrie  : mission impossible. MAGNETO PRESSE
FAROUK BATICHE/PICTURE ALLIANCE VIA GETTY IMAGES Dans Algérie  : les promesses de l’aube, Julie Peyrard et Leïla Beratto croisent les regards de jeunes Algérien(ne)s, d’observateurs et d’analystes pour dresser le portrait d’un processus révolutionnaire aussi inédit qu’incertain. Témoignages. Algérie, la révolution en marche Mardi 2 juillet à 21.50 Documentaire Algérie  : les promesses de l’aube Lire page 19 Akram Belkaïd essayiste et journaliste au Monde diplomatique « Rien ne dit que le processus révolutionnaire va aboutir, mais il y aura un avant et un après. L’ampleur du mouvement de la rue, qui a découvert la puissance de l’action pacifique, oblige le régime à consentir des concessions, vécues comme autant de victoires par le peuple. Mais derrière l’objectif de ‘dégager le régime’et les aspirations à un État de droit et au mieux-être économique, les divisions vo,t émerger lors des discussions sur les axes de la transition  : programme, identité, langue, places de la religion et de la femme... Comment légitimer des représentants de ce mouvement de masse ? Comptant sur un essoufflement, le régime cherche à gagner du temps. Gaïd Salah, le nouvel homme fort, doit aussi composer avec les services de renseignements et des cadres militaires légalistes. La purge, qui avait pour but de calmer les esprits, n’a pas suffi. On est aujourd’hui dans un incertain entre-deux. » Sofia Djama cinéaste (Les bienheureux, 2017) « Le 22 février, quand le peuple a déferlé dans la rue, j’ai vu un corps rassemblé. Il n’était pas besoin d’être fin analyste pour sentir que le comportement social changeait, en matière de mixité notamment. La jeunesse s’affirme ; très présentes à l’université, les femmes travaillent dans tous les secteurs, contraintes par la précarité économique. Sans se revendiquer féministes, elles agissent comme telles en investissant l’espace public. L’école de Bouteflika a nié notre pluralité et notre rapport au monde, et nous a installés dans un totalitarisme identitaire  : l’Algérien, digne héritier des martyrs de la révolution, l’Algérie, terre d’islam, etc. Il nous faut maintenant assumer notre diversité et nous débarrasser de notre culpabilité, nourrie aussi par notre passivité. Cela se fait doucement, dans des désirs contradictoires. » Nawel Sahraoui 35 ans, cadre dans une agence d’événementiel « J’ai rejoint la révolution en deuxième semaine, dans un mélange d’émotions et de détermination. J’étais fière de voir cette foule hétéroclite dont l’objectif commun était de dégager Bouteflika et le clan mafieux autour de lui. Je ne manque aucun de ces rendez-vous du vendredi. On craint que le pouvoir ne se régénère, mais la poudre aux yeux de Gaïd Salah ne nous arrêtera pas. On ira jusqu’au bout pour mener à bien la transition et construire une Algérie meilleure, plus juste. Passée la peur d’une récupération, on réfléchit à une représentation, pour exiger plus de démocratie, les mêmes droits pour tous et la fin de la corruption. Après, il faudra se battre pour les droits des femmes et l’abrogation du Code de la famille. Mais la femme a déjà repris sa place dans l’histoire des luttes du pays. » Propos recueillis par Sylvie Dauvillier ARTE MAG N°27. LE PROGRAMME DU 29 JUIN AU 5 JUILLET 2019 9



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