Arte Magazine n°2019-26 22 jun 2019
Arte Magazine n°2019-26 22 jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-26 de 22 jun 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : festival du documentaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°26. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 JUIN 2019 6 Festival du documentaire 2019 Pour la quatrième édition de son Festival du documentaire, ARTE diffuse, du 23 au 27 juin, le meilleur des coproductions de la chaîne. Dimanche 23 juin Je ne suis pas votre nègre à 22.55 The Other Side à 0.25 Lundi 24 juin On va tout péter à 22.55 Teatro de guerra à 0.30 Mardi 25 juin Berlin Tempelhof à 23.45 Wrong Elements à 1.25 Mercredi 26 juin Visages villages à 20.55 Limites à 22.30 Gaza, la vie à 23.40 Prince parmi les hommes à 1.10 Jeudi 27 juin Les tombeaux sans noms à 23.05 En partenariat avec Conversations avec les morts Âmes errantes « Avec Les tombeaux sans noms, je m’approche peutêtre encore un peu plus de ce que signifie être victime. Comment agit le temps qui passe ? Comment vivre le deuil ? Comment donner une sépulture à ceux que notre culture considère comme des âmes errantes ? J’ai mis des années à oser retourner dans ces plaines et ces forêts où une grande partie de ma famille est morte. Forcément, entrer dans des zones aussi obscures comporte des risques  : danger psychologique, danger de se tromper… C’est un film âpre, un film difficile, mais je ne pouvais pas faire autrement. » Entrer dans le cadre « Comment montrer une cérémonie, un changement de peau, une renaissance, sans faire un film ethnographique ? J’y suis allé un peu comme un archéologue, un peu comme un croyant, un peu comme un anthropologue, avec beaucoup d’émotion. Si j’avais pu, comme dans L’image manquante, me représenter par une petite figurine, je l’aurais fait. Mais les bonzes, les kru*, les devins ont été très clairs  : les cérémonies de deuil, il fallait que je les vive. Je ne pouvais pas mettre quelqu’un d’autre à ma place. » Vivre sa vie « Film après film, j’essaie de parler, non seulement de ma famille, mais aussi de ceux qui sont morts avec eux. Plus je fais des films, plus je les vois, sans Dans Les tombeaux sans noms, Rithy Panh arpente les lieux où neuf des siens ont péri sous les Khmers rouges pour tenter de transmettre, avec la médiation des rites bouddhiques, la difficulté et la douleur du deuil. Propos choisis. être sûr que ce soit une bonne chose. Ce rapport entre l’image, les âmes et moi est assez compliqué. Je pense en tout cas qu’on ne peut pas échapper pour toujours aux questions. Si nous ne nous les posons pas nous-mêmes, elles viendront de nos enfants. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi ce manque existe-t-il ? La vie est chouette, précieuse, pleine de surprises. C’est dommage qu’il y ait un trou dedans. Parce que je crois que l’art peut remplir ce manque, j’ai consacré ces trente ou trentecinq dernières années à cette histoire avec l’espoir qu’un jour si quelqu’un s’interroge, il aura, sinon la réponse, au moins ces éléments de réponse qui peuvent permettre de vivre sa vie. » * Les médecins traditionnels au Cambodge. ÉDITIONS Retrouvez l’intégralité de l’entretien vidéo avec Rithy Panh dans le DVD des Tombeaux sans noms. Jeudi 27 juin à 23.05 Documentaire Les tombeaux sans noms Lire page 23 En replay jusqu’au 25 août CDP/D.R.
REVOLTCINEMA Chantre du cinéma direct, Lech Kowalski s’est immergé pendant huit mois dans le combat des ouvriers de GM&S pour sauver leurs emplois. Il en tire un documentaire brut et intense, entre colère et compassion. Entretien. L’effet d’une bombe Lundi 24 juin à 22.55 Documentaire On va tout péter Lire page 15 En replay jusqu’au 22 août Lech Kowalski Festival du documentaire 2019 Qu’est-ce qui vous a conduit dans cette usine de la Creuse ? Lech Kowalski  : Il y a neuf ans, j’avais entamé le tournage d’un film à l’usine Sodimatex, dans l’Oise, que les ouvriers licenciés menaçaient de faire sauter. Odile Allard, ma productrice, m’a alerté sur un cas similaire chez GM&S à La Souterraine. Accompagné de deux anciens ouvriers de Sodimatex, je suis allé sur place et j’ai tout de suite senti qu’il se passait quelque chose. Je voyais des femmes et des hommes se battant pour sauver leur emploi. Ce film s’inscrit dans la volonté qui m’anime de trouver de l’espoir dans la lutte. Comment avez-vous trouvé la bonne place pour filmer ? Je ne voulais pas être dans une position d’observateur extérieur, mais faire partie du mouvement  : voir le monde à travers les yeux des ouvriers, sentir comment les autres les regardent. Mon objectif n’est pas d’imposer quoi que ce soit au spectateur, mais qu’il comprenne en même temps que moi l’intérêt de cette histoire. Je crois que le film fonctionne sur cette tension  : ni trop loin ni trop près. Le travail de montage s’est avéré très important dans la recherche de cet équilibre. Avez-vous rencontré des obstacles ? À part mon interpellation par des CRS*, lors d’une séance de négociations, la principale difficulté a été la durée. Ni moi ni les ouvriers ne savions quand cette histoire allait finir. Pendant qu’ils attendaient, je devais continuer à tourner. Plus le temps passait, plus la tension grandissait. J’ai dû composer avec ça, tout au long des huit mois de lutte. Cette épreuve du temps fait aussi la force du film. Il se construit sur la durée et évolue, comme une œuvre de fiction. Que nous apprend cette évolution ? La grande leçon a été de constater à quel point ces ouvriers ont appris tout au long de leur combat. Ils ont notamment découvert la façon dont les grands médias pouvaient les caricaturer, voire les trahir. Quand les gouvernements sont faibles, les médias jouent un rôle essentiel dans la lutte sociale. Les ouvriers de GM&S n’étaient pas des professionnels de la contestation  : je les ai vus se comporter davantage comme une famille, comme des partisans qui cherchent un moyen de survivre. Conserver leur travail signifie plus qu’une lutte syndicale. C’est aussi et surtout préserver un mode de vie, des valeurs dont ils ont hérité, des idéaux en lesquels ils croient. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène * En septembre 2017, alors qu’il se trouve à la préfecture de Guéret pour filmer un échange entre les ouvriers de GM&S et les pouvoirs publics, Lech Kowalski et les autres médias présents sont priés de quitter les lieux. Refusant d’obéir, le cinéaste est interpellé et placé en garde à vue. Il sera relaxé. 7ARTE MAG N°26. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 JUIN 2019



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