Arte Magazine n°2019-24 8 jun 2019
Arte Magazine n°2019-24 8 jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-24 de 8 jun 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : jeux d'influence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°24. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 JUIN 2019 8 « Je suis un enfant des falaises » Puisant dans ses souvenirs d’enfance, Jean-François Laguionie a fait de Louise en hiver son œuvre la plus intimiste. Rencontre avec un lumineux artisan, réalisateur de films d’animation buissonniers. D’où vous est venue l’idée de Louise en hiver ? Jean-François Laguionie  : Quand j’étais gamin, j’ai habité un moment chez ma grand-mère, en Haute- Normandie, du côté du Tréport. Je suis un enfant des falaises, celles que Louise arpente. Cela m’a marqué. Leur dimension m’impressionne. Avant, je ne ressentais pas le besoin de puiser l’inspiration dans mes souvenirs, je me l’interdisais. Mais sa propre enfance, même si on l’a masquée pendant très longtemps, finit toujours par revenir avec parfois beaucoup de précision. Comment avez-vous choisi Dominique Frot pour le rôle de Louise ? Dans mes films, j’accorde autant d’importance à la musique et aux voix qu’à l’image. Au départ, j’avais en tête un personnage fragile, avec un timbre un peu haut perché de petite bourgeoise. Quand on m’a fait écouter la voix de Dominique – en me disant que son timbre ne me plairait pas –, j’ai fait un bond parce qu’elle complétait l’idée que je m’étais faite de Louise. Je l’ai même modifiée à partir de là, en la faisant par exemple un peu plus replète, pour qu’elle se rapproche davantage de cette voix. Mais quand j’ai enfin rencontré Dominique, je me suis rendu compte que c’était une petite bonne femme toute fragile… et une grande comédienne. Quels moyens avez-vous utilisés pour l’animation ? Les décors sont peints à la gouache, sur du papier, de façon presque ancestrale. Je tenais beaucoup à ce que l’on voie le grain de la feuille à l’image. Mon équipe et moi ne sommes pas des fanatiques de la 3D, mais on ne peut pas faire tout un film à la main. L’animation des personnages a donc été réalisée en 3D, mais nous avons ajouté des coups de pinceaux et de crayons un peu trompeurs. Nous avons essayé de brouiller les pistes, le plus important étant d’être sincère sur l’écran. Le sujet nous l’imposait. Propos recueillis par Augustin Faure Programmation spéciale Festival d’Annecy Mercredi 12 juin Louise en hiver à 23.40 La jeune fille sans mains à 0.55 Samedi 15 juin Court-circuit n°942 – Spécial Festival d’Annecy à 0.15 Mercredi 12 juin à 23.40 Film d’animation Louise en hiver Lire page 21 En replay jusqu’au 19 juin ARTE, l’animation et Annecy Quinze productions soutenues par ARTE sont en sélection officielle au Festival international du film d’animation d’Annecy qui se tient du 10 au 15 juin. Sont notamment en lice sept courts métrages, deux œuvres VR (Gloomy Eyes et Le cri) ainsi que le long métrage attendu de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, Les hirondelles de Kaboul. Depuis sa création, la chaîne soutient l’animation en achetant et en cofinançant des courts métrages, notamment pour le magazine Court-circuit, ainsi que des séries humoristiques comme Athleticus de Nicolas Deveaux qui fait l’objet d’une exposition cette année à Annecy. Depuis 2012, ARTE France Cinéma coproduit également un long métrage chaque année. Avril et le monde truqué de Franck Ekinci et Christian Desmares, La tortue rouge de Michael Dudok de Wit, Dilili à Paris de Michel Ocelot ou Louise en hiver, diffusé cette semaine, font partie des films accompagnés par la chaîne, salués par la critique et plébiscités par le public. JPL FILMS/PRODUCTIONS UNITÉ CENTRALE/TCHACK/ARTE FRANCE CINÉMA
MIKE STOCKER/SUN SENTINEL/TNS/ABC/ANDIA.FR Au centre du documentaire États-Unis, génération massacre, le combat des lycéens rescapés de la tuerie de Parkland, en 2018, pour durcir la législation sur les armes à feu. Retour sur un mouvement sans précédent. Mardi 11 juin à 20.50 Documentaire États-Unis, génération massacre Lire page 18 En replay jusqu’au 20 juillet La militante Emma González, rescapée de la tuerie de Parkland. Plus jamais ça Floride, 14 février 2018. Au lycée Marjory Stoneman Douglas (MSD) de Parkland, un ancien élève âgé de 19 ans, armé d’un fusil d’assaut, massacre quatorze lycéens et trois enseignants. Ce drame s’ajoute à la longue liste des tueries de masse aux États- Unis. Mais cette fois, il va donner naissance à une mobilisation inédite. Une vingtaine de jeunes rescapés fondent le groupe Never Again MSD. Condamnant la politique du président Trump, soutenu pendant sa campagne par un puissant lobby des armes, la NRA (National Rifle Association), ils souhaitent obtenir une révision de la loi sur la vente et la possession d’armes à feu, autorisées par le deuxième amendement de la Constitution américaine. Le mouvement incite notamment les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales avant le scrutin de mi-mandat de 2018, afin d’élire des candidats favorables à une régulation plus stricte des armes et à l’interdiction de la vente des fusils d’assaut. Investissant les réseaux sociaux avec le hasthtag #Neveragain, inspiré du mouvement #Metoo, le groupe appelle à un grand rassemblement. MARÉE HUMAINE À WASHINGTON Le 24 mars 2018, à Washington, la « marche pour nos vies », qui s’est répandue à travers tout le pays, débouche sur l’une des plus importantes manifestations américaines depuis celles contre la guerre du Viêtnam. Point d’orgue de cet événement, que George Clooney, Steven Spielberg et Oprah Winfrey ont en partie financé, l’intervention devant le Capitole de la jeune militante au crâne rasé, Emma González. Face à 800 000 personnes, des larmes coulant sur ses joues, elle entame six minutes et vingt secondes de silence, soit le temps qu’il a fallu au meurtrier de Parkland pour abattre dix-sept personnes et en blesser quinze autres. Fort de son succès, le groupe rencontre des organisations similaires à travers le pays, organise, en novembre, la marche nationale « Road to change » et manifeste devant le siège de la NRA. À la suite de cette mobilisation sans précédent, une vingtaine d’États ont renforcé leur législation sur les armes et le nombre de jeunes inscrits sur les listes électorales a augmenté de 47% en quelques mois. Aux élections de mi-mandat, les deux tiers des jeunes électeurs ont voté pour les démocrates, qui ont remporté la majorité à la Chambre des représentants, et trente républicains proches de la NRA ont perdu leur siège. Déterminés à poursuivre leur action, les jeunes de Parkland pourraient bien réussir là où leurs aînés ont échoué… Laure Naimski ARTE MAG N°24. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 JUIN 2019 9



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