Arte Magazine n°2019-23 1er jun 2019
Arte Magazine n°2019-23 1er jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-23 de 1er jun 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Tiananmen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°23. LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 JUIN 2019 6 Mardi 4 juin à 20.50 Documentaires Tiananmen (1 & 2) En replay jusqu’au 2 août Suivi de Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin En replay jusqu’au 3 juillet Lire pages 18-19 Pierre Haski Tiananmen La commémoration Quelle est la genèse de ce film sur Liu Xiaobo ? Pierre Haski  : Il est né d’un entretien, réalisé en 2008, quelques mois seulement avant son arrestation. Liu Xiaobo a été condamné à onze ans de prison pour avoir initié la Charte 08, signée par près de trois cents intellectuels réclamant l’amélioration des droits de l’homme en Chine. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2010, alors qu’il était en prison, avant d’y mourir en 2017. Il s’agissait d’un document rare, car Liu Xiaobo, soumis à une grande surveillance, a peu témoigné. Dans cette interview, il revient sur son engagement. Elle constitue le fil directeur du documentaire, étayé par les témoignages de ses compagnons de route, mais aussi des étudiants de l’époque de Tian’anmen, tous exilés à travers le monde. Qu’est-ce qui vous a intéressé chez lui ? Correspondant en Chine pour le journal Libération de 2000 à 2006, je connaissais son parcours mais j’ai été surpris par l’ampleur du personnage. C’était à la fois un activiste mais aussi un écrivain et un intellectuel. Il se reconnaissait dans la figure de À l’occasion des 30 ans de Tian’anmen, le journaliste Pierre Haski signe un portrait documentaire de Liu Xiaobo, l’un des plus grands dissidents chinois, et revient sur ce tournant dramatique et majeur de l’histoire du pays, auquel ARTE consacre la soirée du 4 juin. Vaclav Havel, ce dissident tchèque devenu président, dramaturge et adepte de la non-violence. Liu Xiaobo a par ailleurs une dimension sacrificielle. Alors qu’il enseignait à l’étranger, il a décidé de rentrer en Chine au moment de Tian’anmen, puis d’y rester. Sa mort marque symboliquement celle de la dissidence chinoise, aujourd’hui quasiment réduite au silence. Cette génération qui avait 20 ou 30 ans lors des événements s’est heurtée à un mur. Le pouvoir s’est considérablement durci et, les dissidents le reconnaissent eux-mêmes, le mouvement pour la démocratie de 1989 se trouve dans une impasse. Tian’anmen et les années 1980 ont pourtant porté un espoir de démocratisation... Sur fond de modernisation économique, les années 1980 ont constitué une période de bouillonnement intellectuel, de découverte de courants de pensée. Après des décennies de fermeture, la Chine s’est ouverte sur l’étranger. Liu Xiaobo a lu Zola, Nietzche, Kafka. Le mouvement des étudiants pour la démocratie est né dans ce contexte. Cette première génération post-Mao, mieux formée et HIKARI
interdite YAMI 2/AGENCE VU/MANUEL VIMENET éduquée, dénonçait une société corrompue et rétrograde. La mort de Hu Yaobang a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Cet ex-secrétaire général du parti avait soutenu l’aspiration de cette jeunesse, avant d’être limogé du pouvoir par le président Deng Xiaoping pour son réformisme. Personne ne s’attendait à une telle répression. Comment l’expliquer ? Tian’anmen est un moment de bascule, avec des conséquences à long terme. En 1989, la Chine fait face à deux options  : soit elle avance vers la réforme et la démocratisation, soit elle se durcit et concentre le pouvoir entre les mains du parti. À ce moment-là, deux lignes s’affrontent  : celle de Zhao Ziyang, secrétaire général du parti, qui est un réformiste, et celle du Premier ministre Li Peng qui, lui, est un dur. Les deux vont plaider leur cause devant le conseil d’arbitrage des anciens, auquel appartient Deng Xiaoping, comme cela est prévu en cas de conflit au sein du parti. C’est la manière forte qui l’emporte. Sur la place Tian’anmen, Liu Xiaobo, qui prône la nonviolence, évite un bain de sang en négociant avec l’armée de laisser partir les étudiants. Contrairement à ce que l’on pense, les massacres se sont surtout déroulés autour de la place et des campus. On célébrera, le 4 juin, les 30 ans de Tian’anmen. Comment la Chine aborde-t-elle cet anniversaire ? Il s’agit d’un tabou absolu. À l’approche de cette date, on va assister à une surveillance renforcée, une censure totale d’Internet et l’interdiction de tout événement de commémoration. La majorité des jeunes Chinois ignorent d’ailleurs ce qui s’est passé le 4 juin. C’est la force de ce pouvoir  : réussir à effacer un événement exceptionnel de la mémoire collective. Il y parvient d’autant mieux que, depuis trente ans, la Chine s’est développée et que l’on y vit mieux. La base du contrat social repose sur l’enrichissement individuel des Chinois en échange de leur abstention de tout rôle politique. Aujourd’hui, pour la classe moyenne, Tian’anmen et Liu Xiaobo ne représentent plus rien. Propos recueillis par Laetitia Moller ÉDITIONS Le livre de Pierre Haski, Liu Xiaobo – L’homme qui a défié Pékin, est coédité par ARTE Éditions et Hikari Éditions. 7ARTE MAG N°23. LE PROGRAMME DU 1ER AU 7 JUIN 2019



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