Arte Magazine n°2019-21 18 mai 2019
Arte Magazine n°2019-21 18 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-21 de 18 mai 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : star à part.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°21. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 MAI 2019 8 « Je répète souvent que je suis un DJ raté qui s’est reconverti dans le cinéma. J’ai merdé dans ma vie. J’ai traîné, j’ai perdu du temps. » De la part d’un homme pesant cinq Oscars pour six longs métrages, cet autoportrait peut surprendre par sa sévérité. Pourtant, il exprime bien l’extrême exigence couplée à une mauvaise conscience chevillée au corps (« Je suis catholique, ne l’oubliez jamais ») qui anime AlejandroGonzález Iñárritu depuis son apparition fracassante sur la scène du cinéma d’auteur en 2000, avec Amours chiennes. Dès lors, force est de constater que ce temps supposément perdu a été largement rattrapé. L’une des plus grandes réussites de ce natif de Mexico est d’être devenu le troisième cinéaste de l’histoire – après les géants John Ford et JosephL. Mankiewicz ! – à remporter l’Oscar du meilleur réalisateur deux années consécutives, en 2015 pour Birdman, et en 2016, quelques mois avant l’élection de Donald Trump, pour The Revenant. Un honneur hautement symbolique pour le premier des trois mariachis d’Hollywood, ce groupe de cinéastes mexicains oscarisés qu’il compose avec ses amis et confrères Guillermo Del Toro et Alfonso Cuarón. LA TRAVERSÉE DE LA FRONTIÈRE Exilé involontaire suite aux agressions dont furent victimes ses deux parents dans son pays natal, Iñárritu affirme jouir aujourd’hui d’une « liberté artistique conquise avec les dents, dans un pays où [ses] compatriotes ne sont pas les bienvenus ». De même, bien qu’adoubé, il s’est toujours méfié du culte du succès à l’américaine, se rappelant une leçon paternelle  : « Si tu rencontres le succès, goûte-le et recrache-le tout de suite après. C’est du poison. » Il n’en reste pas moins l’un des réalisateurs les plus influents d’Hollywood, courtisé par les studios comme par les plus grandes stars, pour sa capacité à révéler les acteurs (Gael Alors qu’il s’apprête à présider le jury du 72 e Festival de Cannes, en apothéose d’une carrière exemplaire, retour sur le parcours d’un cinéaste profondément marqué par ses racines mexicaines, dont ARTE diffuse le film Babel. AlejandroGonzález Iñárritu L’ét ranger García Bernal dans Amours chiennes), les ressusciter (Michael Keaton dans Birdman) ou les magnifier (Leonardo DiCaprio, oscarisé pour The Revenant, et Javier Bardem, prix d’interprétation à Cannes pour Biutiful). Arrivé au sommet de son art après des années à chercher sa place, il analyse avec un fatalisme teinté d’une certaine fierté sa traversée de la frontière  : « Un Mexicain n’a aucun besoin d’aller à Hollywood vendre son âme au diable, il a largement de quoi la perdre chez lui. […] Quand vous avez survécu à ce pays, vous pouvez survivre à tout. » Augustin Faure Dimanche 19 mai à 20.55 Film Babel Lire page 14 OLMOS ANTONIO/EVELYNE/ABACA
LOU VALENTINO Accessible étoile Admirateur inconditionnel de Lana Turner, Frédéric Mitterrand lui dédie un portrait à sa manière, cinéphile, intimiste et lyrique. Un hommage à l’actrice autant qu’à l’industrie hollywoodienne du rêve. D’où vient votre admiration pour Lana Turner ? Frédéric Mitterrand  : C’est son courage, avant tout, qui la rend attachante à mes yeux. Elle est partie de rien et a construit sa carrière dans un milieu terrible avec beaucoup d’opiniâtreté. Elle n’était pas la plus jolie  : charmante, mais plutôt banale, comparée à des beautés renversantes comme Ava Gardner ou Rita Hayworth. Elle n’avait pas non plus leur personnalité explosive, mais elle était sympathique, et elle a fait face aux coups du sort avec une force admirable. Elle a su tenir la dragée haute à tous les hommes qui ont gravité autour d’elle, sans abdiquer sa féminité. Et puis, je le dis dans le film, elle m’a toujours rappelé ma mère. Comme celle-ci n’est plus là, c’était une façon de leur rendre hommage à toutes les deux. En fait, c’était presque un devoir de piété. Quels sont les films que vous retenez dans son parcours ? C’était une très bonne actrice quand elle était dirigée par des réalisateurs talentueux. Comme beaucoup de vedettes de l’époque, d’ailleurs. Elle avait de vraies ressources, mais il fallait savoir aller les chercher. Or la plupart des productions dans lesquelles elle a tourné étaient de série B. Le film qui l’a rendue inoubliable, c’est Le facteur sonne toujours deux fois. Elle y incarnait à la perfection une certaine Amérique moyenne, dans laquelle elle allait trouver son public le plus fidèle. Et puis, bien sûr, Les ensorcelés de Vincente Minnelli et Mirage de la vie de Douglas Sirk, où elle a trouvé des rôles magnifiques. Parmi ses derniers films, je retiens MadameX, très kitsch mais formidable, de David Lowell Rich. Lana Turner intéresse moins les cinéphiles que certaines de ses consœurs, probablement parce qu’elle n’est jamais sortie du système qui l’a fabriquée. C’était davantage une actrice pour la revue Cinémonde que pour les Cahiers du cinéma… Mais pour moi, la magie passe aussi par là ! Elle a incarné aussi le rêve hollywoodien, avec ses différentes facettes… Bien sûr. Ce n’est pas pour rien qu’Andy Warhol s’est intéressé à son image et a fait d’elle plusieurs portraits. Sa biographie est marquée par ce carambolage entre la vie privée et la vie publique qui définit la société du spectacle. Le point d’orgue étant ce procès, en 1958, où elle est venue témoigner à la barre après le meurtre de son amant par sa propre fille. À cet instant, on ne sait plus devant qui on est  : une actrice qui joue un rôle ou une mère éplorée qui dit la vérité. La réalité rejoint la fiction, et inversement. Ces images sont fascinantes, elles sont la quintessence du romanesque hollywoodien. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène Mercredi 22 mai à 22.40 Documentaire Hollywood, la vie rêvée de Lana Turner Lire page 21 En ligne du 15 au 28 mai ARTE MAG N°21. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 MAI 2019 9



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