Arte Magazine n°2019-19 4 mai 2019
Arte Magazine n°2019-19 4 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-19 de 4 mai 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : 24h Europe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 MAI 2019 6 L’Europe de en temps réel Coréalisateurs de 24h Europe – The Next Generation, Britt Beyer et Vassili Silovic dessinent le portrait nuancé et enthousiasmant de la jeune génération à travers tout le continent. Un documentaire hors norme diffusé vingtquatre heures durant. Du samedi 4 mai à 6.00 au dimanche 5 mai à 6.00 Documentaire 24h Europe The Next Generation Lire pages 10-11 En replay pendant un an 24h Europe sera proposé en six langues jusqu’au 2 juillet. Britt Beyer et Vassili Silovic. Comment avez-vous structuré le projet ? Britt Beyer  : Nous avons d’abord décidé, à l’été 2017, de traiter le sujet de l’Europe géographique, et pas seulement de l’Union européenne (UE), de l’Islande à la Grèce, de la Russie au Portugal. Puis, nous avons choisi vingt-six pays de tournage. Afin de définir le cadre du récit, nous nous sommes penchés sur les thèmes de fond qui agitent cette génération  : mobilité, écologie, nouveau féminisme, urbanisation, radicalisation politique, chômage... Mais comment décomposer ces éléments ? Comment, par exemple, traduire l’évolution démographique à travers une seule personne et en une journée ? Nous avons examiné les zones où l’urbanisation s’accélère. Nous avons fini par trouver le dernier jeune d’un village (Valeri, en Bulgarie). Il nous fallait répartir géographiquement les thèmes abordés et collaborer avec des personnes qui comprenaient la vision d’ensemble du projet. La recherche des protagonistes a duré des mois pour s’achever à la veille du tournage en juin 2018, car chez les jeunes, tout change vite. Vassili Silovic  : Il faut souligner que nos protagonistes ne représentent pas leur pays. La situation que nous racontons à travers eux concerne la jeunesse au-delà des frontières. Le format de 24 heures offre un cadre géographique et temporel exceptionnel, qui permet de soulever des questions politiques, tout en restant vivant. Nous avons accompagné quelque quarante-cinq réalisateurs, qui, malgré des méthodes de travail différentes, se sont conformés à nos consignes. En mai 2018, nous avons réuni les membres de toutes les équipes lors d’un atelier à Berlin, renforçant l’esprit du collectif. Comme ils n’assistaient pas au montage, la confiance était primordiale. Quelles étaient les consignes ? B. B.  : Nous avons défini des « règles d’or » pour les réalisateurs et les cameramen. Un vrai catalogue ! Ne jamais perdre de vue les protagonistes, ne pas les mettre en scène, travailler sans lumière, les filmer caméra à l’épaule. Planifier un projet de cette envergure relève d’une mission quasi impossible. D’autant que nous avons été confrontés à des situations délicates  : en Ukraine, une équipe qui tournait près de la ligne de front a
demain ZERO ONE 24  : TOBIAS KRUSE/OSTKREUZ ; ANOUK VAN TIEL PHOTOGRAPHY ; GJESTVANG, ANDREA ; FRÉDÉRIC BALLAND été témoin d’une attaque, alors qu’une autre, à Lesbos, a été arrêtée par la police des frontières. V. S.  : Ce format exige un style de réalisation particulier, car le récit exclut les ellipses, fréquentes dans le langage cinématographique. Idéalement, la caméra doit capter le parcours d’un protagoniste entre deux actions et le temps qui passe. Ce n’est pas toujours possible. C’est au cours du montage, qui a duré dix mois, que nous avons cherché des solutions. Comment démêler ces centaines d’heures de tournage ? V. S.  : Nous avons travaillé chronologiquement, de 6 heures à 6 heures le lendemain, en divisant la journée en demi-heures. Nous avons développé de grands arcs dramatiques. Nous avions 61 protagonistes en tout. Nous nous sommes réparti le travail, avec des échanges permanents entre les six salles de montage. B. B.  : Au cours de l’été 2018, notre équipe de monteurs, excellente, a passé au crible les rushs pour faire un premier filage d’une heure et demie à cinq heures par protagoniste. Ce projet fou relève à la fois du marathon et du sprint ! Et c’est un autre défi dramaturgique de vouloir accompagner le public vingt-quatre heures durant. Qu’avez-vous appris sur l’Europe et sur les « millennials » ? B. B.  : Cette expérience offre un changement de perspective. Par exemple, l’ouvrier sidérurgiste russe de Magnitogorsk ressent l’Europe institutionnelle comme lointaine et peu souhaitable pour lui. Si nous prenons conscience de la fragilité de l’UE, il semble que la question n’est pas de savoir quand elle se désintégrera, mais de s’assurer que nous avons un plan pour la suite. Néanmoins, pour les jeunes de cette génération, l’Europe reste une évidence. L’ouverture des frontières fait partie de l’existence de la plupart d’entre eux, et la mobilité, interne comme externe, constitue pour eux un enjeu majeur. V. S.  : J’ai été impressionné par leur engagement, et pas uniquement en politique. Ils ont beaucoup d’idéaux et les défendent, avec cette possibilité de faire bouger les lignes. Par ma trajectoire personnelle, je me sens profondément européen, et notre projet l’a confirmé. À Magnitogorsk, au Portugal ou en Islande, je me sens partout chez moi. Il existe un lien émotionnel entre les Européens, une attitude commune à l’égard de la vie à laquelle je crois, et qui se reflète dans ce travail. Propos recueillis par Katrin Weber-Klüver et Peter Riesbeck Le samedi 18 mai, à 18.00, une sélection d’une heure d’extraits de 24h Europe sera diffusée au Théâtre de la Ville-Espace Cardin, à Paris, dans le cadre de Chantiers d’Europe. 7ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 MAI 2019



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