Arte Magazine n°2019-18 27 avr 2019
Arte Magazine n°2019-18 27 avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-18 de 27 avr 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Eden, réalisée par Dominik Moll.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
ARTE MAG N°18. LE PROGRAMME DU 27 AVRIL AU 3 MAI 2019 6 Le réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming) dévoile Eden, série chorale qui évoque puissamment la crise migratoire européenne par le prisme de l’intime. Entretien. Odyssées incertaines Dominik Moll et Joshua Edoze sur le tournage de la série. Jeudi 2 mai à 20.55 Série Eden (1-3) Lire page 23 En replay jusqu’au 31 mai m 1.1'1. ; t'11., i 1,.,'11. 1%. t Quelle approche avez-vous cherché à privilégier ? Dominik Moll  : Rendre compte d’un tel sujet dans sa globalité est impossible. Pour donner un aperçu de sa complexité, passer par le récit de destins individuels me paraissait être l’approche la plus juste. Le documentariste Marcel Ophuls, dont j’ai été l’assistant, disait que la grande histoire n’existe pas ; elle n’est que l’addition d’histoires individuelles. Je me suis souvenu de cette leçon, même si Eden est une fiction. Nous avons donc essayé d’incarner ce terme générique et anonyme de « réfugié » au travers de protagonistes qui font face à des choix importants. Sans jamais faire de morale, évidemment… Tout part de cette image initiale d’un groupe de migrants qui débarquent sur une j ? i [If 1. Uil,E'ill ill i là.. II Ilri l [l,'r'1 111'1 1 X 11' » I : ; 1U II Il',+r., ilb', 1..','11'(. 1 I, j il 1 j,',  : 1ii (ji. I i -ri,.,II l'11,.1.r. plage de vacanciers. Deux mondes qui n’étaient pas destinés à se côtoyer se retrouvent soudain confrontés l’un à l’autre. Comment vont-ils pouvoir coexister ? Quelle est la part d’« histoire vraie » dans ces récits ? C’était important d’ancrer les choses dans la réalité, et j’ai d’emblée orienté le projet dans ce sens. Il fallait que l’édifice soit fondé. Sans compter que le travail de documentation s’avère toujours inspirant, car il permet d’identifier des situations qu’on n’aurait pas forcément pu imaginer. Certains comédiens que j’ai choisis étaient eux-mêmes en situation d’exil. Ils sont venus avec leur vécu, ce qui s’est révélé extrêmement enrichissant. On a aussi beaucoup veillé au respect de l’authenticité des différentes langues, des accents. Il fallait trouver un équilibre entre ce souci de véracité, la vérité de nos personnages en tant que vecteurs d’émotion, et la nécessité de construire une fiction. Leurs trajectoires vous permettent d’explorer différentes tonalités, ce qui participe à la richesse de la série… Chacun des récits a une couleur qui lui est propre. L’histoire du couple syrien à Paris a quelque chose d’un drame bergmanien, celle des deux vigiles à Athènes s’apparente à une PIERRE MARSAUT
BRUNO ALEXANDER - FLORIAN @PIERRE MEURSAUT sorte de tragédie grecque, celle d’Hélène explore le monde des affaires avec ses questions de positionnement moral, celle d’Amare est plus romanesque, presque épique... Quant à l’histoire de la famille allemande qui accueille un réfugié, elle repose sur un registre qui m’est plus familier  : c’est un récit d’intrusion, à la fois comique et inquiétant. Cette juxtaposition d’univers et d’ambiances était très intéressante à explorer. La série établit un constat lucide, mais s’autorise aussi l’émotion. Cet équilibre était-il nécessaire pour vous ? Oui. Face à ce sujet, je ne pouvais pas garder la distance légèrement ironique qu’on peut parfois déceler dans mon travail. Je devais trouver un En partenariat avec Téléran101.felliondt rapport de proximité avec les personnages. Plus que dans mes films précédents, j’ai essayé de tendre vers une émotion directe, et c’est aussi pour cela que cette série m’est particulièrement chère. Elle s’ouvre et se ferme sur l’odyssée incertaine du personnage d’Amare. Dans son énergie, sa volonté de ne pas se laisser abattre et de ne jamais perdre son objectif de vue, il y a quelque chose d’optimiste et de profondément humain. Si Eden a un héros, c’est lui. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-ComnèneeirtPEDITIONS La série sort en DVD le 22 mai. Sylvie Testud « On s’attache à tous les personnages » Dans Eden, l’actrice joue une gérante de camp de réfugiés qui cherche à concilier profit et solidarité. « Le fait que la série mette en scène des histoires qui se déroulent dans plusieurs pays donne la possibilité d’aborder la question de l’accueil des réfugiés, de toute façon tellement complexe, à travers une grande diversité de situations, de points de vue, et c’est passionnant. On s’attache à tous les personnages. Hélène, que j’interprète, est une femme qui a été modelée par une éducation, une vision du monde. Elle pense que les choses vont s’ordonner comme elle le désire, comme elle l’a appris. Elle est dans une posture froide, dépersonnalisée, la tête dans les statistiques. Elle se doit aussi d’être dure parce qu’elle évolue dans un monde d’hommes et qu’elle est forcée de passer devant toutes sortes de commissions pour faire vivre son projet, qui est de concilier l’accueil des migrants et la rentabilité économique. Mais elle va se rendre compte que s’occuper d’êtres humains est plus difficile que cela, et qu’il est naïf de penser qu’on peut aller d’un point A à un point B sans rencontrer personne… Ce n’est pas une crapule qui devient humaine. C’est une femme qui se laisse traverser par une expérience et s’autorise à transformer son objectif. Elle prend conscience de la nécessité de faire bouger les lignes. » Propos recueillis par J.L.-C. 7ARTE MAG N°18. LE PROGRAMME DU 27 AVRIL AU 3 MAI 2019



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :