Arte Magazine n°2019-18 27 avr 2019
Arte Magazine n°2019-18 27 avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-18 de 27 avr 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Eden, réalisée par Dominik Moll.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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lundi 29 avril ARTE MAG N°18. LE PROGRAMME DU 27 AVRIL AU 3 MAI 2019 16 20.55 Cinéma Soirée Marlon Brando Sur les quais L’éveil moral, au contact de l’amour, d’un jeune docker face aux méthodes criminelles d’un syndicat mafieux. Par Elia Kazan, un film social infusé de poésie, porté par la performance éblouissante de Marlon Brando. BORIS KAUFMAN/COLUMBIA PICTURES « Sur les quais, la règle c’est S. et M. Sourd et muet. » Parce qu’il a parlé à la police, Joey Doyle a été liquidé par les hommes de main du syndicat des dockers, dirigé par le mafieux Johnny Friendly. Terry Malloy, l’un de ses protégés, ancien boxeur devenu ouvrier portuaire, a attiré la victime dans ce piège sans se douter qu’il serait mortel. Tandis que le père Barry tente d’organiser la révolte des dockers rackettés et opprimés, Terry se rapproche de la sœur de Joey, Edie, qui le supplie de dénoncer les crimes de Friendly devant une commission d’enquête. Lorsque son propre frère, avocat du syndicat, est supprimé à son tour pour l’avoir protégé, le jeune homme est forcé de choisir son camp... RÉALISME LYRIQUE En 1952, Elia Kazan, pris dans les griffes du maccarthysme, livre les noms d’anciens militants communistes devant la commission des activités antiaméricaines. Deux ans plus tard, s’inspirant de faits réels révélés par la presse (l’exploitation des dockers de Big Apple par un syndicat mafieux), le cinéaste transpose le dilemme de la dénonciation sur les quais miséreux et embrumés du port de New York. Présentée par certains critiques comme une vaine tentative de justification, cette œuvre multiprimée a éclipsé la polémique par ses qualités intrinsèques  : transcendé par la partition expressive de Leonard Bernstein et la photographie en noir et blanc, aux nuances évocatrices, de Boris Kaufman, ce film de gangsters atmosphérique dépeint la condition ouvrière avec un réalisme innervé de poésie. Dans des décors naturels où la grisaille des docks contraste avec la clarté rêveuse et protectrice des toits – où Terry veille sur un pigeonnier et une poignée d’apprentis boxeurs –, Kazan capte le sinueux cheminement moral d’un jeune rustre individualiste vers la justice et la dignité. Dictée par l’amour de la délicate et intègre Edie, remarquablement campée par Eva Marie Saint, et les prêches enflammés du père Barry (KarlMalden), cette transfiguration aux accents christiques est magistralement servie par Marlon Brando, dont l’aura chargée de sensualité et de vulnérabilité subjugue une fois encore. Meilleurs film, réalisateur, acteur (Marlon Brando), actrice dans un second rôle (Eva Marie Saint), scénario, image, montage et direction artistique, Oscars 1955 Meilleurs film, réalisateur, acteur et image, Golden Globes 1955 Lion d’argent, Venise 1954 (On the Waterfront) Film d’Elia Kazan (États-Unis, 1954, 1h43mn, noir et blanc, VF/VOSTF) Scénario  : Budd Schulberg - Avec  : Marlon Brando (Terry Malloy), Eva Marie Saint (Edie Doyle), Lee J. Cobb (Johnny Friendly), KarlMalden (le père Barry) - Production  : Columbia Pictures Corporation, Horizon Pictures
22.40 Soirée Marlon Brando Marlon Brando Un acteur nommé désir Avec sa présence irradiante et son phrasé unique, Marlon Brando a marqué le cinéma d’une empreinte indélébile. Dans un passionnant portrait intime, Philippe Kohly explore les multiples facettes de ce génie torturé, disparu en 2004. « Je trouve le métier d’acteur détestable, désagréable. » L’affirmation peut sembler incongrue dans la bouche d’un monstre sacré du septième art. Marlon Brando a pourtant poussé la porte d’une école d’art dramatique presque par hasard. Débarqué à New York à l’âge de 19 ans, le petit paysan du Nebraska, dyslexique et solitaire, se forme à la méthode Stanislavski, basée sur la vérité des émotions, sous la houlette de Stella Adler. Sa présence chargée d’électricité, sa beauté animale teintée de fragilité, alliées à sa capacité innée à vivre une scène plutôt qu’à l’incarner, suscitent immédiatement l’engouement. En quatre ans, d’Un tramway nommé désir (1951) à la comédie musicale Blanches colombes et vilains messieurs (1955) en passant par L’équipée sauvage, Sur les quais (qui lui vaut l’Oscar du meilleur acteur) ou Jules César, Marlon Brando précipite la fin de règne des grands acteurs britanniques shakespeariens et bouscule les codes de l’Amérique puritaine, en se forgeant une image de sex-symbol au tempérament rebelle. Une gloire absolue qu’il s’emploiera à saboter dans les décennies suivantes, jusqu’à devenir une caricature de luimême  : plus concerné par ses engagements pour les droits civiques ou la cause des Indiens que par les feux d’Hollywood, il enchaîne les échecs commerciaux au cours d’un lent suicide artistique, néanmoins ponctué de sublimes résurrections (Le parrain, Le dernier tango à Paris, Apocalypse Now). INSAISISSABLE De son enfance dévastée – entre un père violent et une mère alcoolique mais vénérée – à sa vieillesse recluse, Philippe Kohly (Gary/Ajar – Le roman du double) plonge dans les méandres d’une existence chaotique. Convoquant ses proches (amis, amantes) et égrenant sa filmographie légendaire, éclairée par les commentaires de Robert Duvall et Elia Kazan, ce film aux riches archives tisse un portrait intime de l’insaisissable Marlon Brando, séducteur compulsif et génie d’un art qu’il n’a cessé de dénigrer. Documentaire de Philippe Kohly (France, 2013, 1h30mn) Coproduction  : ARTE France, Roche Production (R. du 14/12/2014) DONFRANCESCO 0.10 La lucarne Le résolu Les confessions d’un octogénaire italien qui fut membre d’une milice mussolinienne adolescent. Un documentaire saisissant, présenté à la Mostra de Venise 2017. Enfant négligé par ses parents, placé à l’Hospice des pauvres puis condamné à travailler en tant que coursier, Piero Bonamico a intégré « les Résolus », l’une des milices fascistes les plus féroces d’Italie, un peu avant ses 15 ans, en 1944. Passages à tabac d’ouvriers communistes, pillages des maisons juives de la région génoise, exécutions sommaires, mais aussi convoi d’un mystérieux trésor remis à l’archevêque de Milan peu avant la fin de la guerre... À 87 ans, l’ancien milicien, installé avec son épouse américaine dans les bois épais du Vermont, ravive cette mémoire douloureuse face à la caméra du documentariste Giovanni Donfrancesco. PASSÉ TRAUMATIQUE Filmé au cours de ses activités quotidiennes et lors d’entretiens captés en clair-obscur, Piero Bonamico livre, dans un mélange d’anglais et d’italien, le récit de son expérience milicienne. Entrecoupé de longs silences, de chants à la gloire du Duce, de cabrements et de remords lapidaires (« On était une bande de salauds, rien de plus ») , ce témoignage intime laisse affleurer le traumatisme d’un bourreau qui fut lui-même une victime, enfant perdu dans la folie d’une époque destructrice. Documentaire de Giovanni Donfrancesco (Italie/France, 2017, 1h30mn) - Coproduction  : ARTE, Altara Films, Les Films du Poisson, Rai Cinema, NDR lundi 29 avril ARTE MAG N°18. LE PROGRAMME DU 27 AVRIL AU 3 MAI 2019 17



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