Arte Magazine n°2019-14 30 mar 2019
Arte Magazine n°2019-14 30 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-14 de 30 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : zoo olympique d'hiver.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 30 MARS AU 5 AVRIL 2019 8 Pendant plus de trente ans, Peter Falk s’est si bien coulé dans l’imper froissé du lieutenant Columbo que le rôle a éclipsé l’acteur. Cet hommage joyeux rappelle que son talent avait d’autres facettes et ouvre la programmation « Printemps du polar ». Peter Falk, imper et classe Printemps du polar 2019 Dimanche 31 mars Flic Story à 20.50 Peter Falk versus Columbo à 22.40 Lundi 1er avril La veuve noire à 20.55 L’œil du témoin à 22.35 Mercredi 3 avril Le lieu du crime à 20.55 André Téchiné, cinéaste insoumis à 22.30 Bleeder à 23.25 Jeudi 4 avril Meurtres à Sandham – Le prix à payer, saison 6 à 20.55 River (1-3) à 22.25 Dimanche 7 avril La main au collet à 20.50 Lundi 8 avril Le désordre et la nuit à 20.55 La justice des hommes à 22.25 Mercredi 10 avril Un homme très recherché à 20.55 Agatha Christie contre Hercule Poirot à 22.55 Jeudi 11 avril Meurtres à Sandhamn – Au nom de la vérité, saison 7 à 20.55 River (4-6) à 22.25 Vendredi 12 avril Tout contre elle à 20.55 Dimanche 31 mars à 22.40 Documentaire Peter Falk versus Columbo Lire page 15 En replay jusqu’au 18 avril « Peter, c’est Columbo » En près de soixante-dix épisodes, de 1968 (il a alors 40 ans) à 2003, Peter Falk s’est si bien fondu dans les manières et les répliques du sagace enquêteur de Los Angeles (« Juste une dernière chose… ») qu’aux yeux de générations de téléspectateurs il a disparu derrière le personnage. Une identification accomplie dès le départ  : « N’écris rien pour Peter, puisque Peter, c’est Columbo », recommandent Richard Levinson et William Link, les créateurs de la série, à Steven Bochco, l’un de ses scénaristes. Aussi modeste, coriace et obsessionnel que son alter ego, l’acteur, qui d’ailleurs s’est souvent satisfait d’exceller dans les seconds rôles, se disait invariablement heureux de l’immense célébrité que lui a apportée le rôle, fût-ce en faisant oublier son véritable nom. Cassavetes selon Falk Devenu, grâce aussi à Columbo, l’acteur le mieux payé d’Hollywood, Falk pourra cofinancer, en 1974, Une femme sous influence, le film de son ami Cassavetes que tous les studios ont refusé. Il y gagne entre autres l’un de ses plus grands rôles, celui du mari amoureux et paumé de Gena Rowlands, magnifique en femme au foyer à la dérive. Les deux hommes se sont rencontrés en 1970 sur le plateau de Mikey et Nicky, d’Elaine May. Le cinéaste propose alors à Peter Falk un tournage en roue libre  : Husbands, où ils forment avec Ben Gazzara un trio mémorable, scelle leur alliance à la vie comme à l’écran. « John était obnubilé par l’envie de montrer ce besoin très humain, absolu, d’aimer et d’être aimé, et combien c’est difficile », résumera Falk. Un ange à Berlin « T’as vu ? C’est Columbo ! » En 1987, pour Les ailes du désir, Wim Wenders promène l’acteur dans l’hiver berlinois, dans la peau d’un ange redevenu homme qui ressemble terriblement, non à Columbo, mais à Peter Falk. Comme ce dernier, il aime fumer, dessiner, jurer d’une voix rocailleuse en exagérant son accent juif new-yorkais, et se fondre dans le décor, caché derrière son avatar célèbre et de faux airs dilettantes  : « Est ce que je suis meilleur acteur maintenant que je l’étais autrefois ? Quoi qu’on fasse, ils disent toujours que c’est formidable. » Irène Berelowitch THE KOBAL COLLECTION/AURIMAGES ;
ISABELLE WEINGARTEN Téchiné en pleine conscience Avec André Téchiné, cinéaste insoumis, Thierry Klifa brosse un portrait d’artiste particulièrement sensible. Son documentaire fait (re)découvrir un homme à la carrière unique, aussi pudique que passionné. Entretien. LUC ROUX Mercredi 3 avril à 20.55 Film Le lieu du crime Suivi du documentaire André Téchiné, cinéaste insoumis Lire pages 20-21 En replay jusqu’au 1er juin Thierry Klifa André Téchiné renvoie parfois l’image d’un homme secret, sérieux, voire austère. Votre film dévoile une personne différente… Thierry Klifa  : Cela me tenait particulièrement à cœur quand j’ai entrepris de réaliser ce portrait. J’ai la chance de connaître personnellement André Téchiné depuis une quinzaine d’années. C’est quelqu’un de malicieux, de passionné, de curieux, avec un grand sens de la dérision et un appétit de vie incroyable. Je voulais donner un aperçu de cet homme-là, tout en témoignant de son importance dans ma vie de cinéphile… dans ma vie, tout court. Je n’aurais peut-être jamais fait de cinéma si, adolescent, je n’avais pas vu Hôtel des Amériques. J’ai essayé de composer un portrait non dogmatique, certainement pas hagiographique, ni mortifère, mais un film subjectif, qui donne avant tout envie de voir ou de revoir ses films. Votre documentaire fait la part belle à la parole des acteurs. Pourquoi ce choix ? Le travail d’André Téchiné est intimement lié aux acteurs. Quand on se penche sur sa filmographie, on s’aperçoit qu’il a travaillé avec tout le cinéma français des cinquante dernières années ! Il fait partie de notre imaginaire collectif sans qu’on en ait forcément conscience… J’ai donc rencontré certains des comédiens (et deux de ses scénaristes  : Olivier Assayas et Cédric Anger) qui ont compté pour lui, et qui sont représentatifs de plusieurs générations (Deneuve, Béart, Binoche, Kiberlain, Canet, Auteuil…). Pour l’occasion, Isabelle Adjani, avec la complicité d’Alex Beaupain, a même accepté de reprendre la chanson de Barocco. Dans tous leurs témoignages, on trouve une constante  : le récit d’une relation intense, qui continue à vivre en chacun d’eux. C’est ce qui, je crois, « habite » leur parole. Comme dit Daniel Auteuil, il a existé un « avant » et un « après » la rencontre avec André Téchiné. En quoi est-il pour vous un « cinéaste insoumis » ? Il n’a renoncé à rien et ne connaît pas les compromis. Ses thèmes, sa mise en scène sont toujours empreints d’une grande conscience morale. Il produit un cinéma romanesque échappant à la mode, aux conventions, et si lui-même n’affiche pas ouvertement d’engagement politique, ses personnages sont la plupart du temps des révoltés, qui veulent échapper à leur condition. Notamment ses héroïnes, des femmes qui repoussent le carcan patriarcal dans lequel la société voudrait les enfermer. Il met souvent en scène une jeunesse insoumise, jusque dans son dernier film, L’adieu à la nuit [NDLR  : en salles, le 24 avril], sur la relation entre un jeune homme qui veut faire le djihad et sa grand-mère qui tente de le retenir. Toujours en prise directe avec le monde, André Téchiné est aussi l’un des premiers cinéastes en France à avoir ouvert son cinéma au métissage. Aujourd’hui, il conserve le même enthousiasme, les mêmes angoisses, la même curiosité qu’à ses débuts. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 30 MARS AU 5 AVRIL 2019 9



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