Arte Magazine n°2019-14 30 mar 2019
Arte Magazine n°2019-14 30 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-14 de 30 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : zoo olympique d'hiver.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 30 MARS AU 5 AVRIL 2019 6 Pour la deuxième saison de sa série d’animation Athleticus, Nicolas Deveaux emmène son zoo fantasque aux sports d’hiver et met ses animaux à rude(s) épreuve(s). Un sommet de dérision, à dévaler tout schuss. Les rois de la glisse Du lundi 1er avril au vendredi 30 juin sauf mardi et samedi vers 20.50 Série d’animation Athleticus Saison 2 Lire page 22 En replay jusqu’en mars 2023 et sur Youtube ARTE Cinéma Nicolas Deveaux Avez-vous introduit de nouveaux animaux dans cette deuxième saison ? Nicolas Deveaux  : Oui, le kangourou et le macareux. Le premier pour des raisons toutes morphologiques  : avec ses grandes pattes arrière, il est naturellement apte à la glisse et n’a pas besoin de chausser des skis. J’évite toujours d’attribuer des accessoires aux animaux, je préfère utiliser leurs propres caractéristiques anatomiques, ce qui rend plausible l’impossible. La poche du kangourou se prête ainsi facilement à des scénarios humoristiques. Enfin, placer cet animal exotique dans un environnement aussi loin du sien confère une dimension surréaliste à la scène. Quant au macareux moine, je l’ai choisi pour son caractère  : enfantin avec sa silhouette arrondie et les couleurs vives de son bec et de ses pattes, il est assez fier et peut même se montrer tyrannique. Or j’avais besoin de gérants de cette trempe pour ma station de ski ! Apportez-vous un soin particulier au son ? Dans ces films, il n’y a jamais de voix et très peu de musique. Mais le son permet de clarifier les scènes. Faire crisser la glace sous une autruche qui patine ou « entendre » la neige quand le flamand rose réalise son slalom géant rend crédibles les situations les plus improbables… Les sons des animaux ont aussi été travaillés  : pour signifier la présence de la girafe, animal silencieux, j’ai choisi des souffles de chevaux ou de dromadaires. Quant au macareux, il a un chant vraiment affreux. C’est donc la perruche de l’ingénieur du son qui lui a prêté sa voix… Quels sont les ingrédients de chaque scénario ? Il faut réussir, sans paroles, à raconter une histoire tendre en un temps extrêmement limité, avec suspense et humour. L’épisode « La rencontre » est à ce titre emblématique, car il raconte la relation entre un macareux et une tortue, jusqu’à la formation du couple, et ce en une minute trente ! À chaque animal correspond l’archétype d’un comportement humain. Le macareux roule des mécaniques à la patinoire tous les samedis. Inventive et déterminée, la tortue, pas du tout équipée pour la vitesse, fait de sa carapace un atout  : elle enchaîne les chutes et attendrit le macareux avec lequel elle finit par remporter l’épreuve de patinage artistique. Chacun peut retrouver dans ces séquences une expérience vécue... Propos recueillis par Maria Angelo ÉDITIONS En coédition avec les Éditions Granovsky, le livre de Nicolas Deveaux et Joy Raffin, Athleticus, paraît le 15 avril. CUBE CREATIVE PRODUCTIONS
DIST. RMN-GRAND PALAIS/ARCHIVES ALINARI, FLORENCE Dimanche 31 mars à 17.35 Documentaire Rouge ! L’art au pays des Soviets Lire page 13 En replay jusqu’au 31 mai Adrien Minard et Pierre-Henri Gibert Russie, l’autre révolution Comment expliquer l’émergence, à l’aube du XX e siècle, d’une avant-garde artistique dans la Russie tsariste ? Pierre-Henri Gibert et Adrien Minard  : Une combinaison de facteurs est à l’œuvre. D’abord, les influences étrangères, en particulier celle de la peinture française. De nombreux artistes russes font le voyage jusqu’à Paris, où ils fréquentent la bohème de Montmartre ou de Montparnasse. À Saint-Pétersbourg et à Moscou, de riches collectionneurs comme Chtchoukine exposent les innovations formelles des cubistes, Braque et Picasso en tête. Il y a aussi la place particulière, quasi mystique, que tient la peinture d’icônes dans la culture russe. Exécutées sur bois, ces représentations de figures saintes, simplifiées à l’extrême, appellent à l’abandon de toute figuration. Ce que le suprématiste Kazimir Malevitch sera l’un des premiers à oser, en 1915, avec son Carré noir sur fond blanc. Comment vont évoluer les relations entre cette avant-garde et le pouvoir bolchevik ? Cette révolution artistique, qui précède celle, politique, de 1917, est l’œuvre de créateurs, marginaux, qui avaient le désir de changer le monde, et qui vont donc épouser naturellement la cause bolchevik. Dans les ateliers d’arts appliqués, qu’institue Lénine en 1920, ils ont pour mission de former une nouvelle génération d’artistes, dans des disciplines aussi variées que la céramique, le travail du bois ou l’architecture. Les écoles d’art, comme celle de Vitebsk, la plus fameuse, s’ouvrent aux femmes, mais aussi aux étudiants juifs. Pour servir la révolution, le constructivisme, dont Alexandre Rodtchenko et sa compagne Varvara Stepanova sont les figures de proue, met l’art au service de l’industrie de masse et du plus grand nombre, en inventant une nouvelle esthétique de la publicité et du design. Pourtant, assez vite, le pouvoir bolchevik va juger ces artistes et leurs œuvres trop élitistes pour le peuple. En marge de l’exposition qui s’ouvre au Grand Palais*, un remarquable documentaire retrace la foisonnante aventure artistique de l’avant-garde russe. Entretien avec son auteur Adrien Minard et son réalisateur Pierre-Henri Gibert. L’instrumentalisation stalinienne de l’art à des fins de propagande a-t-elle mis un coup d’arrêt à cet élan créatif ? Même sous le régime stalinien, qui impose, à partir des années 1930, le réalisme socialiste, dont le peintre Alexandre Guerassimov sera le héraut, certains artistes comme Alexandre Deïneka vont conserver une marge de manœuvre. Le système de commande publique permet de les libérer des contraintes du marché et laisse subsister des espaces d’expérimentations, dans le domaine du photomontage par exemple. Entre le constructivisme et le réalisme socialiste, il y a un point commun  : l’idée selon laquelle l’art peut changer le monde. Propos recueillis par Christine Guillemeau * « Rouge – Art et utopie au pays des Soviets », du 20 mars au 1er juillet 2019. 7ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 30 MARS AU 5 AVRIL 2019



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