Arte Magazine n°2019-13 23 mar 2019
Arte Magazine n°2019-13 23 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-13 de 23 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : osée Joséphine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 MARS 2019 8 Que reste-t-il du Pigalle mythique ? À la recherche des figures du passé, l’écrivain réalisateur David Dufresne a posé ses caméras dans le célèbre quartier pour en dresser un portrait doux-amer. Entretien. Pigalle, dernières folies David Dufresne Pourquoi traverser les Pigalle d’hier et d’aujourd’hui ? David Dufresne  : Un des personnages du film déclare  : « Ce n’est pas là où l’on est né qui compte, mais là où on se sent naître. » Personnellement, je me suis senti naître à Pigalle, à 18 ans, lorsque, dans les années 1980, j’y ai débarqué de ma province. Avec le film, j’ai voulu raconter le Pigalle pour ce qu’il était  : un univers unique et hors des lois. J’ai voulu rendre hommage à ceux grâce auxquels l’ordre des choses pouvait être bousculé, à leur inversement des valeurs… C’est la question soulevée par un des témoins  : « Est-ce que c’était moral ? Je ne sais pas. Mais c’était une vie. » Pourquoi avoir posé un minicinéma ambulant à Pigalle ? Pigalle, c’est d’abord la rue. Cinéma en plein air projetant des extraits de fictions, dont Le désert de Pigalle, avec Annie Girardot, ou Les ripoux, notre camion devient un personnage du film. Tout et tous tournent autour de lui. Le titre Le Pigalle fait écho au nom d’une salle qui existait autrefois sur la place, avec l’idée que le réel nourrit la fiction, et vice versa. Et à Pigalle plus qu’ailleurs, où les acteurs singeaient les truands qui singeaient les acteurs. Pigalle est-il devenu un quartier comme les autres ? Longtemps, la gentrification l’avait épargné. Aujourd’hui, Pigalle évoque les magasins bio, les bars à cocktails très chers… On s’encanaille, mais il n’y a plus de canailles. On déambule dans le vintage, une nostalgie fabriquée, où l’on a gardé les décors mais chassé les acteurs. Il n’y a plus de voyous, plus de rock’n’roll, plus rien. Voyez-vous une filiation entre ce film et Prison Valley (tourné dans la ville-prison de Cañon City) ou Fort McMoney, vos récents webdocs et documentaires, où vous investissiez aussi des lieux définis par leur forte identité ? Absolument ! Ils forment un triptyque, avec la volonté à chaque fois de tenter d’inventer une forme de narration. Pigalle est « monoindustriel », dévolu au plaisir, comme Fort McMurray l’est au pétrole et Cañon City, à la prison. Ce sont trois introspections urbaines, pour tenter de savoir comment notre environnement agit sur nous. L’autre fil rouge de mes travaux, c’est le peuple. J’ai beaucoup d’affection pour chacun des personnages de Pigalle. C’est une partie de la population invisible, des gueules cassées, des laissés-pour-compte. Je parle dans le documentaire de « cette époque qui aimerait tant rendre populiste ce qui est populaire ». Cela rejoint mon engagement actuel en marge des « gilets jaunes » *, un monde hors du monde institutionnel, hors des schémas établis. Propos recueillis par Pascal Mouneyres * David Dufresne documente les violences policières lors des manifestations des « gilets jaunes ». Mercredi 27 mars à 22.55 Documentaire Le Pigalle Une histoire populaire de Paris Lire page 21 En replay jusqu’au 25 mai TEMPS NOIR/PATRICE NORMAND
Trop « bot » pour être vrai Un robot conversationnel qui prendrait en charge nos décisions d’achat pour nous faire gagner du temps ? Héros virtuel d’un récit documentaire, Alfred Premium nous guide dans un futur proche où le e-commerce a simplifié nos vies. Pour le meilleur et pour le pire. Les « bots » – ou robots conversationnels – se multiplient de manière exponentielle, reléguant les téléphonistes au rang d’espèce en voie de disparition. Depuis l’apparition des premiers agents de conversation en 2016, plusieurs centaines de milliers d’entre eux ont été déployés sur diverses plates-formes. Prenant acte de ces profondes mutations dans la stratégie des marques pour entrer en contact avec leur clientèle, ARTE et l’Office national du film du Canada se sont emparés du sujet en créant Alfred Premium. Niché dans vos contacts sur Facebook Messenger, ce personnage virtuel se propose de gérer tous vos achats par le biais d’algorithmes… Une perspective inquiétante en guise de gimmick scénaristique malin pour amorcer une réflexion sur la place croissante de la vente en ligne dans notre quotidien. Car vingt-cinq ans après le tout premier clic marchand sur Net Market (un CD de Sting à 12,48 dollars !) , les mastodontes de l’e-commerce, d’Amazon à Cdiscount, ont envahi nos vies. LE BONJOUR D’ALFRED L’expérience d’une quinzaine de minutes se présente comme une discussion où Alfred teste d’abord vos connaissances sur le nombre de salariés d’Amazon ou d’applications téléchargées dans le monde (en chute libre depuis l’avènement des « bots » sur les messageries instantanées). Cet assistant virtuel pointe aussi l’influence des avis de TripAdvisor – parfois totalement fictifs – sur nos choix, et notre tendance à nous soumettre aux algorithmes pour assouvir le moindre de nos désirs. Mettant en lumière notre soif d’échanges et de consommation, Alfred Premium agit comme une preuve par l’absurde  : au fur et à mesure que le récit progresse, l’empathie pour le « bot » opère. Car se faire mener en bateau par Alfred devient jubilatoire, notamment quand il s’essaie à l’humour et réagit à nos réponses à l’aide de savoureux GIF animés illustrant son état d’esprit. Une manière ludique de s’interroger sur la façon dont la vente en ligne bouscule nos modes de vie. Nicolas Bole Sur une idée originale de Joël Ronez Création en collaboration avec Pierre Corbinais et Émilie F. Grenier (France/Canada, 2019, 15mn) - Coproduction  : ARTE France, ONF Alfred Premium Disponible sur Facebook Messengerm.me/alfredpremiumfrance et sur arte.tv/alfredpremium ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 MARS 2019 9



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