Arte Magazine n°2019-13 23 mar 2019
Arte Magazine n°2019-13 23 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-13 de 23 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : osée Joséphine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 MARS 2019 6 Foisonnant d’images d’archives inédites, le documentaire d’Ilana Navaro retrace le combat intime et politique de la première star noire. Précisions avec la réalisatrice. L’éveil d’une conscience Ilana Navaro Vous livrez un portrait méconnu de Joséphine Baker. Comment l’avez-vous abordée ? Ilana Navaro  : J’avais le sentiment que son image était largement réductrice. Je m’interrogeais sur ce qui se cachait derrière le souffle du scandale et les danses avec sa fameuse ceinture de bananes. Comment avait-elle vécu la façon dont les gens la percevaient ? Véritable phénomène de société, Joséphine Baker s’est imposée comme la première star noire. Je voulais montrer comment elle avait occupé cette place. Je suis partie des nombreux témoignages qu’elle a publiés sur sa vie, dès 1929. Mettre en avant son point de vue, celui d’une femme noire sur la société blanche des Années folles, permettait de renverser la perspective. La dramaturgie du documentaire est construite sur ce jeu de regards, le sien d’un côté, et ceux, fascinés, qui se posent sur elle. Après avoir fui l’Amérique ségrégationniste, elle est accueillie en 1925 dans une France coloniale qui la glorifie tout en l’assignant au rôle de la sauvage. Quelle conscience en avait-elle ? Son succès est lié à cette ambivalence et à sa capacité à choquer la vieille Europe, prête à toutes les excentricités pour oublier les horreurs de la Grande Guerre. En tant que femme noire venue d’ailleurs, elle était l’objet de tous les fantasmes, désirée et méprisée à la fois. Plus ou moins consciemment, Joséphine Baker a joué de cette imagerie raciste. Tour à tour icône moderne et sauvage domestiquée, posant en robe de couturier ou se promenant dans la rue avec un léopard, elle savait très bien comment faire parler d’elle. Avec son immense notoriété, elle a su s’emparer de son statut pour en faire une arme. Son éveil politique a pourtant été un long chemin... Je voulais raconter son émancipation progressive, le passage de son combat personnel pour être acceptée dans une société blanche à la défense d’une cause collective. Un processus qui a nécessité chez elle un temps long de maturation. Mais il faut se rappeler qu’à l’époque elle était la seule Noire à occuper cette place, avec le poids énorme que cela représentait. L’empire colonial était à son apogée, il y avait très peu de Noirs sur le territoire français et la conscience politique sur ces questions était encore embryonnaire. Joséphine Baker a dû se battre pour ellemême avant d’être en mesure de le faire pour les autres. Près de quarante ans après son départ des États-Unis, son discours à la marche des droits civiques en 1963 aux côtés de Martin Luther King, a été un aboutissement personnel. Enfin, sa lutte rejoignait celle de la communauté noire de son pays. Propos recueillis par Laetitia Moller Dimanche 24 mars à 17.35 Documentaire Joséphine Baker Première icône noire Lire page 14 En replay jusqu’au 30 mars ULLSTEIN BILD - GETTY IMAGE
PHILIPPE QUAISSE - PASCO AND CO En mettant en scène, dans une ville du nord de la France, les chassés-croisés de personnages en quête d’amour, Jean-Marc Brondolo signe un émouvant film choral avec la formidable Émilie Dequenne. Entretien. Le déclin des sentiments Qu’est-ce qui vous a donné envie d’interpréter le personnage de Marion ? Émilie Dequenne  : Le réalisateur Jean-Marc Brondolo et moi partageons le même agent. C’est lui qui m’a soumis le scénario d’Une vie après. J’ai tout de suite été séduite par l’universalité du propos, la délicatesse et la force avec laquelle il est abordé. Nous pouvons tous, à un moment donné, nous demander si nous sommes toujours amoureux de la personne qui partage notre vie. Si je ne suis pas encore quadragénaire, comme Marion, je suis mariée à un homme plus âgé que moi et je fréquente aussi des amis plus âgés. Je crois que je suis en mesure de comprendre ce questionnement  : est-ce que nos choix sont définitifs ? Avec quels impacts sur nous et nos proches ? Autant de questions soulevées par ce film. Comment définiriez-vous cette femme ? Parmi tous les personnages auxquels – et c’est aussi la force du film – chaque spectateur peut s’identifier, Marion me paraît la plus structurée, celle qui s’écoute le mieux, qui sait ce qui est le mieux pour elle. Elle assume ce qu’elle est, ce qu’elle veut et ne veut plus. Elle est dans une démarche plutôt constructive, même si l’histoire débute par une « destruction », celle de son couple. Elle est aussi capable de déclencher des prises de conscience chez autrui, comme chez Dominique, incarné par Frédéric Pierrot, qui comprend peu à peu que les sentiments qu’il porte à sa femme, interprétée par Marilyne Canto, se sont éteints. Vous sentez-vous proche d’elle ? Comme Marion, je suis très à l’écoute de ce que je veux et ne veux pas et je n’ai pas peur de faire des choix. Je pense que si je n’étais plus amoureuse de mon mari, je serais incapable de le lui cacher. Dans tous les cas, je ne supporte pas l’idée de me retrouver dans une situation que je subirais, qui me dépasserait et me rendrait malheureuse. Avez-vous récemment tourné dans d’autres films ? Je viens notamment de jouer dans le dernier long métrage de Laurent Heynemann, tourné à Arras, Je ne rêve que de vous, avec Elsa Zylberstein et Hippolyte Girardot. C’est un film magnifique sur la passion entre Jeanne Reichenbach et Léon Blum quand, pendant la dernière guerre mondiale, celui-ci était prisonnier politique. Propos recueillis par Laure Naimski Vendredi 29 mars à 20.55 Téléfilm Une vie après Lire page 24 En replay jusqu’au 2 mai 7ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 MARS 2019



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